Stabiliser le marché et préserver le pouvoir d’achat: L’État mobilisé pour le Ramadhan 2026
À l’approche du mois sacré de Ramadhan 2026, prévu dans moins de deux semaines, le gouvernement a mis en place un dispositif exceptionnel visant à garantir l’abondance des produits de large consommation, à stabiliser les prix et à lutter contre les pratiques spéculatives. Conscient des tensions récurrentes qui caractérisent cette période marquée par une hausse notable de la demande, l’Exécutif a anticipé les besoins du marché à travers une série de mesures coordonnées, mêlant approvisionnement renforcé, encadrement commercial, contrôles stricts et actions sociales ciblées.
Depuis près de trois mois, le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, en coordination avec plusieurs départements ministériels, a engagé un plan d’action axé sur la sécurisation des stocks stratégiques. Les capacités de production de produits essentiels ont ainsi été revues à la hausse, notamment pour l’huile alimentaire, le sucre blanc, la semoule, la farine et le lait pasteurisé en sachet, des denrées fortement sollicitées durant le mois de Ramadhan.

Cette anticipation vise à éviter toute rupture d’approvisionnement et à contenir les pressions inflationnistes. Dans le même esprit, des mécanismes spécifiques ont été activés en collaboration avec le ministère de l’Agriculture afin d’assurer une disponibilité suffisante des fruits et légumes frais. Les marchés de gros, notamment ceux gérés par la société Magros, fonctionneront exceptionnellement sept jours sur sept, y compris les week-ends, pour garantir une alimentation continue des marchés de détail et limiter les fluctuations excessives des prix.
Autre mesure phare : la généralisation des marchés de proximité. Le ministère ambitionne l’ouverture d’au moins un marché par daïra à travers le territoire national. Ces espaces, mis en place en concertation avec les walis et les directions locales du commerce, permettront aux citoyens d’accéder à des produits de base à des prix raisonnables, avec une qualité contrôlée et des quantités suffisantes, tout en réduisant le rôle des intermédiaires.
Par ailleurs, la vente promotionnelle a été lancée de manière anticipée dès le 18 janvier dernier. Sur instruction de la ministre du Commerce, cette opération exceptionnelle se poursuivra jusqu’au troisième jour de l’Aïd El-Fitr. Les opérateurs économiques sont fortement encouragés à y participer afin de contribuer à la préservation du pouvoir d’achat des ménages, particulièrement sollicité durant le mois sacré. En parallèle, les services de contrôle seront pleinement mobilisés.
Les corps chargés du contrôle économique et de la répression des fraudes intensifieront les inspections portant sur l’affichage des prix, le respect des marges réglementées, la lutte contre la spéculation et la conformité sanitaire des produits alimentaires. Des laboratoires mobiles viendront renforcer le dispositif, en appui au réseau national composé de 42 laboratoires spécialisés.

C’est dans ce contexte que M. Nourredine Haridi, chargé de la Direction de la qualité et de la protection du consommateur au ministère du Commerce, est revenu en détail sur ces mesures lors de son intervention sur les ondes de la radio nationale. Il a souligné que, malgré l’abondance recherchée, le Ramadhan demeure paradoxalement une période de gaspillage alimentaire accru.
Selon lui, le ministère a lancé une vaste campagne nationale de sensibilisation avant même le début du mois sacré, campagne qui se poursuivra jusqu’au troisième jour de l’Aïd El-Fitr. L’objectif est de rationaliser la consommation, de lutter contre le gaspillage – notamment du pain – et de promouvoir des comportements responsables, en phase avec les valeurs du Ramadhan. Déployée à l’échelle nationale, cette campagne mobilise les directions du commerce de wilaya, les neuf directions régionales, ainsi que plusieurs organismes publics tels que le Centre national du registre de commerce (CNRC), les chambres de commerce et les associations de protection du consommateur. D’autres départements ministériels, dont ceux de la Santé, de l’Éducation nationale et des Affaires religieuses, y prennent également part afin de toucher toutes les franges de la société.
Les actions de sensibilisation cibleront les marchés, les grandes surfaces, les établissements scolaires et universitaires, ainsi que la restauration collective, souvent pointée du doigt pour les volumes importants de denrées jetées. Des journées d’étude, ateliers et rencontres de proximité seront organisés pour promouvoir une alimentation équilibrée, réduire la consommation excessive de sucre, de sel et de matières grasses, et rappeler l’importance du respect des règles d’hygiène et de sécurité sanitaire.
Enfin, M. Haridi a insisté sur le rôle central du citoyen dans la réussite de ce dispositif. Les consommateurs sont appelés à faire preuve de vigilance, à vérifier l’étiquetage et les dates de péremption, et à signaler toute infraction via le numéro vert 1020 ou le site officiel du ministère. Une participation active, a-t-il conclu, indispensable pour faire du Ramadhan 2026 un mois placé sous le signe de la modération, de la solidarité et de la responsabilité collective.
Par Réda Hadi
