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Après la validation, en juin dernier à Alger, du rapport final de l’étude de faisabilité actualisée du projet du Gazoduc Trans-Saharien (TSGP) et le lancement des travaux de terrain côté algérien, le Niger mobilisera dès octobre prochain ses équipes pour finaliser le tracé, procéder au bornage topographique et engager les démarches réglementaires. Cette nouvelle phase doit contribuer à faire progresser la préparation de cette infrastructure, que Niamey présente également comme un vecteur de développement énergétique et industriel le long de son tracé.

Le calendrier du Gazoduc Trans-Saharien commence ainsi à se préciser. Dans un entretien accordé à AL24 News, le ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tini, a indiqué que les équipes de son département seront mobilisées dès le début du mois d’octobre pour poursuivre les opérations liées au tracé du gazoduc. « Cette phase portera notamment sur la finalisation du tracé, le bornage topographique et l’obtention des autorisations réglementaires nécessaires. Cette nouvelle étape intervient après la validation, le 3 juin 2026 à Alger, du rapport final de l’étude de faisabilité actualisée du TSGP. Dès le 4 juin, les travaux de terrain ont d’ailleurs été lancés côté algérien à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar », a-t-il expliqué.

La mobilisation prochaine des équipes nigériennes doit permettre de poursuivre ces opérations sur le territoire du Niger et de faire avancer la préparation de l’infrastructure. Pour le ministre, le projet ne se limite toutefois pas à sa fonction de transport du gaz. « Notre vision du TSGP est plus large que celle d’un simple projet d’acheminement de gaz », a-t-il déclaré. Le ministre défend en effet une approche dans laquelle les ressources énergétiques doivent d’abord contribuer à la création de valeur au niveau national. Le développement du TSGP doit, dans cette perspective, accompagner l’industrialisation du Niger et favoriser l’émergence de nouvelles activités économiques autour de son tracé. « Le gazoduc ne doit pas être considéré comme un simple « tuyau » destiné à transporter du gaz vers l’Algérie et, à terme, vers la Méditerranée et l’Europe. Il doit plutôt devenir un véritable vecteur de développement le long de son tracé au Niger », a-t-il insisté.

Cette approche doit notamment permettre de valoriser le gaz dans l’économie nigérienne. Hamadou Tini met ainsi en avant plusieurs usages potentiels, parmi lesquels la production d’électricité, l’alimentation énergétique des industries locales, le développement de l’agriculture et la production d’engrais. Cette vision rejoint l’évolution que Niamey souhaite donner à son partenariat énergétique avec Alger. « Il ne s’agit plus simplement d’extraire les matières premières », résume en substance le ministre, l’objectif étant désormais de développer un écosystème intégré reposant sur la transformation locale, le transfert de savoir-faire et le renforcement des compétences nigériennes.

Le partenariat entre l’Algérie et le Niger couvre ainsi plusieurs segments de la chaîne des hydrocarbures, avec un accent mis sur la transformation locale, le renforcement des capacités et le développement des compétences. Il s’appuie notamment sur les forages de Kafra, dont les ressources potentielles sont estimées à 2,5 milliards de barils, l’exploration de Bilma, l’appui technique à la raffinerie de Zinder prévu en 2027 et l’accompagnement dans la commercialisation des flux d’Agadem. L’objectif affiché est de favoriser une plus grande valorisation locale des ressources, notamment dans des activités telles que la production de bitume ou la pétrochimie. Cette coopération repose également sur le transfert de technologie et la formation. Selon Hamadou Tini, les projets menés avec Sonatrach doivent comporter un volet consacré au renforcement des compétences nigériennes, notamment par des stages dans les installations algériennes et la constitution d’équipes mixtes sur le terrain. L’ambition est de permettre aux ingénieurs et techniciens nigériens d’acquérir progressivement les compétences nécessaires à la conduite de l’industrie pétrolière nationale.

Par S. R.

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