Avec une nouvelle centrale solaire à Guerrara: L’Algérie accélère sa transition énergétique
L’Algérie poursuit résolument sa marche vers la diversification de son mix énergétique. Mardi, à Guerrara, dans la wilaya de Ghardaïa, le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mourad Adjal, a procédé au lancement officiel des travaux de réalisation d’une centrale solaire photovoltaïque d’une capacité de 82 mégawatts, un projet stratégique qui s’inscrit dans la politique nationale de développement des énergies propres.

Implantée sur une superficie de près de 200 hectares dans la zone de Coudiat Ech-Chouf, à environ 100 kilomètres au nord-est du chef-lieu de wilaya, cette nouvelle infrastructure vient renforcer le dispositif énergétique de Ghardaïa, région pionnière dans l’exploitation de l’énergie solaire. S’exprimant à cette occasion, le ministre a souligné que ce projet contribuera non seulement à accroître la production d’électricité d’origine photovoltaïque, mais aussi à créer des opportunités d’emploi, tant durant la phase de réalisation que lors de l’exploitation de la centrale.
Selon M. Adjal, la wilaya de Ghardaïa occupe déjà une place de choix dans le paysage énergétique national. Elle bénéficie d’une autonomie énergétique dépassant les 1.200 mégawatts, dont près de 300 MW sont exploités durant la période estivale, marquée par une forte demande. À cela s’ajoute le raccordement à l’électricité de quelque 1.600 exploitations agricoles, un indicateur révélateur de l’importance accordée au soutien du secteur agricole par un approvisionnement énergétique fiable et durable.
Au-delà de l’échelle locale, le ministre a tenu à rappeler les avancées significatives réalisées par l’Algérie dans le domaine de l’énergie, notamment renouvelable. Le pays s’affirme aujourd’hui comme un pôle énergétique majeur à l’échelle africaine, grâce à une vision stratégique qui combine valorisation des ressources conventionnelles et montée en puissance des énergies propres. À titre d’exemple, M. Adjal a évoqué les efforts déployés pour la concrétisation d’un vaste projet énergétique reliant le nord au sud du pays sur plus de 1.600 kilomètres, structuré en plusieurs étapes, et destiné à renforcer l’intégration du réseau national.
La visite ministérielle à Ghardaïa a également été marquée par l’inspection du projet de transformateur de poste électrique de haute tension (60/30 kilovolts) dans la commune d’Oued-Nechou. Cette infrastructure est jugée essentielle pour le renforcement du réseau électrique local et pour assurer une alimentation régulière des zones d’habitation ainsi que des opérateurs économiques, notamment les agriculteurs et les industriels. Les responsables du projet ont expliqué à la délégation ministérielle que ce poste permettra de répondre aux besoins croissants liés au développement local et à l’expansion des activités économiques dans la région.
Sur place, le ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer le rythme des travaux afin de livrer le projet avant la fin de l’année prochaine, tout en veillant au strict respect des normes de qualité technique. Il a rappelé que la fiabilité des infrastructures électriques constitue un pilier fondamental pour la réussite de la transition énergétique et pour l’attractivité économique des régions du Sud.
Cette visite s’inscrit dans un contexte national marqué par une volonté affirmée de faire de l’énergie solaire un levier central du développement durable. Dotée d’un ensoleillement parmi les plus élevés au monde, l’Algérie dispose d’un potentiel solaire considérable, que les autorités entendent exploiter à travers des projets structurants, à l’image de la centrale de Guerrara. Ces initiatives visent à réduire progressivement la dépendance auxénergies fossiles, à préserver les ressources naturelles et à répondre à une demande énergétique en constante augmentation.

La tournée de travail du ministre s’est poursuivie par une rencontre de coordination avec les autorités locales et les cadres du secteur de l’énergie, consacrée à l’évaluation des projets en cours et à la levée des contraintes éventuelles. Elle s’est achevée par la visite de l’Institut des énergies renouvelables, situé dans la commune de Bounoura, symbole de l’investissement de l’Algérie dans la formation, la recherche et l’innovation dans ce domaine stratégique.
À travers ces projets et ces actions de terrain, l’Algérie confirme sa détermination à accélérer sa transition énergétique, en faisant de l’énergie solaire un moteur de croissance, de création d’emplois et de développement équilibré entre les régions.
Par Réda Hadi
