Réindustrialisation, diversification des exportations, sécurité alimentaire… Le Président Tebboune fixe les priorités
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présenté, lors de sa rencontre avec les opérateurs économiques, une vision économique globale articulée autour d’axes majeurs tels que la ré-industrialisation, la diversification des exportations et la consolidation de la souveraineté économique. Ce discours, empreint de réalisme et de détermination, trace les contours d’un modèle de développement fondé sur la productivité, la rigueur et l’indépendance financière.

Dès l’entame de son intervention, le chef de l’État a réaffirmé sa volonté de reconstruire une économie nationale forte, après des décennies de désindustrialisation. Il s’est engagé à porter la contribution du secteur industriel à 13 % du produit intérieur brut (PIB), contre 3 % en 2019, rappelant qu’elle atteignait 18 % en 1972, avant l’effondrement du tissu productif. Pour lui, l’industrie doit redevenir le moteur de la croissance et le socle d’une économie diversifiée et souveraine.
Dans cette optique, la dynamique d’investissement enregistrée ces dernières années traduit un regain de confiance dans le marché algérien. Le président a salué les performances de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), qui a enregistré plus de 17 000 projets représentant près de 420 000 emplois potentiels à travers le pays. Il a également mis en avant la montée fulgurante des start-up, passées de 200 seulement à près de 10 000 aujourd’hui, qu’il a qualifiées de « fierté nationale » en raison de leur présence remarquée dans les forums économiques internationaux.
Mais au-delà des chiffres, Abdelmadjid Tebboune a tenu à rappeler que cette relance doit s’inscrire dans une logique de souveraineté économique. « La liberté d’un pays se mesure à son indépendance économique », a-t-il affirmé, rejetant tout recours à l’endettement extérieur. Selon lui, l’Algérie doit continuer à financer son développement par ses propres ressources, estimant que le pays « dispose de toutes les potentialités nécessaires pour porter son PIB à 400 milliards de dollars à l’horizon 2027». Dans ce cadre, le président a souligné l’importance de l’ancrage africain comme pilier stratégique de la politique économique nationale. Il a appelé les opérateurs à investir durablement dans le continent, non pas de manière ponctuelle, mais à travers des partenariats solides et des chaînes de valeur intégrées.
Nécessité de bâtir un système fiscal juste et moderne
L’Afrique, a-t-il insisté, représente « un marché naturel pour l’économie algérienne, un espace d’opportunités et de complémentarité, où l’Algérie doit consolider sa position de puissance industrielle émergente ».Cette ambition africaine s’accompagne d’un appel à la rigueur fiscale et à une gestion équitable des ressources nationales. Abdelmadjid Tebboune a réitéré la nécessité de bâtir un système fiscal juste et moderne, où « chacun contribue selon ses moyens ». Il a rappelé que les faibles revenus continueront d’être protégés, tandis que les grandes entreprises et les secteurs rentables devront participer plus activement au financement de l’économie nationale. La fiscalité, a-t-il souligné, doit devenir un outil de transparence, de justice sociale et de consolidation de la souveraineté budgétaire. Sur le plan agricole, le président a insisté sur la sécurité alimentaire comme fondement de l’indépendance nationale.
Il a rappelé les efforts déployés pour atteindre l’autosuffisance en blé et a déploré certains manquements dans la restitution des aides accordées par l’État, tout en appelant à une agriculture moderne, productive et connectée à l’industrie agroalimentaire. Enfin, Tebboune a conclu son intervention par une mise au point politique forte : « L’État fort est celui qui dispose d’une économie forte, d’une armée forte et d’un peuple conscient et nationaliste ». À travers cette trilogie, il a résumé sa vision d’une Algérie souveraine, où la puissance économique, la stabilité institutionnelle et la conscience patriotique forment un tout indissociable.
Inatel appelée à accélérer la mise en œuvre de son contrat avec le Nigeria

Par ailleurs, le chef de l’Etat a appelé l’entreprise publique Inatel à accélérer la cadence de production et à honorer ses engagements dans le cadre du contrat de vente de terminaux de paiement électronique (TPE) signé avec le Nigeria. Ce partenariat, conclu lors de la Foire commerciale intra-africaine (IATF 2025) tenue récemment à Alger, porte sur la fourniture de deux millions d’unités destinées au marché nigérian, pour une valeur estimée à plus de 300 millions de dollars. Lors de son intervention, Tebboune s’est montré particulièrement ferme quant à la nécessité de concrétiser cet accord sans délai.
« Vous avez aujourd’hui un accord avec le Nigeria, la plus grande puissance démographique et économique d’Afrique. Vous ne pouvez pas vous permettre de perdre du temps », a-t-il déclaré, mettant en garde contre tout report ou ralentissement dans la mise en œuvre du contrat. Et d’ajouter : « Il est inadmissible de dire chaque jour qu’on a besoin de six ou sept mois supplémentaires. Il faut produire, livrer et élargir la coopération ».
Le président a également réagi aux déclarations du directeur d’Inatel, qui avait annoncé que la capacité de production actuelle de l’usine atteint 6 000 unités par jour. Une cadence que Tebboune juge encore insuffisante au regard de l’ampleur du marché et des ambitions fixées. « Vous devez ouvrir de nouveaux ateliers, étendre la capacité de production et moderniser vos moyens », a-t-il insisté, appelant à un véritable sursaut industriel.
Par Mourad A.
