10/05/2026
AGRICULTURE/PÊCHE

Agriculture: Nécessité de renforcer les passerelles entre la recherche et le terrain

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine Oualid, a mis en avant l’importance stratégique de la recherche scientifique dans le développement du secteur agricole, soulignant la nécessité d’en faire un levier direct de la production nationale.

Intervenant hier lors d’une rencontre consacrée organisée par l’Institut National de la Recherche Agronomique d’Algérie (INRAA), le ministre a insisté sur le contexte climatique de plus en plus contraignant, marqué par la hausse des températures et la multiplication des aléas, appelant à redoubler d’efforts pour développer des solutions adaptées à ces nouvelles conditions.

Au cœur de son intervention, Yacine Oualid a déploré que de nombreux travaux scientifiques réalisés en Algérie restent insuffisamment exploités. « L’un de nos objectifs aujourd’hui est de faire sortir ces recherches des tiroirs et de leur permettre d’avoir un impact réel sur la production », a-t-il affirmé, mettant en avant la nécessité de renforcer les passerelles entre la recherche et le terrain.

Le ministre a particulièrement insisté sur les cultures stratégiques, notamment le blé, dont les rendements demeurent en deçà des attentes. Il a appelé à une amélioration du parcours technique, à une meilleure sélection des semences adaptées aux différentes régions et à une utilisation plus rationnelle des intrants agricoles. Dans ce cadre, il a annoncé le lancement d’une opération nationale d’analyse des sols, visant à mieux cerner leurs caractéristiques et à optimiser l’utilisation des fertilisants.

Il a également souligné l’importance de l’irrigation intelligente, permettant de concilier économie d’eau et amélioration des rendements. Abordant la question des pertes agricoles, le ministre a révélé que 30 à 40 % de la production est perdue chaque année en raison de maladies et de contraintes phytosanitaires. Il a ainsi plaidé pour le développement d’une industrie nationale d’intrants agricoles afin de réduire la dépendance aux importations et de renforcer la valeur ajoutée locale.

Sur le plan économique, Yacine Oualid a mis en lumière le paradoxe d’un secteur qui contribue à hauteur de 15 % au produit intérieur brut, tout en ne bénéficiant que de 3,2 % des financements accordés à l’économie. Une situation qu’il a jugée préoccupante et qui nécessite, selon lui, des réformes structurelles. Le ministre a, en outre, évoqué les perspectives prometteuses offertes par la culture tissulaire et le développement de l’arboriculture, ainsi que le potentiel important des terres agricoles inexploitées. Il a estimé que la valorisation de ces ressources constitue un axe stratégique pour renforcer la sécurité alimentaire du pays.

Synthèse Z R.

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