Lutte contre le cancer: Les décisions du Président saluées
La secrétaire générale de l’association El Amel CPMC et présidente de la Fédération algérienne des associations de patients atteints de cancer, Hamida Kettab, a livré une analyse détaillée de la nouvelle stratégie nationale de prévention et de lutte contre le cancer (2025-2035), récemment évoquée en Conseil des ministres.
S’exprimant hier sur les ondes de la radio nationale «Chaîne III», l’intervenante a salué les décisions du président de la République, qu’elle qualifie de « courageuses » et porteuses d’un réel espoir pour améliorer la prise en charge des malades. Cette stratégie repose sur cinq axes fondamentaux : la prévention, le dépistage, le traitement, la formation et la recherche. Un cadre global qui, selon elle, constitue désormais une base solide pour passer à l’action concrète.
Acteurs de terrain, les associations ont été associées à l’élaboration de cette feuille de route, notamment lors d’ateliers consacrés au dépistage. « Nous ne sommes pas seulement la voix des patients, mais une force de proposition », insiste-t-elle, soulignant l’importance de l’expérience vécue dans l’évaluation du système de santé.
Toutefois, au-delà de la stratégie, la réalité du terrain reste marquée par de nombreux défis. Le dépistage précoce, considéré comme un levier essentiel, demeure insuffisamment structuré. En Algérie, les centres dédiés sont quasi inexistants, hormis une expérience pilote à Biskra, basée sur la télémédecine et la double lecture des mammographies. Une initiative prometteuse, mais encore isolée.
Les chiffres du cancer du sein illustrent l’urgence : plus de 15 000 nouveaux cas sont recensés chaque année, avec plus de 4 200 décès. Pourtant, détecté précocement, ce cancer peut être guéri. « Le facteur temps est déterminant », rappelle Kettab, dénonçant des retards qui compromettent les chances de survie.
Autre point critique : l’accès à la radiothérapie. Dans les grandes villes, les délais peuvent atteindre six mois à une année, notamment au CPMC. Malgré l’existence d’environ 60 accélérateurs linéaires, les pannes récurrentes et le manque de maintenance limitent leur efficacité. Des solutions temporaires émergent, comme l’orientation des patients vers les centres du Sud, où les délais sont plus courts.
Pour désengorger le système, la Fédération propose un recours temporaire au secteur privé, notamment pour certaines pathologies prioritaires comme le cancer du sein. Parallèlement, de nouveaux centres anticancer et équipements sont en cours d’acquisition, mais leurs effets ne seront visibles qu’à moyen terme.
Par Réda Hadi
