21/02/2024
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Le salon REVADE s’ouvre à Alger: L’Algérie ambitionne de recycler 30% de ses déchets

L’Algérie veut valoriser ses déchets. Toute une stratégie est mise en place par le gouvernement. Elle consiste à la récupération et la valorisation de 30% des déchets générés annuellement à l’horizon 2035, indique la ministre l’Environnement et des Energies renouvelables, Fazia Dahleb, à l’ouverture de la 7éme édition du Salon International de la récupération et la valorisation des déchets (REVADE).

Elle a précisé que les déchets sont perçus comme étant un gisement économique à forte valeur ajoutée et qu’actuallment seul 10% sont récupérés. Donc, un grand travail reste encore à faire en amont et en aval pour parvenir à une exploitation optimale de cette richesse.

Et, ajoute-t-elle, l’Etat poursuivra ses investissements dans le domaine du recyclage des déchets qui reste une solution idoine pour la préservation de l’environnement  et la création de la richesse et d’emploi. La ministre a indiqué que pas moins de 7 milliards de DA ont été déboursés pour l’aménagement de la plus grandes décharges en Afrique de Oued Smar à Bab Ezzaour, en la transformant en parc de loisir, dont son ouverture au grand public est pour bientôt.

«Nous comptons lancer d’autres action à travers le pays pour l’éradication des décharges anarchiques en les transformant en parcs de détentes et de loisir», souligne-t-elle, en indiquant que l’Algérie dispose d’un gisement important de déchets. Selon les derniers chiffres, les déchets générés avoisinent les 34 millions de tonnes/an, dont 13,5 millions sont recyclables (déchets ménagers et assimilés). Une exploitation optimale de ce gisement permettra de faire des gains importants et de générer pas moins de 151 milliards de DA, dira la ministre. Cette dernière a fait savoir que la valeur économique des déchets produits en Algérie est passée de 92 milliards de DA en 2020 à 151 milliards de DA en 2023. La récupération du plastique peut générer plus de 60 milliards de DA et au moins de 7600 emplois directs. Dans ce cadre, la ministre a assuré que les portes de son département sont ouvertes aux investisseurs désirants  investir dans ce créneau porteur.

 Pour sa part le ministre du Commerce et de la promotion des exportations, Tayeb Zitouni, a appelé à l’exploitation économique optimale de ce gisement, permettant à l’Algérie d’engranger des devises en plus. Il a ainsi souligné que ces dernières années, les opérateurs économiques s’intéressent à l’investissement dans ce domaine du recyclage et valorisation des déchets.  Pas moins de 714 entreprises activant dans le recyclage des déchets sont enregistrés au Centre national du registre du Commerce (CNRC), à fin mai 2023. Dans le détail, 550 d’entreprises sont personnes physiques et 164 personnes morales. Le ministre du Commerce a fait savoir également que 636 opérateurs activent dans le domaine de l’exportation des déchets. «L’activité d’exportation des déchets est réglementée et soumise à une réglementation spécifique qui nécessite une licence délivrée par le ministère de l’Environnement et des Énergies Renouvelables. Le nombre d’opérateurs économiques autorisés à exporter, selon le code commercial spécifique à cette activité, est de 636, dont 166 personnes physiques et 470 personnes morales », détaille-t-il, en appelant à l’association des start-up  dans la gestion des déchets. Ces dernières proposent de nouvelles solutions pour la collecte des déchets et de les valoriser en local. La transformation des produits recyclés est peu développée dans notre pays. Les déchets récupérés soit plastiques ou ferreux sont exportés en brut. Ceci réduit la valeur de cette richesse, nécessitant le développement d’une véritable industrie pour les valoriser, en réduisant la facture d’importation des produits en plastique importés de Chine en particulier.

Il est à noter que cette 7 éme édition du Salon REVADE qui a été placée sous le thème «Faire de la gestion des déchets des opportunités commerciale» a réunit un total de 70 exposants, dont 40 entreprises économiques, 7 associations, 15 start-up, 7 clubs scientifiques, et la participation d’un représentant de la Tanzanie. «Le Salon regroupera les différentes entreprises nationales publiques et privées activant dans la gestion des déchets ainsi que les différentes instances mobilisées par l’Etat pour apporter l’aide technique et financière nécessaire à l’investissement dans ce domaine, et des participants étrangers», a indique Karim Ouamane est directeur-général de l’Agence nationale des déchets (AND).

En marge du Salon, une journée d’études est prévue, mercredi 29 novembre, avec au programme des conférences et des assises sur l’investissement et l’entrepreneuriat durable dans le domaine de l’économie verte. Parallèlement à cet événement, le DG de l’AND a annoncé le lancement mercredi prochain de la nouvelle version de la plateforme électronique (Bourse des déchets industriels ». Un support qui se veut « un appui technique aux start-up sur le marché algérien » et un facilitateur pour les entreprises industrielles pour une meilleure valorisation de leurs déchets, conclut-il.

Par Sirine R

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