La coopération entre l’Algérie et l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) s’est renforcée dimanche à Alger, à l’occasion de la visite de travail du Secrétaire général de l’Organisation, Haitham Al Ghais, qui a eu des entretiens avec plusieurs responsables algériens sur l’évolution du marché pétrolier mondial, les perspectives de coopération et les mutations du système énergétique.
Le Secrétaire général de l’OPEP, Haitham Al Ghais, a été reçu successivement par le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal. Les discussions ont notamment porté sur les défis auxquels fait face le marché mondial de l’énergie, la coordination entre les pays producteurs dans le cadre de l’OPEP+, ainsi que sur les perspectives d’échange d’expertises dans le domaine du mix énergétique.

La rencontre entre M. Arkab et le SG de l’OPEP intervient à quelques jours du dixième anniversaire de l’Accord d’Alger, signé le 28 septembre 2016, considéré comme une étape majeure dans le renforcement de la coopération entre les membres de l’OPEP et les producteurs non membres. Les deux parties ont examiné les questions liées à la coordination et aux perspectives de coopération entre les pays participant à la Déclaration de coopération, ainsi que le fonctionnement, la gouvernance et les priorités de l’Organisation. Elles ont également échangé sur les moyens de renforcer son efficacité face aux transformations que connaît le marché mondial de l’énergie.
S’exprimant à l’issue de la rencontre, M. Arkab a rappelé que l’Accord d’Alger avait constitué une étape importante dans le processus de coopération entre les pays producteurs de pétrole, en posant les bases qui ont ensuite permis la mise en place d’un cadre plus large de coopération avec les pays non membres au titre de l’OPEP+.
Le ministre d’Etat a souligné, à ce propos, la contribution de l’Algérie aux efforts de dialogue, de coordination et de rapprochement des positions entre les pays producteurs. Dix ans après la signature de l’Accord, l’Algérie continue de contribuer aux efforts de concertation au sein de l’OPEP et de l’OPEP+, avec l’objectif de soutenir la stabilité et l’équilibre du marché pétrolier mondial.
Cette position a été saluée par Haitham Al Ghais, qui a qualifié le rôle de l’Algérie de «central et historique » dans le soutien à l’Organisation depuis son adhésion. Il a notamment rappelé plusieurs rendez-vous majeurs organisés en Algérie, dont le premier Sommet de l’OPEP tenu à Alger en 1975, la Réunion d’Oran de 2008 et, surtout, l’Accord d’Alger de 2016, qui a constitué le premier jalon de l’OPEP+.
Vers davantage d’échanges sur le mix énergétique
Les discussions se sont également élargies aux transformations du système énergétique mondial. Reçu par le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal, le Secrétaire général de l’OPEP a examiné les possibilités de renforcer les échanges d’expertise entre l’Algérie et l’Organisation, notamment dans le domaine du mix énergétique. M. Adjal a annoncé, dans ce cadre, l’organisation prochaine de rencontres entre son département ministériel et l’OPEP consacrées au partage d’expériences en matière de mix énergétique. Cette démarche ouvre un nouvel axe de coopération autour des évolutions du secteur énergétique et de l’intégration progressive des sources renouvelables.
De son côté, M. Al Ghais a fait état d’une « convergence totale de vues » concernant le rôle des énergies renouvelables, qu’il considère comme complémentaires aux hydrocarbures. Selon lui, le développement du solaire et de l’éolien contribuera notamment à réduire les émissions et à développer les services énergétiques, sans remettre en cause à court et moyen terme l’importance du pétrole et du gaz dans le système énergétique mondial.
Le Secrétaire général de l’OPEP a estimé que la part du solaire et de l’éolien devrait augmenter dans le mix énergétique mondial à l’horizon 2050, tout en prévoyant le maintien du pétrole comme principale source d’énergie et une progression de la consommation mondiale de gaz naturel. La visite de Haitham Al Ghais intervient ainsi dans un contexte marqué à la fois par les enjeux de stabilité du marché pétrolier et par l’accélération des mutations énergétiques mondiales. Elle a permis de réaffirmer le rôle de la coordination entre producteurs, tout en ouvrant de nouvelles perspectives de coopération dans les domaines liés à la transition énergétique et au mix énergétique.
Synthèse Z R.



