Festival international du tourisme saharien: Une vitrine pour la destination Algérie
L’Algérie entend donner une nouvelle dimension au tourisme saharien et en faire un véritable levier de développement économique et territorial. C’est dans cette perspective que la ministre du Tourisme et de l’Industrie traditionnelle, Houria Meddahi, a présidé, hier mardi à Alger, la première réunion de coordination consacrée aux préparatifs de la huitième édition du Festival international du tourisme saharien (FITS 2026), prévue à Adrar du 12 au 14 novembre prochain.
La rencontre a également été marquée par l’installation officielle du gouverneur de cette édition, en présence de représentants du ministère et des organismes relevant du secteur.

À moins de trois mois de l’ouverture du festival, le département du Tourisme veut ainsi anticiper les différentes étapes de préparation et inscrire cette manifestation dans une démarche dépassant le simple cadre événementiel. Pour la ministre, le FITS doit constituer une véritable vitrine internationale des potentialités touristiques du Sahara algérien et contribuer à renforcer l’attractivité des régions du Sud auprès des visiteurs nationaux et étrangers.
Lors de cette réunion, Houria Meddahi a appelé à conférer au festival une dimension économique à la hauteur de son potentiel, notamment en favorisant la mise en relation des acteurs du tourisme, de l’artisanat, de la culture et des services, ainsi qu’en valorisant les initiatives susceptibles de générer de nouvelles activités et opportunités au niveau local. L’objectif affiché est de promouvoir un modèle de tourisme saharien fondé sur l’authenticité et la diversité du patrimoine algérien. Le festival devra ainsi mettre en avant les multiples composantes de l’identité des régions du Sud : traditions ancestrales, hospitalité, costumes, musique, arts populaires, gastronomie, artisanat, paysages désertiques et richesse historique.
Le choix d’Adrar pour accueillir cette huitième édition revêt, à ce titre, une importance particulière. La wilaya dispose d’un patrimoine matériel et immatériel exceptionnel, qui constitue l’un de ses principaux atouts pour développer le tourisme culturel et spirituel. Les anciens ksour et palais, les oasis, les foggaras et les paysages sahariens composent un patrimoine dont la valorisation peut contribuer directement au développement économique de la région.
La ministre a notamment appelé à exploiter davantage le potentiel lié au tourisme spirituel, en encourageant l’organisation d’activités culturelles et de journées d’étude durant le festival. La « Waada Seboua », inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, ainsi que les nombreux sites historiques et archéologiques de la région, constituent autant de supports pour construire une offre touristique diversifiée et mieux structurée.
La huitième édition du FITS accordera également une place importante à la numérisation. La ministre a demandé l’implication des startups et des entreprises émergentes implantées dans les régions du Sud et actives dans le domaine touristique. Un prix devrait notamment récompenser l’initiative la plus performante en matière de marketing du tourisme saharien, de développement de services innovants et de valorisation du patrimoine. Cette ouverture aux jeunes entreprises vise à moderniser l’image de la destination saharienne et à améliorer sa visibilité, notamment à travers les outils numériques et les nouvelles formes de promotion touristique. L’artisanat traditionnel occupera également une place centrale. La ministre a proposé la création d’un espace baptisé « Musée de l’industrie traditionnelle authentique des États du Sud », conçu comme une vitrine vivante du savoir-faire artisanal. Des ateliers pratiques permettront aux artisans de présenter leur créativité et d’expliquer les techniques de fabrication de produits traditionnels.
Une attention particulière sera accordée à la participation des populations rurales et des femmes, dont le rôle demeure essentiel dans la préservation et la transmission des savoir-faire. L’objectif est de réunir des artisans venus de différentes wilayas du Grand Sud afin de présenter la diversité de la production artisanale et de renforcer sa dimension économique. La ministre a enfin appelé à élaborer une stratégie médiatique adaptée à l’événement, destinée à mettre en avant l’authenticité et l’ancienneté des destinations algériennes. L’objectif est de présenter, à travers le FITS 2026, une image renouvelée du Sahara algérien : un espace de patrimoine et de spiritualité, mais également une destination touristique moderne, porteuse d’activités économiques et de nouvelles perspectives de développement local.
Par Réda Hadi
