Plateforme “Startup.dz” : Plus de 100 000 demandes enregistrées
La plateforme numérique Startup.dz s’impose progressivement comme le cœur du dispositif national d’accompagnement des start-up en Algérie. Mise en place dans le cadre de la politique de développement de l’économie de la connaissance, elle a déjà enregistré plus de 100 000 demandes de labellisation, un chiffre qui témoigne de l’essor rapide de l’entrepreneuriat innovant dans le pays.

Lors de son intervention sur la « Chaîne III » de la radio nationale, Chams Eddine Benmousset, directeur des start-ups et des structures d’appui au ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-ups et des Micro-entreprises, a indiqué que cette plateforme constitue aujourd’hui le principal outil numérique de gestion des demandes de labels pour les projets innovants. « Tout est désormais numérisé. Les porteurs de projets peuvent déposer leurs dossiers à tout moment, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, directement sur la plateforme Startup.dz », a-t-il souligné.
Depuis son lancement en 2020, le système de labellisation repose ainsi sur une plateforme entièrement digitalisée qui centralise l’ensemble des demandes liées à l’écosystème entrepreneurial national. Ce dispositif permet aux entrepreneurs de solliciter différentes reconnaissances officielles, allant du label “Projet innovant” aux labels “Start-up” et “Incubateur”. À ces distinctions s’est ajouté, le 17 décembre 2025, le nouveau label “Scale-up”, destiné à distinguer les jeunes entreprises les plus performantes et celles présentant un fort potentiel de croissance.
Une fois déposés sur la plateforme, les dossiers font l’objet d’un premier filtrage administratif visant à vérifier leur complétude avant leur transmission au comité national de labellisation. Selon les responsables du dispositif, cette étape préliminaire est déterminante puisque près de 50 % des demandes sont écartées à ce stade, principalement en raison de dossiers incomplets ou de projets ne répondant pas aux critères d’innovation exigés par la réglementation. Les projets retenus sont ensuite examinés par le comité national de labellisation, qui évalue notamment le caractère innovant de la solution proposée, la présence d’un prototype fonctionnel, la solidité du modèle économique ainsi que le potentiel de croissance du projet.
Au terme de cette analyse, le taux d’acceptation demeure relativement sélectif : il oscille entre 10 % et 15 % pour les start-ups et entre 15 % et 20 % pour les projets innovants. Pour Benmousset, cette exigence vise avant tout à garantir la qualité des entreprises labellisées. « Le comité n’a pas seulement pour mission d’accorder des labels. Il doit aussi orienter les porteurs de projets, les accompagner et parfois les réorienter vers d’autres dispositifs plus adaptés », a-t-il expliqué.
La forte progression des demandes de labellisation s’inscrit par ailleurs dans un contexte de développement rapide de l’écosystème entrepreneurial algérien. Celui-ci s’appuie désormais sur un réseau de plus de 215 incubateurs répartis à travers le pays, dont 124 structures universitaires dédiées à l’accompagnement et à la maturation des projets portés par les jeunes entrepreneurs. Cette dynamique révèle toutefois certains signes de saturation dans des secteurs historiquement très sollicités, notamment le e-commerce. Face à cette situation, les autorités encouragent progressivement les porteurs de projets à se tourner vers des domaines à plus forte valeur technologique et à plus fort potentiel de développement.
Cette orientation vise notamment à favoriser l’émergence de solutions innovantes dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, la cybersécurité ou encore les drones, tout en mettant l’accent sur des secteurs stratégiques pour l’économie nationale, comme les technologies liées à la gestion de l’eau, les énergies renouvelables, l’agriculture et la santé.
Après une première phase consacrée à la structuration de l’écosystème entre 2020 et 2024, la stratégie nationale vise désormais une montée en qualité. Pour les années 2025 et 2026, l’objectif consiste à améliorer le niveau des projets et à encourager l’émergence d’entreprises capables de se développer au-delà du marché national. Dans cette perspective, les pouvoirs publics misent notamment sur la création d’entreprises dites “scalables”, capables de croître rapidement et de s’implanter à l’international, en particulier sur les marchés africains.
Par S. R.
