03/04/2026
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Innovation et transition énergétique : Sonatrach place le numérique au cœur de sa stratégie

Face aux mutations rapides que connaît l’industrie mondiale du gaz, les acteurs du secteur sont appelés à opérer un virage stratégique vers la numérisation et l’intelligence artificielle, désormais considérées comme des leviers incontournables de performance et de compétitivité. C’est le message central délivré lundi à Oran par le président de l’Association algérienne de l’industrie du gaz, Noureddine Daoudi, à l’ouverture du 8e symposium de l’organisation.

Dans une allocution prononcée en son nom par Ferhat Ounoughi, vice-président chargé du développement des affaires et du marketing au sein du groupe Sonatrach, M. Daoudi a insisté sur la nécessité pour les entreprises gazières d’intégrer les technologies de pointe afin de s’adapter à un environnement énergétique en constante évolution. Selon lui, la transformation digitale et l’intelligence artificielle ne sont plus de simples options, mais des impératifs pour améliorer la productivité, optimiser la gestion des infrastructures et renforcer la durabilité des systèmes énergétiques.

Noureddine Daoudi, qui occupe également le poste de P-DG du groupe Sonatrach, a souligné que ces outils technologiques permettent notamment d’optimiser les processus industriels, de mieux anticiper les défaillances techniques et de rationaliser les coûts d’exploitation. Ils contribuent également à améliorer la sécurité des installations et à réduire l’empreinte environnementale du secteur, dans un contexte marqué par une exigence croissante de transition énergétique.

Au-delà de ces aspects technologiques, Noureddine Daoudi a rappelé le rôle stratégique du gaz naturel dans l’équilibre des marchés énergétiques mondiaux. Malgré l’essor des énergies renouvelables, cette ressource continue de s’imposer comme un pilier essentiel, en raison de sa flexibilité et de son impact environnemental relativement modéré comparé aux autres combustibles fossiles. Le gaz naturel apparaît ainsi comme une solution intermédiaire permettant d’assurer la stabilité des systèmes énergétiques tout en accompagnant la montée en puissance des énergies propres.

Dans cette perspective, Sonatrach entend consolider sa position sur la scène énergétique internationale. Le groupe poursuit ses efforts pour accroître ses capacités de production, moderniser ses infrastructures et diversifier ses partenariats. L’objectif est double : garantir la sécurité des approvisionnements, notamment vers les marchés européens, et répondre aux nouvelles exigences en matière de durabilité et de compétitivité.

Le président de l’Association algérienne de l’industrie du gaz a également mis en lumière les défis liés à la transition énergétique, désormais au cœur des politiques internationales. La décarbonation du secteur gazier s’impose comme un enjeu majeur, impliquant des investissements importants dans les technologies de capture du carbone, l’amélioration de l’efficacité énergétique et la réduction des émissions de méthane.

Dans ce contexte, l’hydrogène, en particulier celui à faible teneur en carbone, se profile comme une alternative prometteuse. Selon M. Daoudi, cette ressource représente l’un des piliers du futur système énergétique mondial. Elle ouvre la voie à de nouvelles opportunités d’investissement et de coopération internationale, tout en permettant aux pays producteurs de gaz de valoriser leurs ressources et de développer de nouvelles chaînes de valeur.

L’Algérie, forte de ses importantes réserves gazières et de son expertise dans le domaine, pourrait ainsi jouer un rôle clé dans le développement de l’hydrogène, notamment en direction des marchés européens en quête de solutions énergétiques propres et durables. Le pays dispose d’atouts significatifs pour se positionner sur ce segment émergent, à condition d’accompagner cette dynamique par des investissements adaptés et une stratégie claire.

Par ailleurs, le responsable a insisté sur l’importance du capital humain dans la réussite de cette transformation. L’innovation technologique ne peut porter ses fruits sans des compétences qualifiées capables de s’approprier ces outils et de les adapter aux spécificités du secteur. Il a ainsi plaidé pour un renforcement des programmes de formation et de développement des compétences, afin de préparer les nouvelles générations aux métiers de l’énergie de demain.

La conférence d’Oran constitue, à cet égard, une plateforme d’échanges et de réflexion sur les enjeux actuels et futurs de l’industrie gazière. Pendant deux jours, experts, décideurs et industriels débattent des défis liés à l’innovation, à la transition énergétique et à l’intégration des nouvelles technologies dans les processus de production et de gestion. L’événement rassemble, rappelle-t-on, plus de 700 participants, parmi lesquels des représentants d’organisations internationales, d’entreprises énergétiques, ainsi que des spécialistes du gaz et de l’hydrogène.

Par Réda Hadi

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