18/05/2026
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Lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme : Les efforts de l’Algérie salués

L’Algérie obtient une reconnaissance internationale de ses efforts dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Salah Eddine Taleb, Gouverneur de la Banque d’Algérie, a rapporté que les experts du Joint Group (ICRG) du Groupe d’action financière (GAFI) ont salué les progrès considérables réalisés par le pays pour mettre son dispositif national en conformité. Cette évaluation positive des experts du Group est un signal encourageant pour une sortie rapide l’Algérie de la liste de surveillance renforcée du GAFI.

Depuis l’adoption du plan d’action élaboré par le GAFI en octobre 2024, les autorités algériennes se sont engagées dans une refonte profonde du cadre législatif, réglementaire et institutionnel. « L’Algérie a mis en œuvre l’ensemble des actions prévues par ce plan, notamment la révision des procédures opérationnelles et la mise à niveau du dispositif national de conformité », a indiqué M. Taleb dans un entretien accordé à l’APS. Sous la coordination de la Banque d’Algérie, un comité national d’évaluation des risques assure le suivi de la mise en œuvre des mesures, en étroite collaboration avec un comité de coordination nationale regroupant les représentants des différents secteurs concernés. Ces structures ont renforcé les capacités de supervision, mis en place des stratégies d’atténuation des risques et multiplié les formations à destination des établissements assujettis.

Pour le Gouverneur, ces avancées traduisent « l’engagement total de l’Algérie à se conformer pleinement aux standards internationaux ». Il a ajouté que « la reconnaissance des progrès par les instances du GAFI constitue un bon présage pour une sortie rapide de la liste grise ». M. Taleb a rappelé que le secteur bancaire algérien demeure « l’un des plus réglementés de la sphère économique », précisant que ce cadre prudentiel rigoureux « a grandement contribué à protéger notre système financier contre les crises et à garantir la sécurité des déposants ».

La fin du cash programmée pour 2028

En parallèle de ses efforts en matière de conformité internationale, l’Algérie s’engage dans une transformation profonde de son système financier, marquée par la digitalisation accélérée du secteur bancaire et la perspective d’une généralisation du paiement électronique d’ici 2028. Cette orientation stratégique, selon le Gouverneur, s’inscrit dans une vision globale visant à moderniser l’économie nationale et à réduire la dépendance au numéraire.« L’objectif est de bâtir une économie plus transparente, plus efficace et davantage connectée aux standards internationaux », a-t-il expliqué, précisant que la Banque d’Algérie œuvre à la mise en place d’une stratégie nationale des paiements électroniques. Celle-ci est pilotée par un Comité national des paiements, chargé de conduire la transition vers une économie sans cash à l’horizon 2028.

Cette mutation repose sur un cadre juridique modernisé grâce à la nouvelle Loi monétaire et bancaire, qui abroge l’ordonnance 03-11 et introduit de nouveaux acteurs tels que les prestataires de services de paiement (PSP), les banques digitales, les banques islamiques et les banques d’affaires. Le Gouverneur a également évoqué le lancement prochain de la Monnaie Numérique de Banque Centrale (MNBC), symbole de l’adaptation du système financier algérien aux évolutions technologiques mondiales.« Nous voulons offrir aux citoyens et aux entreprises des instruments de paiement modernes, sûrs et accessibles, tout en garantissant la stabilité et la sécurité du système », a-t-il souligné. Il a ajouté que la réussite de cette transition repose sur le renforcement des capacités humaines et technologiques, ainsi que sur l’adoption de règles prudentielles adaptées à la digitalisation. Pour accompagner cette évolution, la Banque d’Algérie a adopté plusieurs textes réglementaires relatifs aux conditions d’agrément des PSP, au fonctionnement des banques digitales et au cadre de la finance islamique. Ces réformes visent à élargir l’accès aux services bancaires, à améliorer la traçabilité des flux financiers et à renforcer la lutte contre l’économie informelle.

La forte résilience de l’économie algérienne soulignée

Malgré les turbulences qui ont secoué l’économie mondiale ces dernières années, l’Algérie continue d’afficher une résilience remarquable, fruit d’une politique monétaire prudente et d’une gestion rigoureuse des équilibres macroéconomiques. Salah Eddine Taleb a dressé un tableau optimiste de la situation économique du pays en mettant en avant la solidité du système financier national et les résultats tangibles des réformes engagées.« L’économie algérienne a su résister aux chocs successifs grâce à des fondamentaux solides et à une politique monétaire adaptée au contexte national », a-t-il affirmé. Il a rappelé que la succession de crises mondiales telles que la pandémie de Covid-19, les tensions géopolitiques, la hausse des prix énergétiques et alimentaires ainsi que les perturbations des chaînes d’approvisionnement n’a pas remis en cause la stabilité du pays.

Parmi les principaux facteurs de résilience figurent la croissance soutenue du PIB notamment hors hydrocarbures, des réserves de change confortables, un endettement extérieur quasi nul et un système bancaire solide ayant résisté aux chocs successifs. « Ces résultats ne sont pas le fruit du hasard mais d’une stratégie cohérente menée par la Banque d’Algérie et les pouvoirs publics pour préserver la stabilité financière et soutenir la relance économique », a-t-il souligné.La Banque d’Algérie avait dès mars et avril 2020 abaissé le taux directeur de 3,5 % à 3 % tout en introduisant des mesures exceptionnelles d’allègement prudentiel reconduites à cinq reprises afin de soutenir les entreprises et maintenir la liquidité du système bancaire. Ces dispositifs ont contribué à limiter l’impact économique du ralentissement mondial et à éviter un durcissement du crédit.

Aujourd’hui la normalisation est engagée. L’inflation, qui avait atteint un pic de 9,48 % en août 2022, a nettement reculé pour s’établir à 2,66 % en août 2025, soit une baisse de plus de sept points en deux ans. « Selon nos estimations, près de 70 % de l’inflation enregistrée en Algérie est importée. C’est pourquoi nous avons travaillé à l’appréciation du dinar pour amortir cette pression sur les prix », a expliqué le Gouverneur, précisant que le Conseil monétaire et bancaire a récemment abaissé le taux directeur à 2,75 % afin de « renforcer la capacité des banques à financer l’économie réelle ».

Par Mourad A.

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