23/04/2026
ACTUALITENATIONAL

Mise en place du nouveau découpage administratif : Le ministère de l’Intérieur à pied d’œuvre

Une transition progressive jusqu’à fin 2026 pour rapprocher l’administration du citoyen et réduire les disparités régionales. L’Algérie engage une transformation de son organisation territoriale avec l’adoption officielle d’un nouveau découpage administratif portant le nombre de wilayas à 69. Actée le 4 avril dans le Journal officiel, cette réforme s’inscrit dans une vision stratégique portée par les plus hautes autorités du pays, visant à moderniser la gouvernance locale et à accélérer le développement équilibré des territoires.

Invité à s’exprimer sur ce chantier structurant, Mohamed Ferrari, chargé du dossier des nouvelles wilayas au Cabinet du ministère de l’Intérieur, a détaillé les contours et les objectifs de cette réorganisation. Selon lui, cette réforme répond à un engagement du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de revoir la carte administrative afin de mieux prendre en charge les besoins des citoyens, notamment dans les régions éloignées.

Le passage de 58 à 69 wilayas repose sur la promotion de 11 circonscriptions administratives au rang de wilayas à part entière. Ce redécoupage, précise M. Ferrari, s’appuie sur des critères scientifiques et techniques visant à garantir une meilleure efficacité administrative. Il concerne directement plus de 2,5 millions d’habitants, ainsi que 40 daïras et 108 communes.

L’un des principaux objectifs de cette réforme est de réduire les disparités territoriales en rapprochant l’administration des citoyens. « Il s’agit d’assurer une meilleure répartition des ressources et de renforcer la gouvernance locale », souligne-t-il.

Les nouvelles wilayas seront dotées d’Assemblées populaires de wilaya (APW), favorisant ainsi une gestion démocratique et participative des affaires publiques. Sur le plan financier, les nouvelles wilayas bénéficieront progressivement de budgets de fonctionnement et d’équipement, en vue d’atteindre une autonomie budgétaire complète à l’issue de la transition. Un travail est également en cours pour organiser le transfert des actifs, des passifs et des recettes fiscales entre anciennes et nouvelles entités administratives.

Des investissements massifs pour le développement local

Dans le cadre de cette réforme, un budget conséquent a été mobilisé pour soutenir le développement local. Environ 22 milliards de dollars ont été engagés pour financer des projets de proximité, notamment dans les domaines de l’aménagement urbain, des infrastructures et de l’amélioration du cadre de vie.

Au-delà des infrastructures administratives, l’État prévoit le déploiement progressif de l’ensemble des services publics dans les nouvelles wilayas. Cela inclut les secteurs de la santé, de l’éducation, des télécommunications et de l’énergie, avec l’installation d’organismes tels que Sonelgaz, Algérie Télécom ou encore les chambres de commerce et d’agriculture.

Pour accompagner cette transformation, une vaste opération de recrutement a été lancée. Au total, 1 800 postes budgétaires sont prévus en deux phases. La première, déjà finalisée, a permis le recrutement de 1 200 cadres, principalement des jeunes diplômés dans les domaines de l’administration et de l’ingénierie. Une seconde phase de 600 postes doit être lancée prochainement.

Fait notable, cette opération s’appuie sur une plateforme numérique développée par le ministère de l’Intérieur, permettant un recrutement entièrement dématérialisé. Ce dispositif vise à garantir transparence, rapidité et efficacité dans le traitement des candidatures.

La numérisation constitue un axe central de cette réforme. Les nouvelles wilayas bénéficieront de systèmes d’information modernes et de services publics numériques, facilitant les démarches administratives et améliorant la qualité des prestations offertes aux citoyens  Cette dynamique sera progressivement étendue à l’ensemble des secteurs, afin d’assurer une transformation digitale cohérente à l’échelle nationale.

Avec ce redécoupage, l’Algérie ambitionne ainsi de poser les bases d’un développement territorial plus équilibré, en phase avec les attentes des citoyens et les défis économiques à venir.

Par Réda Hadi

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