16/04/2024
ACTUNATIONAL

Commerce: L’Algérie a besoin de 700 nouveaux marchés

L’Algérie enregistre un déficit en nombre de marchés, qu’ils soient de gros, de détail ou de proximité.  Selon les statistiques officielles, ils sont en effet à peine 47 marchés de gros et près de 1 800, toutes catégories confondues, sur l’ensemble du territoire national.

Pour le président de l’Association nationale des commerçants et artisans algérien (ANCA), Hadj Tahar Boulenouar, ce nombre est insuffisant pour répondre aux besoins de la population, d’où la nécessité d’investir pour la construction de 700 nouveaux marchés à l’avenir.

C’est le seul moyen pour réduire les phénomènes de la spéculation, éradiquer le commerce informel qui représente encore une taille importante, avoinant les 50% de la sphère commerciale. «La multiplication de marchés modernes pourra venir à bout de l’anarchie régnante et phénomène dont l’informel», dira-t-il lors de son passage des ondes de la radio nationale « Chaîne III ». Boulenouar a souligné la nécessité absolue d’avoir un dense réseau de marchés de gros et de proximités surtout. « Au moins chaque commune doit avoir son marché de proximité», affirme-t-il. La constitution d’un vaste réseau de la distribution et de commercialisation encouragera et boostera l’investissement dans divers domaine de production ; la régulation de la distribution  et la garantie de la traçabilité des produits avec une offre suffisante, précise-t-il.

Et d’ajouter : « Les marchés de gros se sont un moyen pour encourager l’investissement pour les nationaux et étrangers surtout. Lors de chaque visite de délégations étrangères, ces derniers nous demandent de visiter nos marchés de gros».  En somme, les spéculateurs n’auront plus de marge de manœuvre sur le marché. « La réalisation de nouveaux marchés est important pour réguler la distribution, renforcer le lien entre le producteur, commerçant et consommateur et également encourager  l’investissement», a indiqué Boulenouar, en précisant le marché de gros est considéré comme étant un baromètre pour l’investisseur.

En effet, si le nombre de marchés de gros pour les fruits et légumes, dont une cinquantaine sont opérationnels, notre accuse un énorme déficit notamment matière de marchés de gros pour les produits d’alimentation générale. D’ailleurs les deux grands marchés en activité à savoir celui, de Semmar et de Battoir de Sétif ne répondent pas aux normes. Des efforts doivent êtres consentis dans ce domaine afin de réorganiser le réseau de la distribution. Ces dernières années, des enveloppes financières ont été allouées pour la réalisation de marchés de gros et de proximité. Les projets avaient été confiés à l’EPE Magros et Batimetal. Si certains espaces ont été ouverts, d’autres restes non fonctionnels à ce jour. 

Des commerçants du marché de gros des produits agroalimentaires de Semmar (Gué de Constantine, Alger) devaient être transférés à Kharouba (Boumerdès), mais l’opération a été reportée. «Certains commerçants de Semmar payent un loyer de 30 millions de centimes par mois, ce qui se répercute sur les prix des produits», regrette Boulenouar. Le président de l’ANCAA explique le refus de certains commerçants de rejoindre leurs nouveaux espaces par la présence de l’informel. «Il existe actuellement quelque 30 000 locaux inexploités. Il faudra encourager les commerçants à les occuper en éradiquant d’abord l’informel», suggère-t-il. 

Le ministre du Commerce, Tayeb Zitouni, avait indiqué, lundi, que son secteur s’employait à revoir les réseaux de distribution des produits de consommation de base pour améliorer l’approvisionnement des marchés.  Il a affirmé que son département ministériel s’attelait à la révision de la cartographie de distribution de nombreux produits de base de large consommation en tenant compte des besoins et des spécificités de chaque région afin d’éviter toute perturbation de la distribution.

Par Sirine R

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