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Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 prévoit plusieurs évolutions du dispositif fiscal national, avec une attention particulière portée à l’économie numérique et à l’exploitation des ressources minières. Par ces mesures, les pouvoirs publics entendent mieux encadrer certaines activités économiques, préciser les obligations déclaratives des opérateurs et réorganiser les prélèvements liés à l’exploitation du sous-sol. Le texte comporte également des dispositions relatives à l’investissement, au logement, à la régularisation fiscale et aux avantages accordés à certains secteurs.

L’encadrement fiscal des activités numériques figure parmi les mesures les plus notables du PLF 2027. Les dispositions prévues visent à mieux intégrer dans le système fiscal national les opérations réalisées sur les plateformes numériques, notamment les ventes de biens, les prestations de services et les commissions perçues par les intermédiaires. Le texte impose des obligations fiscales aux opérateurs concernés, y compris aux prestataires étrangers non-résidents qui fournissent des services dématérialisés imposables en Algérie. Ces derniers doivent ainsi se conformer aux exigences d’identification fiscale, de tenue des registres et de déclaration du chiffre d’affaires. Les déclarations de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) doivent par ailleurs être effectuées chaque trimestre, selon les modalités prévues par le dispositif. Les opérateurs sont en outre tenus de conserver leurs documents et leurs registres pendant dix ans, afin de faciliter le suivi des transactions et d’améliorer la traçabilité des opérations réalisées dans l’environnement numérique.

L’enjeu est double. D’une part, il s’agit de mieux appréhender des activités commerciales dont une partie échappe aux circuits économiques traditionnels. D’autre part, le renforcement de ces obligations pourrait réduire les écarts de traitement entre les opérateurs soumis aux règles nationales et ceux qui proposent leurs services depuis l’étranger. Toutefois, l’efficacité de ces dispositions dépendra de leur mise en œuvre effective, et notamment des mécanismes de contrôle, de la coopération des opérateurs concernés et de la capacité de l’administration à suivre les transactions transfrontalières.

Réorganisation des prélèvements sur l’exploitation des ressources nationales

Le secteur minier constitue un autre axe important du dispositif fiscal prévu par le PLF 2027. Les articles qui lui sont consacrés réorganisent les prélèvements liés aux titres miniers et à l’exploitation des substances minérales, en précisant les droits, les taxes et les redevances applicables. Le régime prévoit d’abord des droits liés à la délivrance de certains actes et titres miniers, dont les montants varient selon la nature de l’acte concerné.

Il comprend ensuite une taxe superficiaire annuelle, calculée selon les règles applicables aux superficies couvertes par les titres, ainsi qu’une redevance minière assise sur les quantités extraites et sur les valeurs de référence fixées par le dispositif. Les taux de cette redevance varient de 1,5 % à 6 % selon la substance exploitée, ce qui permet de tenir compte des caractéristiques des ressources concernées et d’organiser leur contribution aux recettes publiques.

Le projet précise également le traitement fiscal des dépenses de prospection et d’exploration, ainsi que des provisions destinées à la reconstitution des gisements et à la remise en état des sites après exploitation. Une provision obligatoire pour la restauration des sites, fixée à 1 % de l’assiette de la redevance selon le dispositif présenté, doit ainsi être versée sur un compte dédié ouvert auprès du Trésor. Enfin, la répartition des recettes est encadrée : 80 % du produit de la redevance minière revient au budget de l’État, tandis que 20 % sont affectés au Fonds de solidarité et de garantie des collectivités locales. Ce mécanisme répartit ainsi les revenus tirés de l’exploitation minière entre le budget national et le financement des collectivités.

Autres mesures : régularisation, logement, investissement et contrôle

Outre les volets numérique et minier, le PLF 2027 comporte plusieurs mesures relatives à la régularisation fiscale, au logement et à l’investissement. Il introduit notamment une régularisation fiscale volontaire au taux de 12 %, ouverte jusqu’au 31 décembre 2027, sous réserve des conditions et exclusions prévues par le texte. Dans le secteur du logement, le projet prévoit la prise en charge par l’État de 100 % des intérêts durant la période de différé, dans le cadre du programme AADL, ainsi que des mécanismes de bonification des crédits accordés par les banques publiques. Le texte prévoit en outre des incitations fiscales en faveur de l’investissement et de l’innovation, des mesures concernant certains produits alimentaires et des dispositions relatives aux énergies renouvelables et à l’hydrogène vert.

Il renforce enfin les outils de contrôle fiscal, la collecte d’informations et le recoupement des données. Dans l’ensemble, le PLF 2027 associe des mesures ponctuelles de régularisation à des ajustements structurels du système fiscal. Leur portée dépendra des modalités d’application et de leur articulation avec les politiques d’investissement et de développement économique.

Par Selma R.

L’auteur

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