03/04/2026
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Innovation, entrepreneuriat et numérisation: L’université algérienne fait sa mue

L’université algérienne est engagée dans une transformation profonde qui en fait désormais un levier central de la diversification économique et de la souveraineté nationale. Innovation, entrepreneuriat et numérisation sont devenus les maîtres-mots d’une stratégie ambitieuse qui projette le pays vers l’“Algérie émergente” à l’horizon 2027.

Intervenant au « Forum El Oula » de la Chaîne I de la radio nationale, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a affirmé : «L’université n’est plus seulement un espace de transmission du savoir, elle devient une locomotive de la transformation économique et sociale », en présentant les grands axes de réforme.

Au cœur de cette mutation, le concept d’université de 4ᵉ génération se structure autour de l’intelligence artificielle, de l’industrie 4.0 et de l’université numérique et entrepreneuriale. Les résultats sont déjà tangibles : 480 spin-off, 1 400 start-up et 2 800 micro-entreprises ont vu le jour dans le sillage des initiatives universitaires, auxquels s’ajoutent 3 400 brevets d’invention déposés. L’ambition est de valoriser la recherche scientifique en la transformant en produits et services utiles à la société et à l’économie. Le ministre a rappelé l’objectif présidentiel de « porter à 20 000 le nombre de start-up d’ici 2029 », une cible qui mobilise l’ensemble des établissements.

Pour soutenir cette dynamique, 117 centres de développement entrepreneurial ont été ouverts dans les campus. Ils offrent encadrement et financements adaptés : entre 1 et 2 millions de dinars pour développer un prototype et jusqu’à 10 millions de dinars pour la création de micro-entreprises. «Chaque idée novatrice doit pouvoir trouver les moyens d’être concrétisée », a insisté M. Baddari. Ce dispositif s’appuie sur la collaboration entre banques, fonds dédiés aux start-up et agences nationales, créant ainsi un écosystème favorable à l’innovation.

La réforme passe également par l’adaptation des formations. L’objectif de former 50 000 ingénieurs en informatique entre 2022 et 2026 est en bonne voie, avec déjà plus de 7 000 étudiants inscrits en intelligence artificielle. Cette filière intègre de nouveaux modules liés à l’éthique, à la souveraineté numérique et à la cybersécurité. Parallèlement, 24 nouvelles filières en sciences humaines et sociales ont été introduites, un cursus de prévention et lutte contre la corruption a été ouvert à Alger 2 et Alger 3, et les grandes écoles de Sidi Abdellah proposent désormais des enseignements sur le nationalisme et l’histoire de l’Algérie. « Nous voulons former des compétences complètes, alliant expertise scientifique et responsabilité citoyenne », a souligné le ministre.

L’université ne se limite plus à former, elle innove. Parmi les réalisations phares figurent la première puce électronique 100 % algérienne, en phase de validation, et le premier prototype de voiture électrique, attendu en mars 2026. Ces avancées illustrent l’orientation de la recherche vers des domaines stratégiques tels que l’énergie, l’alimentation, la santé et les technologies de pointe. Cette montée en puissance est accompagnée d’un effort de recrutement : 4 112 nouveaux postes d’enseignants-chercheurs et de chercheurs hospitalo-universitaires seront ouverts en 2025, permettant d’atteindre le ratio d’un enseignant pour vingt étudiants. En parallèle, un concours prévu en octobre portera sur 5 900 postes de médecins résidents, contre 3 300 en 2022, soit une progression de 34 %.

La modernisation touche aussi les services universitaires. L’inscription et la gestion administrative sont désormais totalement dématérialisées, générant une économie de 17 millions de dinars en dix mois, réaffectée à l’amélioration de la restauration et au recrutement. Le prix du repas étudiant est ainsi passé de 160 à 600 dinars. De nouveaux outils viennent compléter cette digitalisation, à l’image de l’application “MyBus”, qui permet aux étudiants de suivre en temps réel leurs transports, ou encore la gestion sécurisée des résidences grâce à un identifiant unique pour chaque étudiant et chaque lit.

Enfin, le ministre a mis en avant le rôle stabilisateur et mobilisateur des organisations étudiantes, qualifiées de véritables partenaires dans la conduite des réformes. « Les résultats obtenus montrent que nous sommes sur la bonne voie. L’université algérienne est aujourd’hui en mesure de contribuer pleinement à la souveraineté nationale et au développement économique », a-il conclu.

Par Mourad A.

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