01/03/2024
AFRIQUEACTU

Afrique: Plaidoyer pour la réforme du FMI

En marge des réunions de printemps du FMI, le Groupe de travail africain de haut niveau sur l’architecture financière mondiale a tenu des discussions sur la définition d’une nouvelle architecture financière mondiale. Plusieurs réformes ont été proposées, faisant écho à celles proposées par le G-24.

Dans un communiqué publié par la commission économique des Nations-Unies pour l’Afrique (CEA), les ministres africains des finances, de la planification et du développement économique ont réitéré leur appel à réformer le Fonds monétaire international (FMI). Dans leur plaidoyer, les responsables ont insisté sur la nécessité d’assurer la disponibilité des prêts, d’améliorer leurs conditions et de remédier aux déséquilibres systémiques.

A l’occasion d’une rencontre du Groupe de travail africain de haut niveau sur l’architecture financière mondiale dont ils sont membres et qui est piloté par la CEA, les ministres se sont dit préoccupés par le manque de ressources du Fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (PRGT) du FMI qui accorde des prêts concessionnels aux Pays à faible revenu. Pour faire face au problème, ils proposent d’augmenter les promesses de financement du PRGT afin d’assurer sa durabilité à long terme et de mettre fin au remboursement de ses frais administratifs. Ces mesures, auxquelles pourrait s’ajouter la vente d’une partie des réserves d’or du FMI à moyen terme, viseraient à accroître les disponibilités de financements.

« Le Groupe a également noté la forte utilisation des facilités de prêt d’urgence du FMI – la Facilité de crédit rapide (RCF) et l’Instrument de financement rapide (RFI) – par les pays qui répondent à la pandémie de COVID-19. Le doublement temporaire des limites d’accès annuelles à ces facilités, d’avril 2020 à décembre 2021, a libéré d’importantes sommes de liquidités. Dans le contexte des multiples crises actuelles, les ministres ont exhorté le FMI à relever les limites d’accès annuelles du RCF et du RFI de 50 % à 100 % de la quote-part tout en maintenant les limites d’accès cumulées plus élevées, soit à 150 % de la quote-part jusqu’à au moins la fin de 2024 » précise également le communiqué.

En dehors de l’augmentation des financements, les ministres ont également demandé le plafonnement du taux d’intérêt du DTS dans le cadre du Fonds de résilience et de durabilité (RST), en particulier pour les pays à faible revenu, ainsi que la suppression ou la suspension des commissions additionnelles du Fonds.

Il faut souligner que le plaidoyer des ministres africains est intervenu en marge des réunions de printemps de 2023 organisées par le Groupe de la Banque mondiale (GBM) et le Fonds monétaire international (FMI) à Washington D.C. Il fait écho à un appel émis lors de ces mêmes réunions par le groupe intergouvernemental des 24 (G-24), qui a appelé à une réforme du Fonds.

D’ailleurs les axes de réformes préconisées par le G-24 et les ministres africains se rejoignent sur plusieurs points, soulignant ainsi l’urgence de ces questions. Parmi celles-ci figurent la réforme du système des quotes-parts, l’amélioration de la représentativité de l’Afrique subsaharienne, ainsi que l’adoption de mesures concrètes dès 2023 afin de réduire les déséquilibres systémiques et définir une nouvelle architecture financière mondiale.

R I

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