L’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) accélère le suivi des projets sur le terrain pour accompagner leur concrétisation et favoriser leur entrée en production. L’objectif est désormais de transformer les décisions d’investissement en projets opérationnels, générateurs de valeur ajoutée, d’emplois et de capacités de production locales.

Cette orientation a été mise en avant par le directeur général de l’Agence, Omar Rekkache, lors d’une visite de terrain dans la zone industrielle de Larbatache, dans la wilaya de Boumerdès, consacrée au suivi de plusieurs projets d’investissement et à l’attribution de contrats de concession portant sur du foncier économique destiné à l’investissement.
« L’investissement ne se mesure pas uniquement au nombre de projets enregistrés ou au volume des montants déclarés », mais essentiellement à la capacité de ces projets à « se transformer en unités de production effectives », créatrices de richesse et d’emplois et répondant aux besoins du marché national, a souligné M. Rekkache. Cette nouvelle approche traduit, dira-t-il, la volonté de l’Agence de passer du suivi administratif des dossiers à une évaluation concrète de l’avancement des projets sur le terrain, avec un accompagnement plus étroit des investisseurs et une intervention pour lever les éventuels obstacles susceptibles de retarder leur réalisation.
33 milliards de DA d’investissements
Dans la zone industrielle de Larbatache, l’AAPI a accordé 21 contrats de concession portant sur du foncier économique destiné à la réalisation de projets dans plusieurs secteurs. Les investissements concernés couvrent notamment les industries agroalimentaires, les produits parapharmaceutiques et d’hygiène, les équipements industriels, les équipements sensibles ainsi que la fabrication de panneaux solaires. La valeur globale déclarée de ces projets atteint environ 33 milliards de dinars. Leur entrée en exploitation devrait permettre la création de plus de 3.600 emplois directs, contribuant ainsi à renforcer la base productive nationale et à diversifier le tissu industriel.
Pour l’AAPI, ces projets présentent également un intérêt en matière de renforcement de l’offre locale et de réduction du recours aux importations, deux objectifs qui figurent parmi les principaux enjeux de la politique actuelle de développement de l’investissement.
Parmi les projets visités figure une unité dédiée à la fabrication de canettes en aluminium pour boissons non alcoolisées, reposant sur une technologie américaine de haut niveau.
Un projet d’investissement portant sur la fabrication d’emballages en aluminium destinés aux boissons non alcoolisées.
Avec une capacité de production annoncée de 800 millions de canettes par an, le projet lancé par la société BBGCA devrait générer environ 250 emplois directs. Son entrée en exploitation est prévue pour la fin du premier trimestre 2027. L’intérêt économique de cette unité réside notamment dans son potentiel de substitution à une partie des importations. Selon les données présentées par le DG de l’AAPI, les importations de canettes en aluminium destinées aux boissons représentent environ 120 millions de dollars par an. Une fois opérationnelle, selon Omar Rekkache, l’unité devrait ainsi couvrir près de 40 % des besoins du marché national, renforçant l’offre locale dans ce segment et réduisant une partie des besoins en produits importés.
Lors de l’inspection des différentes composantes du projet, M. Omar Rekkache a souligné que cette usine constitue un modèle d’investissement illustrant la diversification croissante du tissu productif national, à travers le développement d’une nouvelle activité industrielle répondant aux besoins du marché.
Soutenir la production locale
Le DG de l’AAPI, accompagné par le président du CREA, Kamel Moula, a également visité un autre projet important, concernant la production de lait infantile et de lait destiné aux nourrissons. D’une capacité de 5.000 tonnes par an, le projet devrait contribuer à l’approvisionnement du marché national en ce produit et créer plus de 100 emplois directs.

Pour l’AAPI, ces investissements illustrent l’orientation croissante du foncier économique vers des projets à caractère productif, susceptibles d’avoir un impact direct sur l’offre nationale. Cette démarche s’inscrit également dans une logique de diversification de la production et de développement de nouvelles capacités industrielles dans des secteurs répondant aux besoins du marché national. Au-delà des chiffres d’investissement et d’emploi, le message porté par le directeur général de l’AAPI met l’accent sur une nouvelle étape dans la politique de promotion de l’investissement : mesurer davantage l’investissement par ses réalisations économiques concrètes. Le suivi de terrain doit permettre d’identifier les contraintes rencontrées par les investisseurs et de coordonner les interventions nécessaires avec les différents secteurs et les autorités locales afin de réduire les délais de réalisation.
L’objectif est ainsi de transformer les décisions d’investissement, les contrats et les concessions accordés en unités économiques opérationnelles et durables, capables de produire, de créer des emplois et de contribuer à la croissance. « L’enjeu aujourd’hui ne réside pas seulement dans l’attraction de l’investissement, mais dans l’accélération de sa concrétisation et la réalisation de son impact économique sur le terrain », a résumé M. Rekkache. Cette orientation place ainsi la mise en exploitation effective des projets au cœur de l’action de l’AAPI, avec pour finalité de consolider progressivement une économie davantage diversifiée, productive et moins dépendante des importations.
Dans le cadre de sa visite de terrain dans la zone industrielle d’Ouled Moussa, dans la wilaya de Boumerdès, le DG de l’AAPI a inspecté le projet de la société BMINOX, spécialisée dans la fabrication de matériels et d’équipements destinés aux industries agroalimentaires, du cuir, du caoutchouc et des matières plastiques. Avec un investissement estimé à 1,1 milliard de DA, le projet permettra de produire 304 unités par an, couvrant 14 catégories d’équipements et de lignes industrielles, avec un taux d’intégration locale de 90 %. À son entrée en exploitation, le projet devrait générer 130 emplois directs.
Par Zahir R.



