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L’inauguration, jeudi à Tissemsilt, d’une unité spécialisée dans la production de composants et accessoires plastiques pour automobiles marque le lancement d’une dynamique destinée à réduire le recours aux importations et à renforcer l’intégration nationale. Avec une capacité destinée à couvrir les besoins de 150 000 à 200 000 véhicules par an, l’usine entend ainsi porter progressivement son taux d’intégration de 40 % à 70 %, voire plus.

Située dans la zone industrielle de Sidi Mansour, dans la commune de Khemisti, l’unité « General Plastic Injection », qui relève du groupe public Algeria Chemical Specialities (ACS Holding), est appelée à jouer un rôle central dans l’approvisionnement des programmes de fabrication et de montage automobile. Dotée de 14 machines, elle peut ainsi fabriquer quelque 12 500 types et références de pièces plastiques, de différentes dimensions.

Selon les données présentées lors de l’inauguration, l’unité doit produire jusqu’à 251 000 pièces par an, destinées à équiper près de 200 000 véhicules. Le taux d’intégration nationale est quant à lui estimé à 40 % dans une première phase, avec un objectif de 70 % à terme, cette montée en puissance devant permettre d’élargir progressivement la part des composants fabriqués en Algérie dans les véhicules produits localement.

Le gouvernement entend faire de cette unité un maillon concret des chaînes d’approvisionnement de l’industrie automobile. Le Premier ministre Sifi Ghrieb a ainsi annoncé que le 31 décembre 2026 constituera le dernier délai pour l’importation des pièces plastiques entrant dans la fabrication et le montage des véhicules, lorsqu’elles peuvent être produites localement. « Tous les opérateurs agréés en Algérie dans la fabrication et le montage automobile seront, à compter de la fin de l’année, tenus de s’appuyer sur la production de l’usine de Tissemsilt pour les pièces plastiques pouvant être fabriquées localement », a-t-il déclaré, précisant que cette orientation sera encadrée par « un cahier des charges clair ».

Cette mesure donne ainsi une nouvelle dimension à la sous-traitance : il ne s’agit plus seulement d’accroître les capacités de production, mais bien de créer un débouché industriel garanti pour les fournisseurs locaux et d’intégrer davantage les entreprises algériennes dans les chaînes de production automobile. Sifi Ghrieb a d’ailleurs insisté sur la nécessité d’atteindre un « taux d’intégration effectif », l’enjeu étant selon lui de construire une industrie mécanique à forte valeur ajoutée, plutôt que de s’en tenir à une simple activité d’assemblage.

Le potentiel commercial de l’unité commence par ailleurs à se matérialiser. Le PDG d’ACS Holding, Samir Yahiaoui, a ainsi indiqué que des accords avaient été signés avec dix constructeurs automobiles opérant en Algérie, l’usine visant un chiffre d’affaires initial de 7 milliards de dinars, soit environ 52 millions de dollars, selon ses déclarations à « Asharq Business News ». « Nous avons signé des accords avec 10 constructeurs automobiles », a-t-il précisé, ajoutant que l’usine est en mesure de répondre aux besoins de 150 000 à 200 000 véhicules par an.

Cette première base contractuelle constitue un élément important pour assurer un plan de charge à l’unité et favoriser la structuration d’un réseau de sous-traitants autour de l’industrie automobile. L’objectif affiché ne se limite toutefois pas au seul secteur automobile, puisque l’usine dispose d’une large gamme de production pouvant intéresser plusieurs filières industrielles, notamment l’électroménager, les câbles, les réfrigérateurs, les climatiseurs, les équipements médicaux, l’emballage et les articles ménagers. Le Premier ministre a d’ailleurs appelé les industriels de l’électroménager et de l’électronique à intégrer davantage les composants produits par cette unité dans leurs chaînes de fabrication.

La mise en service de General Plastic Injection s’inscrit dans une stratégie plus large visant à constituer un tissu industriel intégré. Pour Sifi Ghrieb, l’entrée en activité de cette unité doit contribuer à « élargir le réseau des équipementiers locaux », à augmenter les capacités de production et à renforcer l’intégration des entreprises nationales dans les chaînes d’approvisionnement.

Cette approche place ainsi la sous-traitance au cœur de la construction de l’industrie automobile, la production locale de pièces plastiques pouvant servir de point d’appui à l’émergence d’autres activités spécialisées, notamment dans les moules, l’outillage et la logistique industrielle. Le gouvernement prévoit par ailleurs de nouveaux investissements afin de compléter la chaîne d’intégration des matériaux plastiques et d’élargir la gamme de composants fabriqués localement. Avec 300 emplois directs et 500 emplois indirects annoncés, l’unité de Tissemsilt devrait ainsi favoriser l’émergence de nouvelles PME spécialisées et renforcer les activités de transport, de logistique et de transformation du plastique dans la région.

Par Selma R.

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