L’Algérie augmente sa production de pétrole: Plus d’un million de barils/jour dès septembre
L’Algérie franchira de nouveau le seuil symbolique du million de barils de pétrole par jour à compter de septembre 2026. Cette évolution fait suite à la décision des sept pays de l’OPEP+ engagés dans les réductions volontaires de production d’augmenter progressivement leur offre, tout en maintenant une stratégie prudente visant à préserver l’équilibre du marché mondial.
En effet, lors d’une réunion ministérielle, tenue par visioconférence, avec la participation du ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, les pays de l’OPEP+ ont décidé d’une nouvelle hausse de leur production globale de l’ordre de 188 000 barils de pétrole par jour (b/j) à compter du mois de septembre prochain. Selon un communiqué du ministère des Hydrocarbures, le quota de l’Algérie augmentera ainsi de 6 000 barils par jour pour le même mois, pour le porter à 1,007 million de barils par jour.
Ce franchissement du seuil du million de barils par jour revêt une forte portée symbolique. Il traduit le retour progressif du pays à un niveau de production supérieur après plusieurs années marquées par les ajustements décidés dans le cadre de l’alliance OPEP+, tout en illustrant le respect constant de ses engagements internationaux. Cette évolution témoigne également de la capacité de Sonatrach à maintenir son potentiel de production tout en s’adaptant aux quotas fixés par l’alliance.
Des retombées positives pour les recettes d’exportation
Sur le plan économique, cette hausse, bien que modérée en volume, devrait contribuer à renforcer les recettes d’exportation du pays, à condition que les prix internationaux du pétrole demeurent à des niveaux favorables. En effet, cette hausse constitue un signal positif pour les recettes d’exportation du pays et le budget de l’État, dans un contexte où les hydrocarbures demeurent le principal moteur des revenus extérieurs de l’Algérie. Toute augmentation de la production autorisée par l’OPEP+ permet donc d’améliorer les volumes exportables et d’accroître les revenus de Sonatrach. Avec un prix moyen du Sahara Blend de 82,34 dollars durant le premier trimestre 2026, les recettes de l’Algérie vont donc se renforcer davantage, contrairement à l’année précédente, où les prix du pétrole avaient chuté à 65 à 70 dollars le baril.
En clair, cette décision ouvre la voie à une légère progression des volumes exportés tout en consolidant le rôle de l’Algérie au sein de l’alliance OPEP+. Elle confirme également la volonté des pays producteurs de privilégier une gestion concertée de l’offre afin de préserver des conditions favorables au financement de leurs économies et de leurs investissements dans le secteur énergétique.
Une hausse mesurée de la production
Le ministère des Hydrocarbures a précisé dans son communiqué que l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Kazakhstan, le Koweït, l’Algérie et le Sultanat d’Oman ont estimé que les fondamentaux du marché autorisent une augmentation graduelle de l’offre, tout en conservant la flexibilité nécessaire pour ajuster rapidement leur stratégie en fonction de l’évolution de la demande mondiale, des niveaux de stocks et de la conjoncture géopolitique. Les sept pays ont également rappelé que ces augmentations restent conditionnées à la stabilité du marché et pourront être suspendues ou inversées si les circonstances l’exigent, tout en précisant que cette décision s’inscrit dans la poursuite de la levée progressive des réductions volontaires mises en œuvre depuis avril 2023.
Toutefois, les observateurs soulignent que la stratégie de l’OPEP+ privilégie davantage la stabilité des cours que la recherche d’une hausse rapide des volumes. L’objectif demeure de préserver un équilibre entre l’offre et la demande afin d’éviter une pression baissière sur les prix, susceptible d’annuler les gains liés à l’augmentation de la production.
Les principaux bénéficiaires du nouvel ajustement sont l’Arabie saoudite et la Russie, qui augmenteront chacune leur production de 62 000 barils par jour. Elles sont suivies par l’Irak (+26 000 barils), le Koweït (+16 000), le Kazakhstan (+10 000), l’Algérie (+6 000) et Oman (+5 000). Les ministres ont insisté sur le fait que cette augmentation s’inscrit dans un calendrier maîtrisé de réintroduction des volumes retirés du marché depuis 2023. Ils ont également souligné que cette démarche permettra d’accélérer la compensation des éventuels dépassements de production enregistrés par certains pays depuis janvier 2024.
Parallèlement, les sept pays ont réaffirmé leur attachement à la Déclaration de coopération et leur volonté de poursuivre une coordination étroite afin de garantir la stabilité du marché pétrolier mondial. Dans la continuité de cette réunion, Mohamed Arkab a pris part aux travaux de la 67ᵉ réunion du Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC), chargé de contrôler le respect des engagements des pays signataires. Le Comité a examiné le niveau de conformité des pays aux réductions volontaires pour les mois de mai et juin 2026. Les membres du JMMC ont salué les efforts consentis pour assurer un haut niveau de discipline collective, rappelant que le respect des quotas demeure la pierre angulaire de la stratégie de l’OPEP+. Ils ont également réaffirmé que la coopération entre les pays producteurs reste indispensable face aux incertitudes qui continuent de peser sur l’économie mondiale et sur l’évolution de la demande énergétique.
Par Zahir R.
