Des experts économiques ont souligné que le projet de loi de finances (PLF) pour 2027, présenté lundi par le ministre des Finances, Mohammed Lamine Lebbou, devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN), était de nature à ouvrir une nouvelle étape dans le processus de développement économique en Algérie, à renforcer l’investissement productif et à améliorer les conditions de vie des citoyens, saluant l’introduction des augmentations de salaires dans ce projet de loi.

Dans ce cadre, l’expert économique Abdelkader Slimani a indiqué, dans une déclaration à l’APS, que les prévisions de croissance contenues dans le texte du projet traduisent l’ambition de préserver la dynamique de l’économie nationale, de manière à réduire son exposition aux fluctuations des marchés de l’énergie. Il a souligné l’importance de passer du financement des dépenses au financement des résultats, dans laquelle la réussite de l’investissement public se mesure à sa capacité à créer de la richesse et des emplois et à accroître la productivité des entreprises.
Sur le plan social, il a salué l’importance de préserver le pouvoir d’achat dans le cadre d’une approche intégrée associant la subvention ciblée aux catégories qui en ont besoin, la promotion de la production nationale et la réduction des coûts d’intermédiation non nécessaires, ainsi que le développement des réseaux de distribution, le renforcement des contrôles et la numérisation des transactions, afin de lutter contre la spéculation.
Le même intervenant a indiqué que l’introduction des augmentations de salaires dans le projet de loi est de nature à soutenir le cycle économique intérieur, en stimulant la consommation et en dynamisant l’activité commerciale et les services, estimant que le maintien de leur effet positif sur le pouvoir d’achat des citoyens est tributaire de la stabilité des prix et du développement de la production nationale.
Ces augmentations s’inscrivent dans le cadre d’une approche économique et sociale susceptible de soutenir l’activité intérieure, notamment en stimulant la demande, avec des retombées sur les différentes branches de l’économie.
Dans le même temps, le renforcement de la production nationale contribue à satisfaire la demande et à assurer un meilleur équilibre entre l’évolution des revenus et celle de l’offre, a-t-il ajouté.
S’agissant du règlement fiscal volontaire que le PLF propose de proroger jusqu’au 31 décembre 2027 après son introduction par la loi de finances 2026, l’expert y voit une opportunité pour intégrer l’économie parallèle, élargir l’assiette fiscale et faciliter l’accès des entreprises au financement bancaire.
Pour sa part, l’expert en développement économique, M. Abderrahmane Hadef, s’est félicité des indicateurs positifs prévus dans le texte, élaboré dans un contexte marqué par la poursuite de la croissance économique, insistant sur l’importance de la complémentarité entre les différents secteurs.
Concernant la création de plus de 125.000 emplois prévue par le projet de loi, l’expert a fait remarqué qu’il s’agissait d’une démarche à même de soutenir l’insertion professionnelle des jeunes et des diplômés universitaires, de consolider les revenus des ménages et de stimuler la consommation interne. Il a toutefois souligné la nécessité de faire converger ces créations d’emplois avec les opportunités générées par le secteur productif, à travers le soutien aux micro-entreprises et aux startups, le renforcement de la formation professionnelle et le rapprochement de l’université de son environnement économique.
Synthèse R E/APS



