Sommet algéro–allemand de l’investissement: L’Algérie mise sur une nouvelle dynamique industrielle
Placée sous le haut patronage du ministère de l’Industrie, la nouvelle édition du ‘’German Algerian Investment Summit’’ a réuni, durant deux jours (9 et 10 décembre2026), responsables institutionnels, industriels et opérateurs économiques des deux pays. À cette occasion, le secrétaire général du ministère de l’Industrie, Kheireddine Benaissa, a salué l’initiative portée par la Chambre algéro–allemande de commerce et d’industrie (AHK Algérie), tout en soulignant l’importance de ce cadre de dialogue économique bilatéral.

Dès l’ouverture de son allocution, M. Benaissa a exprimé sa « profonde gratitude » à l’AHK pour l’organisation de cet événement, rappelant qu’il s’agit d’un « rendez-vous économique majeur » qui s’inscrit dans la tradition d’une coopération qui se renforce depuis plusieurs décennies. Ce sommet intervient dans un contexte où l’Algérie accélère sa transformation économique. Le pays s’est engagé dans un nouveau modèle de développement axé sur la diversification industrielle, le soutien à la compétitivité des entreprises et la réduction de la dépendance vis-à-vis des importations.
Selon M. Benaissa, l’investissement est aujourd’hui considéré comme « l’outil central de création de richesse, de croissance durable et d’emploi ». Cette orientation s’inscrit dans la volonté de l’Algérie d’atteindre les objectifs du développement durable (ODD), à travers : la construction d’une base industrielle robuste, l’optimisation des ressources, l’amélioration de l’efficacité énergétique, et une meilleure intégration dans les chaînes de valeur mondiales. Cette stratégie intégrée repose sur quatre axes majeurs : la création d’emplois, la substitution aux importations, le développement des exportations, et la rationalisation des dépenses publiques.
Dans son discours, M Benaissa, a rappelé qu’afin d’accompagner ces objectifs, l’État a engagé une série de réformes structurantes. La nouvelle loi sur l’investissement, adoptée pour plus de flexibilité et de lisibilité, constitue l’un des piliers de cette transformation. Les pouvoirs publics s’emploient également à restructurer le foncier économique, simplifier les procédures d’investissement, encourager la sous-traitance, promouvoir les partenariats industriels, soutenir les startups et l’innovation, digitaliser les services publics pour plus de transparence, réorganiser les filières industrielles afin de clarifier leur gouvernance. L’objectif est clair : offrir un environnement compétitif et cohérent, susceptible d’attirer davantage d’investissements étrangers, notamment ceux en provenance d’Allemagne.
L’Allemagne, partenaire stratégique de l’Algérie
Dans son intervention, le secrétaire général du ministère de l’Industrie a rappelé le rôle central de l’Allemagne, l’un des partenaires européens les plus importants de l’Algérie. Les relations entre les deux pays s’appuient sur un volume d’échanges significatif, des investissements à haute valeur technologique, et une coopération active dans la formation et le transfert de compétences.
En somme, l’Algérie entend mettre à profit son potentiel pour attirer davantage d’entreprises allemandes, notamment dans les domaines prioritaires : tels que les énergies renouvelables (hydrogène vert, solaire, éolien, technologies propres) ; les industries mécaniques et électromécaniques ; la sous-traitance industrielle, particulièrement dans les moules et pièces techniques ; l’ingénierie industrielle et optimisation des chaînes de production ; les industries de précision et matériaux avancés ;ainsi que l’industrie chimique ; et les solutions logistiques et numériques intégrées aux chaînes industrielles. Pour les autorités algériennes, ces secteurs constituent des niches stratégiques où l’expertise allemande pourrait jouer un rôle déterminant.
Un partenariat algéro–allemand en pleine maturité
Au-delà des échanges commerciaux, l’Algérie et l’Allemagne entretiennent depuis plusieurs années une relation fondée sur la confiance, l’expertise et un intérêt mutuel pour un développement industriel durable. Cette coopération se traduit par des projets industriels, des programmes de formation, ainsi que des transferts technologiques qui visent à renforcer l’outil productif algérien.
En clôturant son intervention, M. Benaissa a réaffirmé l’importance de ce forum comme espace de dialogue stratégique. Il a exprimé l’espoir de voir ce sommet déboucher sur des projets concrets, porteurs de croissance et d’emplois dans les deux pays. Il a également réitéré les remerciements du ministère à l’AHK et à l’ensemble des participants, mettant en avant la nécessité de poursuivre cette dynamique pour renforcer un partenariat qui s’inscrit désormais dans une vision partagée de développement industriel durable.
Par Réda Hadi
