18/05/2026
ACTUALITENATIONAL

L’Algérie futur hub pharmaceutique africain

La Conférence ministérielle africaine sur la production locale de médicaments, organisée à Alger du 27 au 29 novembre, s’est achevée samedi sur une avancée majeure pour l’intégration sanitaire du continent. La rencontre, qui a réuni ministres, experts et industriels issus de plusieurs pays africains, a donné lieu à la signature d’accords d’exportation de médicaments et de dispositifs médicaux algériens vers plusieurs pays africains, pour une valeur globale de 10 millions de dollars. Une étape qui confirme l’ambition de l’Algérie de devenir un acteur pharmaceutique incontournable en Afrique.

Lors de la cérémonie de clôture, organisée en marge du salon Clinvest Expo au Palais des Expositions, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a salué l’adoption de la “Déclaration d’Alger”, véritable feuille de route pour la production locale de médicaments à l’échelle du continent sur la période 2025-2035.

Ce document, approuvé par l’ensemble des délégations participantes, fixe les bases d’une stratégie concertée visant à réduire la dépendance de l’Afrique aux importations pharmaceutiques, encore estimée à près de 80 %. L’Union africaine recommande aux pays du continent de produire au moins 55 % de leurs besoins pharmaceutiques à l’horizon 2035, un objectif ambitieux qui nécessite, selon M. Kouidri, de « renforcer l’industrie, intensifier la formation et multiplier les échanges d’expertise dans le cadre de la coopération Sud-Sud ».

Si l’objectif peut paraître lointain pour certains pays, l’Algérie se présente, elle, comme un modèle de réussite et un moteur potentiel de la transition pharmaceutique africaine. Grâce à une politique volontariste lancée depuis plusieurs années, le pays a atteint un taux d’autosuffisance de plus de 80 % en médicaments, couvrant la quasi-totalité des besoins en génériques et une part croissante des traitements spécialisés.

Les réformes engagées depuis 2020 — encadrement du marché, soutien aux investissements, développement des biotechnologies, encouragement des partenariats industriels — ont permis l’émergence d’un tissu pharmaceutique national dynamique, structuré autour de dizaines d’unités de production modernes.

Dans le secteur des dispositifs médicaux, l’Algérie vise désormais une production locale de 50 % dans les prochaines années. Selon le ministre, cette montée en puissance doit permettre au pays de jouer pleinement son rôle de « locomotive pour impulser la transition pharmaceutique africaine »

Le niveau Maturité 3 de l’OMS attendu en 2026

Autre atout stratégique : l’Algérie s’apprête à obtenir, dès le premier trimestre 2026, le niveau de Maturité 3 (ML3) délivré par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce label, attribué aux agences nationales du médicament répondant aux standards internationaux de régulation et de contrôle, ouvrira à l’Algérie la possibilité d’exporter des médicaments dans toute l’Afrique, mais aussi vers plusieurs marchés extérieurs.

Lors des rencontres bilatérales organisées en marge de la conférence, les délégations africaines ont exprimé leurs besoins prioritaires en médicaments essentiels, produits biologiques, vaccins et dispositifs médicaux. Une opportunité que l’Algérie compte saisir pleinement, conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a appelé à « accompagner les pays africains dans le renforcement de leurs capacités de production ».

Le chef de l’État a également réaffirmé « l’attachement constant de l’Algérie aux principes de solidarité africaine et d’intégration régionale », soulignant que la souveraineté sanitaire est désormais un impératif stratégique pour le continent.

Des accords concrets avec la Mauritanie, le Mali et le Sénégal

La conférence s’est conclue par la signature de cinq contrats d’exportation portant sur des produits pharmaceutiques algériens destinés à la Mauritanie, au Mali et au Sénégal, ainsi que par la conclusion de plusieurs partenariats industriels. Pour le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, ces accords représentent « une étape essentielle pour réduire la dépendance africaine aux importations et renforcer l’autonomie sanitaire du continent».

Le ministre a également salué l’organisation du salon Clinvest Expo, qui a permis de mettre en lumière les innovations de l’industrie pharmaceutique algérienne et les opportunités de coopération avec les pays voisins. Présent lors des travaux, le représentant de l’OMS en Algérie, Phanuel Habimana, a souligné « le rôle important de l’Algérie comme leader africain dans le développement de l’industrie pharmaceutique », notamment grâce à ses avancées dans la recherche, la digitalisation et la régulation du secteur. Selon lui, la “Déclaration d’Alger” restera « un tournant historique pour la production locale de médicaments en Afrique ».

Par Réda Hadi

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