La santé, l’intelligence artificielle (IA), l’énergie, l’eau, l’agriculture, les mines et l’écosystème des start-ups constituent les sept domaines prioritaires retenus par le Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger. L’objectif est de mobiliser les compétences scientifiques algériennes, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger, autour de projets concrets qui répondent aux besoins nationaux et contribuent à la transformation de l’économie.
Intervenant sur les ondes de la « Chaîne III » de la radio nationale, le professeur Ilyas Zerhouni, coordinateur du Haut Conseil, a expliqué que cette démarche repose sur deux volets principaux : la mise en réseau de la communauté scientifique algérienne établie à l’étranger avec les chercheurs locaux, et l’élaboration d’un programme d’action ciblant des secteurs stratégiques. Des sous-commissions ont ainsi été constituées pour travailler sur les sept domaines identifiés. La feuille de route du Conseil s’articule autour de quatre phases : comprendre la situation nationale, maîtriser les outils nécessaires à la résolution des problèmes, rattraper les retards par rapport aux standards internationaux et, enfin, développer des innovations adaptées aux spécificités algériennes. « Nous devons d’abord comprendre où nous sommes, maîtriser les outils, rattraper les retards éventuels, puis dépasser en innovant à partir de nos propres ressources humaines et physiques », a-t-il dit.
Dans cette démarche, l’intelligence artificielle occupe une place importante, compte tenu de son potentiel de transformation dans plusieurs secteurs, notamment la santé. Le coordinateur insiste toutefois sur la nécessité de dépasser les effets de mode et de privilégier une appropriation réelle de ces technologies, en fonction des besoins du terrain. Il s’agit de développer des solutions utiles plutôt que de se limiter à la consommation de technologies conçues ailleurs. La recherche constitue, quant à elle, un chantier transversal. Les premiers échanges avec les acteurs du terrain ont notamment fait ressortir les difficultés liées aux procédures bureaucratiques, en particulier pour l’approvisionnement des laboratoires en réactifs et en petits équipements. Une meilleure organisation de la chaîne de gestion de la recherche apparaît donc nécessaire pour permettre aux chercheurs de consacrer davantage de temps à leurs travaux.
Le professeur Zerhouni a également mis en avant le potentiel du système universitaire national, qui compte 57 universités, des instituts de recherche et près de 1,7 million d’étudiants. Pour lui, la valorisation de ce capital humain représente un levier essentiel pour accompagner l’évolution du modèle économique vers une production davantage fondée sur le savoir, l’innovation et l’entrepreneuriat. « Nous avons un potentiel humain considérable. Le véritable enjeu est de créer les conditions permettant à nos jeunes chercheurs d’être aussi compétitifs en Algérie qu’ils peuvent l’être à l’étranger », a-t-il souligné.
Dans ce sens, la mobilisation de la diaspora scientifique et l’amélioration des conditions de travail des chercheurs locaux figurent parmi les leviers retenus pour retenir les compétences et favoriser les échanges scientifiques. Le Conseil, qui fonctionne selon une organisation collégiale et multidisciplinaire, mise sur une approche souple, grâce à la participation bénévole de compétences nationales hautement qualifiées. À moyen et long terme, cette dynamique vise aussi à renforcer le rayonnement international des universités algériennes. L’ambition affichée est de faire accéder au moins un établissement universitaire national au classement des cent meilleures universités mondiales, en s’appuyant sur l’excellence académique, la recherche et l’innovation.
Par S. R.



