Sécurité alimentaire et modernisation de l’agriculture: Les orientations du Président Tebboune
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a réaffirmé avec insistance la priorité accordée au secteur agricole, en mettant l’accent sur la nécessité d’étendre la surface agricole cultivée à trois millions d’hectares. Cette orientation stratégique a été clairement exprimée lors de la réunion du Conseil des ministres qu’il a présidée dimanche dernier, au cours de laquelle plusieurs dossiers structurants liés à la sécurité alimentaire et à la modernisation de l’agriculture nationale ont été examinés.

Après avoir suivi un exposé détaillé sur la campagne labours-semailles 2025-2026, le chef de l’État a fixé comme objectif sectoriel prioritaire l’augmentation substantielle des superficies cultivées. Cette mesure s’inscrit dans une vision globale visant à renforcer la production nationale, réduire la dépendance aux importations et consolider la souveraineté alimentaire du pays, dans un contexte international marqué par l’instabilité des marchés agricoles.
Pour atteindre l’objectif des trois millions d’hectares cultivés, plusieurs mesures concrètes sont prévues, notamment l’accélération de la régularisation du foncier agricole, la mise à disposition de nouvelles terres exploitables, le renforcement des systèmes d’irrigation, l’importation ciblée de matériel agricole moderne, l’amélioration de l’accès aux semences de qualité, ainsi que l’accompagnement technique et financier des agriculteurs à travers des dispositifs incitatifs et des coopératives spécialisées. Ces actions combinées constituent le socle opérationnel de la stratégie nationale visant à élargir durablement les surfaces agricoles et à renforcer la production nationale.
Sur un autre registre, le président de la République a souligné le caractère urgent de l’importation de matériel agricole destiné à la récolte, en particulier pour les cultures stratégiques telles que les céréales, le maïs et le tournesol. L’amélioration des capacités de récolte est perçue comme un levier essentiel pour limiter les pertes, optimiser les rendements et accompagner l’extension des surfaces mises en valeur.
Par ailleurs, après avoir pris connaissance de la feuille de route du secteur de l’agriculture pour l’année 2026, le président Tebboune a donné des instructions claires au Gouvernement afin de mobiliser l’ensemble des moyens nécessaires à l’augmentation des capacités de production céréalière. Cette orientation traduit la volonté des pouvoirs publics de moderniser un secteur jugé stratégique, auquel le chef de l’État attache une importance particulière, tant pour son impact économique que social.
Le président de la République a également insisté sur la poursuite de l’organisation du secteur agricole, en maintenant en tête des priorités l’augmentation du rendement par hectare. Cette approche privilégie l’amélioration de la productivité en parallèle de l’extension des surfaces, afin d’assurer une croissance durable et rationnelle de la production agricole.
Dans cette optique, il a ordonné l’adoption systématique de méthodes scientifiques à toutes les étapes du processus de culture, dans le cadre d’une stratégie intégrée reposant sur l’expertise d’ingénieurs agronomes et de spécialistes du domaine. La qualité des semences, l’adaptation aux spécificités régionales, ainsi que la prise en compte des caractéristiques des sols figurent parmi les éléments clés devant guider cette démarche. Le président a également enjoint les pouvoirs publics à réviser la loi d’orientation agricole, notamment en ce qui concerne les mécanismes d’organisation et de régulation de la production, afin de les adapter aux nouveaux objectifs fixés.
Le chef de l’État a, en outre, mis en exergue la nécessité de réduire les importations sans provoquer de tensions ni de pénuries sur le marché national. Pour ce faire, il a encouragé la création de coopératives agricoles spécialisées, appelées à jouer un rôle central dans la structuration des filières, la mutualisation des moyens et l’amélioration de la compétitivité, tout en bénéficiant des mesures incitatives que l’État continue de mettre en place.
Le dossier de la production animale n’a pas été en reste. Le président de la République a demandé au ministre de l’Agriculture de proposer des solutions appropriées et urgentes pour relancer la production de viandes rouges et blanches, de manière à satisfaire les besoins du marché national. Cette relance doit se faire en concertation étroite avec les producteurs et les éleveurs, afin de lever les contraintes rencontrées sur le terrain et de stabiliser l’offre.
Enfin, réaffirmant le principe selon lequel « la terre appartient à celui qui la cultive », le président Tebboune a renouvelé l’engagement de l’État à poursuivre la régularisation du foncier agricole au profit des exploitants actifs. Cette démarche vise à sécuriser l’investissement agricole, encourager la mise en valeur des terres et atteindre des niveaux de production plus élevés.
Par Réda Hadi
