28/05/2024
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L’Algérie futur pourvoyeur de terres rares

L’Algérie pourrait être un important pourvoyeur de terres et métaux rares au monde en quête de réserves stratégiques. Et c’est particulièrement l’Europe. Or, le président Abdelmadjid Tebboune a fait du développement des projets miniers une priorité. Des minerais classiques aux terres rares, l’Algérie entend s’appuyer sur ses partenaires historiques, mais aussi s’ouvrir aux opérateurs occidentaux. Les dernières découvertes ont prouvé que l’Algérie détiendrait 20% des réserves mondiales connues.

Aussi, le ministère de l’Energie et des Mines a annoncé, jeudi dans un communiqué, que les résultats de l’exploration préliminaire du minerai de lithium dans les wilayas de Tamanrasset et In Guezzam étaient positifs, outre la disponibilité d’indices sur la présence de nombreuses ressources minérales et terres rares (telles que le wolfram, le tungstène, le nobélium, le tantale et autres).

Et, c’est sans doute pourquoi, le président de la république a donné au gouvernement le mardi 7 juillet 2020, le feu vert pour entamer l’exploitation à grande échelle de produits miniers dont le pays regorge. Il s’agit, on l’a compris de la mine de fer à ciel ouvert de Gara Djebilet (Tindouf), du méga gisement de zinc d’Amizour (Bejaia) et des « terres rares » disséminées à travers tout le territoire national.

Selon le communiqué du Ministère, les opérations d’exploration avaient été menées par des experts miniers affiliés au groupe chinois « Ganfeng Lithium Group », ainsi que des cadres du ministère, du groupe industriel minier « SONAREM », de l’Agence nationale des activités minières (ANAM), de l’Office national de recherche géologique et minière (ORGM), et de l’Agence du service géologique de l’Algérie (ASGA).

Les opérations d’exploration préliminaire ont été évoquées lors d’une réunion présidée, jeudi, par le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, au siège du ministère, consacrée aux résultats importants de la recherche et de l’exploration du lithium dans les wilayas de Tamanrasset et d’In Guezzam, ainsi qu’à l’identification des principaux sites et indices de présence du lithium et d’autres ressources minérales rares, en s’appuyant sur les études et les relevés géologiques de la région, a ajouté la même source.

Contrairement à ce qui se dit, les terres rares ne sont pas si rares. En réalité, il est possible de les retrouver dans de nombreux environnements avec des concentrations supérieures à celles de nombreux métaux usuels tels que le zinc, l’étain ou même l’or. Cependant, les terres rares ne forment que très rarement des gisements économiquement rentables et restent à l’état de traces la plupart du temps. Ajouté à cela, le raffinage des terres rares (extraction et séparation) a longtemps été un véritable défi technique, vu qu’il s’agit d’un groupe d’éléments aux propriétés assez proches.

Et c’est ce défi que l’Algérie entend relever, en devenant un pourvoyeur important de ces minéraux, car selon des sources proches de ce dossier, les données actuelles donnent par exemple des réserves en étain et wolfram de 8,20 Mt correspondant à plusieurs gisements et à une vingtaine de gîtes (gisements moyens).

Ces réserves jamais démenties font de l’Algérie un pays qui pèsera très lourd, non seulement, sur le plan économique, mais aussi et surtout, sur le plan géostratégique, tant ces métaux rares sont indispensables à l’industrie des équipements de pointe qui, comme on le sait, connaît un essor prodigieux dans les pays les plus puissants de la planète. La présence à une aussi grande échelle de terres rares, serait en effet de nature à faire de l’Algérie, un richissime détenteur de ces métaux précieux indispensables à la fabrication de technologies ultra modernes, que très peu de pays possèdent.

Reste que des experts, expliquent le retard à promouvoir l’extraction et le raffinage des terres rares par l’importance du coût des investissements et par l’absence de savoir-faire qui contraindra l’Algérie à extraire et valoriser ces métaux en partenariat avec des entreprises étrangères qui maîtrisent le mieux les technologies de l’extraction et du raffinage des «terres rares».

Aussi, l’industrie des terres rares doit se déployer avec beaucoup de précautions car les risques de pollutions irréversibles sont réels, sans doute même, plus importants que ceux qui résultent de l’extraction d’hydrocarbures de schistes.

Et c’est pour cela que l’Algérie s’est alliée avec le groupe chinois « Ganfeng Lithium » qui est leader dans l’exploitation, la production, et la transformation du lithium et des métaux, ainsi que dans la fabrication et le recyclage de batteries en Chine et dans le monde.

Par Réda Hadi

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