28/05/2024
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Abdelmadjid Attar, ancien ministre de l’Energie: «Nous souhaitons que le Sommet du GECF puisse aboutir à un consensus»

L’Algérie abritera dès demain jeudi le 7éme Sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF). Un rendez-vous capital qui se tient dans une conjoncture difficile marquée par des bouleversements géopolitiques, et un monde qui est en train de vivre une troisième guerre mondiale « énergétique».

 Il est attendu des chefs d’Etats et de gouvernements des pays membres de ce Forum de trouver un terrain d’entente sur des questions importantes en lien notamment avec l’industrie du gaz, l’approvisionnement du marché et surtout celle des prix.

 Selon l’ancien ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, le monde est en train de vivre une troisième guerre mondiale « énergétique»  dont les objectifs derrière la sécurité énergétique sont le contrôle des ressources des échanges et le contrôle des marchés et par conséquent des prix au détriment des producteurs.

«Le GECF n’est pas une organisation comme l’OPEP ou l’Opep+ mais ses intérêt ou du moins de beaucoup de ses membres peuvent être menacés par : l’aboutissement de l’un de ces objectifs ou la naissance d’une compétition interne entre ses membres au détriment de leurs économies qui reposent sur les ressources qu’ils détiennent», a souligne Abdelmadjid Attar au Forum d’El Moudjahid, en indiquant que ce 7e Sommet du GECF revêt une importance cruciale au regard des enjeux qui entourent actuellement l’industrie gazière.

«Nous souhaitons que ce Sommet puisse aboutir à un consensus et une cohésion entre les pays producteurs et que celle-ci soit construite d’abord pour la souveraineté des pays sur les ressources et de mettre en place les mécanismes des projets de coopération pour améliorer et garantir et protéger la souveraineté des pays d’abord sur la ressource. Deuxièmement, un mécanisme d’échanges d’informations de coopération pour la maîtrise des prix. J’espère que les pays de GECF puissent s’entendre sur la fixation des prix et aussi s’entendre sur au moins en matière de contrats (quelles types de contrats)», souligne l’ancien ministre.

Pour lui, l’Algérie qui avait joué un rôle historique au sein de l’OPEP en matière de rapprochement des positions et de construction de consensus au sein de l’Opep devrait lui permettre cette fois aussi de faire aboutir des décisions qui pourraient être historiques au sein du GECF. Il a fait observer que depuis 2022, il n’y a pas eu de mise en œuvre de résolutions. Donc le Sommet d’Alger se présente comme le moment idéal pour prendre des décisions historiques et réédité le succès de l’Opep en 2016 à Alger.  «J’espère que les pays du GECF s’entendront sur des mécanismes de fixation et de définition des prix», a-t-il insisté, estimant qu’il est difficile de constituer une Opep de gaz actuellement. Une chose qui s’expliquait par les intérêts aussi bien politiques, économiques et les alliances de certains pays membres du GECF qui ne concordent pas avec les intérêts de ce groupe.

En effet, les pays du GECF doivent œuvrer à la réalisation des objectifs communs tels que le contrôle des ressources, du marché et des échanges et surtout d’éviter de rentrer en compétition interne entre ses membres au détriment de leurs économies qui reposent sur les ressources qu’ils détiennent. Leur union fera la force, a-t-il fait remarquer, rappelant que le poids des pays du GECF sur la scène énergétique mondiale est important. Ils détiennent 70% des réserves mondiales avec 144.000 milliards de mètres cubes, dont la majeure partie (40%) au Moyen-Orient, et 42% de la production mondiale avec 1.650 milliards de mètres cubes. Le GECF capitalise également 60% des exportations mondiales de GNL. Ce qui fait de lui un acteur principal du paysage énergétique mondial.

Par Zahir R

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