Développement agricole: Le Niger veut s’inspirer du modèle algérien
La coopération agricole entre l’Algérie et le Niger s’apprête à franchir une nouvelle étape stratégique. Invité au Salon international de l’agriculture, de l’élevage et de l’agro-industrie SIPSA-FILAHA 2026, le ministre nigérien de l’Agriculture et de l’Élevage, Mahaman Elh Ousmane, a salué l’expérience algérienne dans le domaine de la mécanisation agricole, de la formation professionnelle et du développement des filières stratégiques, affirmant la volonté de son pays de s’inspirer du modèle algérien pour renforcer sa souveraineté alimentaire.
Intervenant lors d’un panel consacré à la mécanisation agricole, le responsable nigérien a mis en avant les défis communs auxquels font face les pays africains, notamment la faible accessibilité des équipements agricoles malgré l’existence d’importantes capacités de production de machines. Il a estimé que la véritable problématique ne réside pas uniquement dans l’acquisition de tracteurs et d’équipements, mais surtout dans leur adaptation aux réalités des producteurs et à la rentabilité économique des exploitations agricoles.
Le ministre a ainsi plaidé pour une approche plus intégrée de la mécanisation agricole en Afrique, reposant sur le développement des compétences locales, la formation professionnelle et la transformation des matières premières disponibles sur le continent. Selon lui, l’Afrique continue d’exporter ses matières premières avant de réimporter des produits finis à des coûts élevés, alors que les capacités de production existent localement.

Dans ce contexte, il a particulièrement salué le niveau d’intégration industrielle atteint par l’Algérie dans le domaine de la fabrication des équipements agricoles, évoquant un taux d’intégration oscillant entre 30 et 40 %. Une avancée qu’il considère comme un exemple concret de transfert technologique et d’adaptation des équipements aux réalités agroclimatiques régionales. Le responsable nigérien a également souligné les similitudes climatiques et agroécologiques entre le sud algérien et le Niger, notamment dans les zones sahariennes, estimant que les équipements développés en Algérie pourraient être facilement adaptés aux besoins de l’agriculture nigérienne. Il a ainsi appelé au développement de partenariats entre entreprises algériennes et nigériennes dans le domaine de la mécanisation agricole.
Plaçant la souveraineté alimentaire au cœur des priorités de son pays, Mahaman Elh Ousmane a affirmé que le Niger s’est engagé dans une politique de « souveraineté totale », englobant les dimensions économique, politique et alimentaire. Pour atteindre cet objectif, le pays mise désormais sur la grande irrigation, la modernisation de l’agriculture et la création de centres de formation professionnelle adaptés aux besoins réels du secteur agricole.
Évoquant sa rencontre avec le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le ministre nigérien a salué l’engagement de l’Algérie en faveur de la coopération sud-sud et du développement du continent africain. Il a indiqué que des instructions fermes avaient été données pour renforcer rapidement la coopération bilatérale dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. Cette dynamique devrait d’ailleurs se concrétiser prochainement par la signature d’un protocole d’accord entre les deux pays, ouvrant la voie à une coopération renforcée dans les secteurs agricoles stratégiques. Une démarche qui confirme la volonté d’Alger et de Niamey de bâtir un partenariat fondé sur le transfert de savoir-faire, l’intégration régionale et la sécurité alimentaire du continent africain.
Par Z R.
