12/05/2026
ACTUALITEAGRICULTURE/PÊCHE

Des contrats de 635 millions de dollars attribués: Le projet Baladna franchit une étape décisive

Le mégaprojet Baladna passe à la vitesse supérieure avec la signature d’une nouvelle série de contrats s’élevant à 635 millions de dollars. L’initiative entre désormais dans sa phase d’exécution concrète. Ce tournant opérationnel, acté au Centre international des conférences d’Alger, confirme la volonté de l’Algérie de se doter d’un pôle laitier d’envergure pour garantir sa souveraineté alimentaire.

Présidant cette rencontre, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El Mahdi Oualid, a souligné la portée exceptionnelle de ce projet, le qualifiant de « modèle presque unique au monde de transformation de vastes superficies sahariennes en exploitations agricoles dédiées à la production laitière ». Inscrit dans une coopération qualifiée de « très fructueuse » entre l’Algérie et le Qatar, ce programme structurant vise, selon lui, à « renforcer la sécurité alimentaire » tout en stimulant l’investissement agricole dans les régions du Sud.

D’un coût global estimé à 3,5 milliards de dollars et s’étendant sur 117 000 hectares dans la wilaya d’Adrar, le projet ambitionne de couvrir à terme 50 % des besoins nationaux en lait, avec une production annuelle de 200 000 tonnes de poudre de lait reposant sur un cheptel de 270 000 vaches. Le ministre a également mis en avant les retombées socioéconomiques attendues, notamment la création de 5 000 emplois et l’orientation de 95 000 têtes vers le marché des viandes rouges.

Cette deuxième tranche d’investissement, qui succède à une première phase de plus de 500 millions de dollars consacrée aux infrastructures de base, porte sur des travaux de génie civil, la réalisation d’infrastructures complémentaires, le déploiement de systèmes d’irrigation, ainsi que la construction d’une centrale à béton et d’installations logistiques. Elle se distingue également par le lancement imminent d’un programme d’importation de plus de 30 000 bovins laitiers depuis les États-Unis, via un dispositif aérien inédit.

À ce propos, le président du conseil d’administration de Baladna Algérie, Ali Al-Ali, a indiqué que « la deuxième tranche, dont le montant dépasse 635 millions de dollars, marque une étape charnière dans la montée en puissance du projet ». Il a précisé que les bovins seront « sélectionnés dans neuf États américains » selon des standards génétiques rigoureux, afin de garantir un cheptel performant et durable. Le recours au transport aérien, avec 109 rotations prévues, vise à optimiser les délais et à préserver l’état sanitaire des animaux.

L’importance stratégique de cette étape a également été mise en avant par l’ambassadeur de l’État du Qatar en Algérie, Abdulaziz Ali Al-Naâma, qui a salué « une étape décisive » dans l’avancement du projet. Il a affirmé que cette initiative incarne « un partenariat stratégique entre l’Algérie et le Qatar », ajoutant que la coopération bilatérale est « solide, stable et en constante consolidation ». Selon lui, le projet Baladna reflète une vision commune visant à renforcer la sécurité alimentaire et à hisser la coopération économique à un niveau stratégique.

De son côté, le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement, Omar Rekkache, a insisté sur le changement de dimension qu’introduit cette phase. « Cette phase marque le passage effectif de l’étude et de la préparation vers l’exécution opérationnelle », a-t-il affirmé, soulignant que le projet entre désormais dans « une dynamique de concrétisation progressive ». Il a également relevé que cet investissement « illustre la confiance dans l’attractivité de l’économie nationale » et sa capacité à accueillir des projets d’envergure.

En plus de de son impact agricole, le projet Baladna se distingue par son fort ancrage local. La participation de sept entreprises algériennes sur dix dans cette deuxième phase traduit une volonté affirmée de renforcer le contenu local et de favoriser le transfert de compétences. Dans cette perspective, les autorités entendent maximiser les retombées économiques en intégrant davantage les acteurs nationaux, notamment les startups et les opérateurs émergents.

Avec un objectif de 40 % de taux d’avancement de la première phase d’ici fin 2026, le projet Baladna s’impose progressivement comme un levier structurant de la stratégie nationale de sécurité alimentaire. À travers cet investissement massif et l’accélération de sa mise en œuvre, l’Algérie confirme son orientation vers une agriculture industrielle intégrée, capable de réduire sa dépendance aux importations et de valoriser durablement ses ressources sahariennes.

Par S. R.

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