01/03/2024
ACTUENERGIE

Le Brent clôture à 78,56 dollars

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, a effacé 0,68%, pour clôturer à 78,56 dollars. Quant au cours du baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, avec échéance en février, il a perdu 0,90%, à 73,41 dollars.

L’or noir avait initialement pris de la hauteur, le WTI affichant jusqu’à 1,12% de gain en séance, avant que la tendance ne s’inverse, les cours restant néanmoins dans des marges resserrées. «Malgré les craintes et les discussions sur ce qu’il se passe en mer Rouge, il n’en reste pas moins que l’on n’a toujours pas perdu de pétrole», a commenté John Kilduff, analyste d’Again Capital.

Les États-Unis ont mené vendredi de nouvelles frappes contre des sites contrôlés par les rebelles Houthis, abritant des lanceurs de missiles, selon le gouvernement américain. Elles intervenaient après qu’un navire marchand américain avait été visé par des tirs de missiles, jeudi, dans le Golfe d’Aden. Selon Gregory Brew, analyste du cabinet Eurasia Group, les Houthis ont indiqué, vendredi, qu’ils ne considéraient pas les cargos saoudiens et émiratis comme des cibles.

«C’est un élément négatif pour le marché» du pétrole, a estimé John Kilduff. «Avec les Iraniens, dont (les Houthis) sont les alliés, cela fait beaucoup de producteurs majeurs qui ne sont pas dans leur viseur.» «Pour le marché, cela reste donc des événements à faible risque» pour les flux de brut, en l’état, selon l’analyste.

En outre, un membre de la direction politique des Houthis, Mohammed al-Bukhaiti, a assuré au quotidien russe Izvestia que les navires chinois et russes bénéficiaient d’un «passage sécurisé» en mer Rouge. «Les risques de perturbation de l’offre demeurent, mais il y aussi des facteurs baissiers, notamment l’économie mondiale», en phase de ralentissement, ainsi que la question de «l’unité de l’Opep+», a rappelé, dans une note, Craig Erlam, analyste d’Oanda. La production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a légèrement augmenté en décembre par rapport à novembre, selon des chiffres publiés mercredi.

Cette hausse entraîne le marché à s’interroger sur la capacité du cartel à tenir ses engagements de réduction de production, pris fin novembre par plusieurs de ses membres et certains alliés de l’accord Opep+. «Les Saoudiens sont seuls à essayer de faire tenir l’ensemble debout», estime John Kilduff, «et ils sont de plus en plus sous pression». Les cours étaient aussi déprimés par les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). «Le marché apparaît raisonnablement bien approvisionné pour 2024», la hausse de production dépassant la croissance de la demande, selon les prévisions de l’AIE.

«Sauf perturbations significatives des échanges de pétrole, le marché apparaît raisonnablement bien approvisionné pour 2024, une hausse de la production plus forte qu’attendue dans les pays non OPEP+ devant dépasser avec une marge confortable la croissance de la demande», résume l’AIE dans son rapport mensuel sur le pétrole, évoquant cependant les risques de perturbations liées aux tensions au Moyen-Orient.
«Le risque de perturbations de l’offre venue du Moyen-Orient reste élevé, particulièrement pour les échanges transitant par la mer Rouge et, particulièrement, le canal de Suez», souligne l’AIE: en 2023, environ 10% des échanges pétroliers par voie maritime et 8% du gaz naturel liquifié (GNL) sont passés par ce chemin (le voyage par le Cap de Bonne Espérance durant deux semaines de plus).

Dans le même temps, la demande mondiale de pétrole devrait voir sa croissance ralentir fortement en 2024, sous l’effet des difficultés économiques, mais aussi des progrès de l’efficacité énergétique et de l’essor du parc de véhicules électriques dans le monde.

Synthèse Slimane T/Agence

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