Axée sur la transformation locale et la création de valeur : Le secteur minier amorce une nouvelle phase
Le ministre des Mines et des Industries minières, Mourad Hanifi, a affirmé jeudi dernier à Oum El Bouaghi, que l’Algérie est engagée dans une nouvelle étape de développement de son secteur minier, fondée sur la valorisation des ressources naturelles, la transformation locale et l’intégration industrielle. Une orientation stratégique qui, selon lui, doit permettre de faire des richesses minières un véritable moteur de diversification économique et de création d’emplois.
S’exprimant à l’occasion de la célébration du 60e anniversaire de la nationalisation des mines et du 59e anniversaire de la création de la Sonarem, le ministre a souligné que cette commémoration dépasse le simple cadre historique. Elle représente, a-t-il indiqué, « une page fondatrice de l’histoire économique nationale », marquant la pleine souveraineté de l’Algérie sur ses ressources minières depuis l’indépendance.
La cérémonie, organisée dans la commune d’Ouled Hamla, dans la wilaya d’Oum El Bouaghi, a été marquée par l’inauguration d’une unité industrielle de transformation de la dolomie dans la localité de Tioult. Un projet que le ministre a qualifié de symbole de la nouvelle dynamique engagée dans le secteur minier algérien.
Dans son allocution, Mourad Hanifi a insisté sur le fait que les ressources minières ne doivent plus être considérées comme de simples matières premières destinées à l’extraction et à l’exportation brute. Désormais, a-t-il expliqué, elles doivent être intégrées dans des chaînes de valeur industrielles capables de répondre aux besoins de l’économie nationale.
« Le message est clair : il n’est plus possible de considérer la ressource minière comme une simple matière extraite du sous-sol. Elle doit être transformée localement et reliée directement aux besoins réels du tissu industriel national », a-t-il déclaré devant les cadres du secteur, les autorités locales et plusieurs responsables économiques.
Le ministre a rappelé que la création récente d’un ministère indépendant des Mines et des Industries minières traduit la volonté des pouvoirs publics d’ériger ce secteur au rang de pilier stratégique de l’économie nationale. Cette décision, a-t-il précisé, s’inscrit dans la vision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui place la diversification économique, la transformation locale et l’investissement productif au cœur de la relance économique.
Selon lui, cette nouvelle gouvernance vise à renforcer l’attractivité du secteur, accélérer la concrétisation des grands projets miniers et améliorer l’intégration industrielle nationale.
Une unité industrielle stratégique à Ouled Hamla
L’unité inaugurée à Tioult constitue l’une des nouvelles infrastructures destinées à soutenir cette orientation industrielle. Relevant du groupe Sonarem, elle dispose d’une capacité de production annuelle de 100.000 tonnes et comprend deux lignes distinctes : l’une dédiée à la production de dolomie broyée et l’autre à la fabrication de dolomie calcinée, également appelée chaux dolomitique.
Cette matière est utilisée dans plusieurs secteurs industriels stratégiques, notamment la sidérurgie, l’industrie du verre, les matériaux de construction, la céramique, les engrais et même certains produits cosmétiques.
Pour le ministre, ce projet illustre parfaitement la possibilité de développer des industries minières locales à forte valeur ajoutée, sans attendre uniquement les grands complexes industriels nationaux. Il a estimé que des unités régionales de transformation peuvent contribuer efficacement au développement économique des wilayas, à l’émergence d’un tissu de sous-traitance et à la création d’opportunités pour les jeunes compétences.
«Le développement minier doit profiter à toutes les régions du pays et soutenir l’activité économique locale », a-t-il affirmé, soulignant l’importance de créer des passerelles entre l’exploitation minière et les industries de transformation.
Au-delà du projet de Tioult, Mourad Hanifi a évoqué plusieurs grands projets miniers considérés comme des leviers majeurs pour l’économie nationale. Il a notamment cité le projet de Gara Djebilet dans la filière du fer, le projet intégré des phosphates destiné à développer l’industrie des engrais, ainsi que le projet de Tala Hamza-Oued Amizour consacré au zinc et au plomb.
Selon le ministre, ces projets constituent les fondations d’une économie nationale diversifiée, capable de réduire la dépendance aux hydrocarbures et de renforcer la souveraineté productive du pays.
Il a également insisté sur la nécessité de développer des chaînes de valeur intégrées, d’encourager le transfert de technologie et de renforcer la formation des compétences nationales afin d’accompagner la modernisation du secteur minier.
Le ministre a par ailleurs rappelé que les ressources minières sont des richesses épuisables qui doivent être exploitées de manière rationnelle, transparente et durable. Il a insisté sur l’importance de préserver l’environnement et les droits des générations futures dans toutes les politiques de développement minier.
« Notre ambition est de bâtir un secteur qui produise davantage, mais surtout qui transforme mieux », a-t-il souligné, appelant les acteurs du secteur à faire preuve de discipline, de rigueur et d’un haut sens des responsabilités.
Par Réda Hadi
