L’Algérie détient plus de 200 millions de tonnes de réserves de charbon : Un potentiel immense encore inexploité !
Dans un contexte mondial marqué par l’accélération de la transition énergétique, la place du charbon dans le mix énergétique suscite de plus en plus d’interrogations. En Algérie, cette ressource fossile, pourtant présente dans le sous-sol national, demeure en retrait, coincée entre un potentiel géologique encore largement inexploité et des orientations stratégiques résolument tournées vers des sources d’énergie plus propres.

Les réserves de charbon en Algérie, estimées à environ 65 millions de tonnes en 2016, font l’objet de réévaluations majeures. Des données plus récentes, relayées par la plateforme spécialisée « Attaqa.net », font état d’un potentiel nettement supérieur atteignant 245,82 millions de tonnes à l’horizon 2023. Cet écart significatif met en lumière l’insuffisance des campagnes d’exploration récentes et souligne la nécessité d’une meilleure connaissance géologique du sous-sol national. Ces ressources sont principalement concentrées dans le sud-ouest du pays, notamment dans les bassins de Béchar et de la Saoura. Des sites comme Kenadsa, Mazarf et Abadla abritent des gisements significatifs, dont une grande partie reste encore à l’état de réserves dormantes. À elle seule, cette région recèlerait plus de 200 millions de tonnes de charbon non exploité, confirmant l’existence d’un potentiel réel, mais peu valorisé.
Malgré cette disponibilité, le charbon ne joue qu’un rôle marginal dans le mix énergétique national. L’Algérie n’a jamais développé de filière industrielle structurée autour de cette ressource, privilégiant historiquement l’exploitation de ses abondantes réserves en gaz naturel et en pétrole. Ces dernières, plus compétitives et mieux intégrées aux infrastructures existantes, constituent le socle de la production électrique et des exportations énergétiques du pays. Cette marginalisation du charbon s’explique également par des considérations économiques et environnementales. Sur le plan financier, le coût d’exploitation et de valorisation du charbon reste relativement élevé comparé aux hydrocarbures, réduisant son attractivité. Sur le plan écologique, la pression internationale pour la réduction des émissions de carbone renforce la nécessité de limiter le recours aux énergies les plus polluantes.
Dans ce contexte, les quelques initiatives observées dans le domaine charbonnier restent limitées. Des projets pilotes, notamment en partenariat avec des acteurs étrangers, ont permis de tester une production locale à petite échelle, destinée essentiellement à des usages industriels spécifiques. Toutefois, ces expériences n’ont pas débouché sur une véritable structuration du secteur. L’orientation stratégique de l’Algérie semble ainsi clairement définie : consolider son rôle de fournisseur de gaz naturel, tout en accélérant le développement des énergies renouvelables, en particulier solaire. Dans cette configuration, le charbon apparaît davantage comme une ressource d’appoint, voire de réserve stratégique, que comme un pilier du mix énergétique futur.
Entre abondance géologique et contraintes environnementales, le charbon en Algérie incarne ainsi un paradoxe. S’il témoigne d’un potentiel encore sous-exploité, il s’inscrit néanmoins en décalage avec les nouvelles priorités énergétiques, où durabilité, compétitivité et réduction de l’empreinte carbone s’imposent désormais comme des impératifs incontournables.
Par S. R.
