Visite du président Tebboune en Turquie: Un nouvel élan pour les relations algéro-turques
La visite officielle effectuée par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, en Turquie marque une nouvelle étape dans les relations algéro-turques, désormais orientées vers la construction d’un partenariat stratégique global fondé sur l’intégration économique, la diversification des échanges et la convergence politique sur plusieurs dossiers régionaux et internationaux.

La tenue, à Ankara, de la première session du Conseil de coopération stratégique de haut niveau algéro-turc marque une étape importante dans les relations entre les deux pays et traduit une volonté politique commune d’élever la coopération bilatérale à un niveau supérieur.
Cette orientation s’est traduite par la signature d’une série d’accords et de mémorandums d’entente couvrant plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’industrie, le commerce, l’agriculture, l’investissement, les transports, les télécommunications, les médias et la gestion des catastrophes.
Parmi les accords signés figure une déclaration conjointe relative au lancement de négociations pour la conclusion d’un accord commercial préférentiel entre les deux pays, considéré comme une étape importante vers l’intensification des échanges économiques et l’amélioration de l’accès des produits algériens et turcs aux deux marchés.
Les deux parties ont également renforcé leur coopération dans le domaine de la promotion des investissements à travers un mémorandum d’entente entre l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et le Bureau turc de l’investissement et du financement.
Dans le secteur industriel, plusieurs accords ont été conclus portant sur la normalisation, l’évaluation de la conformité, la formation et le développement des petites et moyennes entreprises (PME), traduisant l’intérêt accordé par les deux pays au transfert de technologie et au développement industriel.
Le domaine agricole a également occupé une place importante dans les discussions bilatérales. Un accord de coopération a été signé dans le domaine de la protection des végétaux et de la quarantaine agricole, dans le cadre du renforcement des échanges techniques et de la coopération en matière de sécurité alimentaire.
Les deux pays ont en outre signé des accords portant sur les transports routiers internationaux, les télécommunications, les services postaux ainsi que la reconnaissance mutuelle des permis de conduire.
Vers un objectif de 10 milliards de dollars d’échanges
L’économie constitue aujourd’hui le principal moteur du rapprochement entre Alger et Ankara. Lors de sa déclaration conjointe avec le président Tebboune, le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé la volonté de son pays de poursuivre le développement de la coopération avec l’Algérie dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, les mines, les transports et l’agriculture.
Le président turc a rappelé que l’Algérie figure parmi les principaux partenaires commerciaux de la Turquie en Afrique, soulignant l’objectif commun fixé par les deux pays d’atteindre un volume d’échanges commerciaux de 10 milliards de dollars.
Selon les chiffres présentés lors du Forum d’affaires algéro-turc, les échanges bilatéraux ont dépassé les 6 milliards de dollars en 2025, confirmant la dynamique ascendante des relations économiques entre les deux pays.
Cette dynamique est portée par une présence croissante des entreprises turques en Algérie. Selon le directeur général de l’AAPI, Omar Rekkache, plus de 90 projets d’investissement turcs ont été enregistrés depuis la promulgation de la nouvelle loi sur l’investissement, tandis qu’une trentaine d’entreprises turques préparent actuellement de nouveaux projets.
Ces investissements concernent principalement les secteurs industriels, les mines, l’agriculture, le bâtiment et les services, faisant de la Turquie l’un des partenaires économiques les plus actifs en Algérie.
Le Forum d’affaires algéro-turc, organisé avec la participation de plus de 300 opérateurs économiques des deux pays, a d’ailleurs mis en évidence la volonté des deux parties d’aller vers un partenariat économique intégré basé sur la complémentarité industrielle et la création de valeur ajoutée. Pour les observateurs, la création du Conseil de coopération stratégique de haut niveau constitue désormais un cadre institutionnel permettant d’assurer un suivi régulier des projets communs et d’approfondir davantage les relations bilatérales.
Dans un contexte international marqué par les recompositions économiques et géopolitiques, Alger et Ankara semblent ainsi déterminées à construire un partenariat durable fondé sur des intérêts communs, la diversification économique et une coopération élargie dans les secteurs stratégiques.
Par S R.
