Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 prévoit 9 251 milliards de dinars de recettes pour 17 882 milliards de dépenses, soit un écart supérieur à 8 600 milliards de dinars. Le texte s’inscrit dans la continuité des budgets précédents, dont il reprend les grandes orientations. Ses articles 2 et 3, ainsi que les états annexes, en précisent les principales dispositions budgétaires.
Les recettes du budget général sont évaluées à 9 251,14 milliards de dinars. La fiscalité ordinaire en constitue le principal pilier, avec 5 282,32 milliards de dinars de recettes fiscales, suivie de la fiscalité des hydrocarbures, estimée à 2 652,32 milliards. Les revenus des participations financières de l’État, notamment les dividendes versés par les banques et les établissements non financiers, devraient rapporter 934 milliards de dinars. Les produits divers du budget, évalués à 250 milliards, et les revenus des domaines de l’État, estimés à 126 milliards de dinars, complètent ces ressources. Le gouvernement anticipe par ailleurs leur progression, avec 9 473,19 milliards de dinars attendus en 2028, puis 10 010,65 milliards en 2029.
S’agissant des dépenses, le projet prévoit un plafond d’autorisations d’engagement de 17 251,61 milliards de dinars et des crédits de paiement de 17 882,65 milliards. Ce dernier montant, qui correspond aux dépenses pouvant être effectivement payées durant l’année, constitue la référence pour apprécier l’équilibre budgétaire.
Parmi les principales dotations, la Défense nationale bénéficie de 3 120 milliards de dinars en autorisations d’engagement. Le ministère des Finances dispose de 3 610,17 milliards, tandis que le secteur de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports reçoit 1 646,21 milliards.
Le texte prévoit également 2 060 milliards de dinars de crédits non assignés, constituant une enveloppe de réserve dont l’affectation reste à déterminer. Au regard des crédits de paiement, les recettes ne couvrent ainsi qu’environ 51,7 % des dépenses prévues. L’écart atteint 8 631,51 milliards de dinars, ce qui souligne le poids des besoins de financement complémentaires et l’importance accordée au renforcement des recettes fiscales.
La prévision des recettes repose également sur une hypothèse relative aux cours du pétrole. Le prix fiscal de référence retenu serait de 60 dollars le baril, contre 70 dollars pour le prix de marché. Cette hypothèse prudente sert de base au calcul de la fiscalité pétrolière budgétisée. Lorsque les recettes effectivement recouvrées dépassent le niveau prévu, l’excédent est versé au Fonds de régulation des recettes. Ce paramètre devra toutefois être confirmé par l’exposé des motifs officiel, certaines publications avançant un chiffre différent.
Le PLF 2027 doit encore être examiné et éventuellement amendé par le Parlement avant son adoption définitive. La capacité des recettes non pétrolières à progresser au rythme annoncé et les modalités de financement de l’écart budgétaire constitueront ainsi des enjeux majeurs des débats parlementaires.
Par S. R.



