Le projet agro-industriel BF El Djazair, implanté dans la wilaya de Timimoun, lancera en octobre prochain une nouvelle campagne de semis de blé. Cette annonce confirme l’entrée du projet dans sa deuxième campagne agricole et marque le début d’une nouvelle phase de son développement, qui progresse conformément au calendrier prévu. Elle a été faite par Bruno Santorelli, directeur général de BF El Djazair, dans une déclaration à l’agence Nova.
Cette campagne s’inscrit dans la montée en puissance progressive de l’exploitation. Selon Bruno Santorelli, la partie algérienne a déjà apporté sa contribution au capital, ainsi que les terrains et les ressources en eau nécessaires au projet. Il précise que les démarches administratives encore en cours relèvent du fonctionnement normal d’un investissement de cette envergure. Créée en 2024, la société BF El Djazair est détenue à 51 % par BF Spa et à 49 % par le FNI. Elle porte l’un des principaux investissements agricoles italiens en Algérie dans le cadre du Plan Mattei. D’une valeur de 420 millions d’euros, le projet s’étend sur 36 000 hectares à Timimoun, dont environ 24 000 sont destinés à la production agricole. Il prévoit la culture du blé dur, des pois chiches, des lentilles, des haricots secs et du maïs, ainsi que la réalisation d’infrastructures d’irrigation, de stockage et de transformation.
Dans cette zone saharienne, la gestion de l’eau constitue un enjeu majeur. BF El Djazair prévoit donc la réalisation de puits, de réseaux de distribution et de systèmes d’irrigation par pivot, associés à des technologies d’agriculture de précision et de cartographie numérique afin d’optimiser l’utilisation de l’eau. Pour protéger les cultures, le projet comprend également des brise-vent et des dispositifs de lutte contre l’érosion éolienne et l’ensablement. Le programme ne se limite pas à la production agricole.
Il intègre aussi des silos, des infrastructures logistiques et des unités de transformation, notamment pour la production de pâtes, afin de développer une chaîne intégrée et de créer davantage de valeur ajoutée localement. Sur le plan de l’emploi, les estimations font état de plus de 6 700 postes, dont plus de 1 560 emplois directs. Le projet devrait en outre générer des activités dans le transport, la maintenance, la logistique et les services techniques. L’ambition est ainsi de faire de la plateforme de Timimoun un véritable pôle agro-industriel régional, conformément à l’objectif de passer « d’un projet agricole à un projet régional », selon Bruno Santorelli.
Ce projet a d’ailleurs été cité en exemple lors du forum économique algéro-italien organisé lundi à Alger, qui a mis en avant les opportunités de coopération dans la mécanisation et la modernisation de l’agriculture algérienne. L’objectif est notamment d’améliorer les opérations de récolte, de réduire les pertes post-récolte et de développer l’agriculture de précision grâce aux drones, à la télédétection, à l’intelligence artificielle et aux systèmes d’irrigation économes en eau. Les responsables algériens ont souligné l’intérêt de renforcer les partenariats avec les entreprises italiennes spécialisées dans les machines et équipements agricoles.
L’Italie, de son côté, voit dans la transformation du secteur agricole algérien et dans l’extension des superficies cultivées dans le Sud un important potentiel de partenariat et de transfert de technologies.
Par Selma R.



