12/05/2026
ACTUALITEAGRICULTURE/PÊCHE

Pêche et ressources halieutiques: Des instructions pour augmenter la production

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Oualid, a présidé, jeudi dernier, une rencontre nationale d’envergure réunissant les présidents des chambres de pêche et d’aquaculture, dans un contexte marqué par la volonté des pouvoirs publics de renforcer la gouvernance participative et de consolider le dialogue avec les acteurs de terrain.

Dès l’ouverture des travaux, le ministre a mis en avant la dimension stratégique de la pêche et de l’aquaculture dans la politique nationale de sécurité alimentaire. Il a insisté sur la nécessité d’intensifier les efforts pour augmenter la production nationale de poisson, réduire la dépendance aux importations et garantir une meilleure régulation des prix sur le marché local. Dans un contexte de fluctuations des marchés internationaux et de pression sur les ressources naturelles, le secteur halieutique apparaît, selon lui, comme un levier essentiel pour diversifier les sources de protéines et soutenir l’économie nationale.

Yacine Oualid a, par ailleurs, dressé un bilan jugé encourageant des performances récentes du secteur, mettant en lumière une dynamique de croissance soutenue, notamment dans le domaine de l’aquaculture. Selon les données présentées, l’année 2026 marque un tournant qualitatif avec une nette progression des volumes produits. Plus de 80 millions d’alevins de dorade et de loup de mer ont été introduits dans les circuits d’élevage, permettant d’atteindre une production estimée à 20 000 tonnes, contre seulement 7 000 tonnes auparavant.

S’agissant de la pêche en haute mer, le ministre a annoncé une avancée significative pour l’Algérie, qui a réussi à récupérer l’intégralité de sa part historique de thon rouge. Fixée à 2 467 tonnes pour la période 2026-2028, cette allocation constitue, selon lui, une opportunité majeure pour le développement de la filière. Fait notable, une partie de ce quota sera désormais réservée à la pêche artisanale, dans une optique d’inclusion et de valorisation des petits métiers. En outre, le ministre a révélé que cette ressource fera l’objet d’une transformation locale grâce à la création, pour la première fois, de fermes d’engraissement de thon rouge. Cette initiative vise à capter davantage de valeur ajoutée au niveau national et à structurer une véritable industrie autour de cette espèce à forte valeur commerciale.

Dans le même sillage, la coopération internationale a également été mise en avant comme un levier de développement. Le ministre a salué la concrétisation de l’accord de pêche conclu avec la Mauritanie, qui ouvre de nouvelles perspectives aux professionnels algériens. Cet accord permettra l’accès aux eaux mauritaniennes avec des quotas estimés à plus de 32 000 tonnes, offrant ainsi une opportunité supplémentaire d’approvisionnement du marché national et de diversification des zones de pêche.

Sur le plan de la durabilité, Yacine Oualid a insisté sur l’importance de préserver les ressources halieutiques pour les générations futures. Il a notamment évoqué les résultats positifs enregistrés dans la wilaya d’Oran à travers l’installation de récifs artificiels, réalisée en partenariat avec l’Agence japonaise de coopération internationale. Cette expérience, qui a permis de renforcer la biomasse marine et de soutenir l’activité des pêcheurs artisanaux, sera progressivement étendue à d’autres wilayas côtières.

En matière de soutien aux professionnels, le ministre a annoncé la mise en place d’un nouveau cadre réglementaire visant à faciliter l’accès au financement et à encourager l’investissement dans les segments de la pêche et de l’aquaculture. Cette réforme ambitionne d’améliorer le climat des affaires, d’attirer de nouveaux opérateurs et de moderniser les infrastructures du secteur.

Dans le cadre de la digitalisation et de la modernisation des pratiques, une opération d’envergure sera également lancée pour équiper les navires de pêche d’un système de surveillance par satellite (VMS). Pas moins de 1 700 embarcations seront concernées dès cette année. Ce dispositif permettra non seulement de mieux organiser l’activité de pêche, mais aussi de lutter efficacement contre les pratiques illicites, tout en garantissant une gestion plus rationnelle des ressources.

Par Réda Hadi

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