Hydrocarbures: « Algeria Bid Round 2026 » lancé
Le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a présidé dimanche à Alger le lancement de l’appel d’offres « Algeria Bid Round 2026 », portant sur sept périmètres d’exploration. Ce nouvel appel à la concurrence s’inscrit dans l’accélération de la stratégie nationale visant à attirer les capitaux internationaux et à maximiser le potentiel énergétique du pays.

D’emblée, le ministre a souligné la portée de cette démarche, la qualifiant de « nouvelle étape importante dans le processus de développement du secteur des hydrocarbures ». S’inscrivant dans la continuité de la dynamique positive observée lors de l’édition 2024, ce nouveau round ambitionne de consolider la confiance des investisseurs étrangers dans le climat des affaires en Algérie. « Cet appel d’offres traduit la volonté de poursuivre le développement du secteur sur des bases modernes fondées sur la transparence, l’efficacité et des partenariats équilibrés », a-t-il affirmé.
Au-delà de l’ouverture de nouvelles zones d’exploration, « Algeria Bid Round 2026 » s’inscrit dans une vision plus globale. Il s’agit, selon Arkab, de valoriser de manière optimale les ressources nationales tout en favorisant le transfert de technologies et le renforcement des compétences locales. Dans un contexte international marqué par des mutations géopolitiques et énergétiques rapides, l’Algérie entend consolider son rôle de fournisseur fiable et de partenaire énergétique de premier plan, notamment grâce à sa proximité stratégique avec les marchés européens et à la qualité de ses infrastructures d’exportation. Le ministre a également insisté sur la dimension industrielle de cette dynamique, mettant en avant le rôle central de la sous-traitance nationale.
Les petites et moyennes entreprises ainsi que les start-ups sont appelées à jouer un rôle clé dans la chaîne de valeur, notamment dans les services techniques, la maintenance et la fourniture d’équipements spécialisés. « Cet appel d’offres représente une véritable opportunité pour renforcer la sécurité énergétique mondiale », a-t-il ajouté, tout en rappelant les ambitions du pays de devenir un hub énergétique régional à travers des projets structurants, à l’image du gazoduc transsaharien.
De son côté, le président de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures, Samir Bekhti, a mis en avant la portée stratégique de ce lancement. « Ce moment représente un positionnement stratégique pour notre pays et une projection résolue vers l’avenir », a-t-il déclaré, soulignant que l’Algérie fait aujourd’hui le choix de « la stabilité, de la clarté et de la fiabilité » dans un environnement énergétique mondial de plus en plus concurrentiel. Dans son intervention, Bekhti a insisté sur la transformation du modèle de gouvernance du secteur. L’Algérie, a-t-il expliqué, ne se limite plus à son statut de pays de ressources, mais s’affirme désormais comme un pays de décision et d’exécution. Cette évolution s’est traduite par une refonte du cadre contractuel et par l’introduction de mécanismes plus flexibles, conçus en concertation avec les investisseurs.

« Nous sommes passés d’une logique administrative à une logique économique, et d’une approche procédurale à une approche par projet », a-t-il précisé. Les blocs proposés dans le cadre de ce round ont été sélectionnés selon des critères rigoureux, combinant potentiel géologique avéré et perspectives de développement immédiates. Pour ALNAFT, il s’agit de proposer «des opportunités réelles, bien documentées et exploitables », répondant aux exigences de rentabilité et de visibilité des grandes compagnies énergétiques.
En somme, « Algeria Bid Round 2026 » traduit une ambition claire : inscrire durablement l’Algérie parmi les destinations énergétiques les plus compétitives et fiables à l’échelle mondiale. Dans un contexte où les opportunités de qualité se raréfient, le pays mise sur la stabilité de son cadre réglementaire, la richesse de ses ressources et la crédibilité de ses institutions pour attirer des partenariats de long terme.
La remise des offres prévue le 26 novembre prochain
Sur le plan technique et organisationnel, « Algeria Bid Round 2026 » repose sur un dispositif modernisé piloté par ALNAFT, sous l’égide du ministère des Hydrocarbures et en coordination avec Sonatrach. L’introduction du « Nomination Process », lancée fin 2025, constitue une évolution notable, en ce sens qu’elle permet d’intégrer en amont les attentes des investisseurs dans la structuration de l’offre. Le calendrier encadre précisément les différentes étapes, avec l’ouverture des data rooms physiques et virtuelles dès le 1er juin 2026, la remise des offres prévue le 26 novembre, avant la signature des contrats fin janvier 2027.
Entièrement numérisé, le processus s’appuie sur le cadre juridique de la loi 19-13, qui clarifie la répartition des rôles entre les institutions et impose notamment la présence de Sonatrach comme partenaire majoritaire. Il prévoit également deux modèles contractuels distincts, entre contrats de participation et contrats de partage de production, dans un environnement fiscal repensé pour améliorer la compétitivité, avec des redevances modulables, une fiscalité progressive et d’importantes exonérations sur les activités amont.
Parallèlement, les caractéristiques techniques des projets proposés confirment le potentiel significatif des sept zones mises en compétition, qui combinent exploration pure et développement de découvertes déjà identifiées. Des périmètres comme Illizi Centre 1 illustrent cette approche, avec un bassin déjà partiellement foré, des découvertes avérées en pétrole et en gaz, ainsi que des infrastructures existantes facilitant une mise en production rapide. À cela s’ajoute le projet de M’Zaid Nord, situé dans le bassin d’Oued Mya, qui bénéficie d’une couverture sismique 3D particulièrement dense et d’un environnement géologique favorable à l’optimisation de la production et à l’exploration de nouveaux gisements.
L’évaluation des offres reposera sur des critères techniques rigoureux, intégrant la qualité des données sismiques, les programmes de forage et les techniques de récupération assistée, en complément d’une analyse financière adaptée. Cette démarche s’inscrit également dans une logique de durabilité, marquée notamment par l’interdiction stricte du torchage du gaz, traduisant l’évolution du cadre réglementaire vers des standards environnementaux plus exigeants.
Par Selma R.
