21/04/2024
AFRIQUE

L’année 2023 en Tunisie s’annonce mitigée

Dans un document publié récemment, l’intermédiaire en Bourse «Tunisie Valeurs» dresse le bilan de la conjoncture économique internationale et nationale, effectue une rétrospective boursière de 2022, annonce les perspectives pour 2023 et présente un portefeuille type de «Tunisie Valeurs».

«Tunisie Valeurs » vient de publier une nouvelle note de recherche, à travers laquelle l’intermédiaire en Bourse scrute les opportunités d’investissement et expose son portefeuille type pour 2023. Le document comprend un zoom sur 14 titres sélectionnés par les analystes de «Tunisie Valeurs ».

Dans un premier volet, le document dresse le bilan de la conjoncture économique internationale et nationale.  En effet, l’année dernière, la reprise mondiale a été modeste avec 3,4%, contre une accélération de 6,1% en 2021. La croissance a été freinée, d’une part, par la résurgence de la pandémie Covid-19 en Chine et, d’autre part, par les efforts mondiaux pour contrer l’inflation provoquée par la guerre entre la Russie et l’Ukraine et matérialisée par la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie. Selon le FMI, la croissance mondiale devrait ralentir davantage en 2023 pour s’établir à 2,9% en 2023, avant de remonter à 3,1% en 2024. La croissance de 2023 serait de 0,2 point de pourcentage, de plus que ce qui a été anticipé dans l’édition d’octobre 2022.  Cette croissance restera inférieure à la moyenne historique (2000–2019) de 3,8%.

Des crises multiples

L’inflation mondiale devrait décliner de 8,8% en 2022 à 6,6% en 2023 et à 4,3% en 2024, mais continuera à dépasser les niveaux enregistrés avant la pandémie (2017–2019) d’environ 3,5%. Ces prévisions sont fondées sur plusieurs hypothèses, à savoir sur une révision à la baisse, depuis octobre dernier, des prix des produits de base combustibles et hors combustibles, ainsi qu’une réévaluation à la hausse des taux d’intérêt.

En 2023, les prix du pétrole devraient chuter d’environ 16%, tandis que les prix des produits de base hors combustibles devraient baisser en moyenne de 6,3%. Les hypothèses concernant les taux d’intérêt mondiaux sont revues à la hausse, compte tenu du durcissement effectif et annoncé des politiques monétaires des principales banques centrales depuis octobre 2022. Le rapport fait ressortir que la croissance dans les pays émergents et les pays en développement d’Asie devrait s’accélérer pour atteindre 5,3% et 5,2% en 2023 et 2024, respectivement, après un fléchissement plus marqué que prévu à 4,3 % en 2022, imputable à la situation économique de la Chine. Pour la première fois en plus de 40 ans, le taux de croissance de la Chine a été inférieur à la moyenne mondiale.

Tout comme pour l’économie mondiale, l’économie tunisienne devrait continuer à pâtir des conséquences de la guerre russo-ukrainienne. Ainsi, la croissance perdra en vitesse (une croissance du PIB de 1,6% en 2023 contre 2,4% en 2022), l’inflation sera galopante, les déficits jumeaux seront toujours dans une situation préoccupante et l’endettement public sera de plus en plus insoutenable.

En 2022, la baisse de l’investissement, la persistance des retombées du Covid-19 et de la crise russo-ukrainienne ont continué de peser sur l’activité des opérateurs économiques en Tunisie. Les indicateurs économiques de 2022, font état d’une croissance économique faible, d’une inflation galopante, d’un niveau de réserves en devises qui s’érode et d’un élargissement des déficits jumeaux (déficit courant et déficit budgétaire). La reprise économique est minée par le flou politique et par l’absence de plan de relance, de réformes et de visibilité.

Durant l’année 2022, le PIB a été freiné par la baisse des investissements, la persistance des effets de la crise sanitaire et l’impact de la guerre russo-ukrainienne sur le tissu productif. Il n’a progressé que de 2,4%, contre 4,3% en 2021.

En attendant le «staff-level agreement » du FMI

Aussi, l’inflation s’est nettement accélérée entre janvier et décembre 2022, passant de 6,7% à 10,1%, portant le taux d’inflation annuel moyen à 8,3%, contre une moyenne de 5,7% enregistrée en 2021. Cette évolution a résulté essentiellement du fort rebond de la composante sous-jacente (7,9% après 5,4% en 2021), qui s’est conjugué à la flambée des prix des produits alimentaires frais (14,1% après 7,1% en 2021), en relation avec la persistance des problèmes au niveau des chaînes d’approvisionnement (sécheresse, hausse des coûts des intrants, …). Également, le prix des produits administrés a poursuivi sa tendance haussière (6,3% après 5,8%), sous l’effet de l’ajustement à la hausse des prix de certains produits et tarifs publics tout au long de l’année 2022.

Selon le rapport de «Tunisie Valeurs », la Tunisie devrait pousser un soupir de soulagement après l’obtention du « staff-level agreement» du FMI pour un financement de 1,9 milliard de dollars étalé sur quatre ans. Loin d’être une solution miracle pour l’économie du pays, cet accord avec le FMI— toujours en attente de validation par le Conseil d’Administration de l’institution de Bretton Woods— représente un appel d’air et une bouffée d’oxygène pour une économie et des finances publiques en souffrance. Il permet de desserrer la bourse des crédits bilatéraux et multilatéraux pour alimenter nos réserves en devises, financer le budget (salaires, dépenses de compensation et paiement du service de la dette, etc..) et envisager l’avenir proche avec moins de craintes et d’appréhensions.

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