FGAR: Plus de 4 600 PME accompagnés en 2025
À l’heure où la dynamique entrepreneuriale gagne en intensité en Algérie, le Fonds de garantie des crédits aux petites et moyennes entreprises (FGAR) met en avant un bilan 2025 marqué par un renforcement de son rôle d’accompagnement, une diversification de ses mécanismes de financement et un impact significatif sur l’emploi.

S’exprimant sur la « la Chaîne III » de la radio nationale, le directeur général du Fonds, El Hadi Temam, a dressé un état des lieux détaillé de l’activité du Fonds, tout en esquissant les perspectives à court terme. Au 31 décembre 2025, plus de 4 600 PME ont été accompagnées par le FGAR. Ces interventions se traduisent par un volume de garanties dépassant les 172 milliards de dinars, avec à la clé la création de plus de 123 000 emplois. « Nous nous focalisons sur des activités qui génèrent de la valeur ajoutée, de l’emploi et qui contribuent au développement régional », a souligné El Hadi Temam, insistant sur la dimension stratégique des projets soutenus.
Dans le détail, le secteur industriel capte à lui seul près de la moitié des engagements du Fonds, avec plus de 2 400 projets accompagnés. Le BTPH suit avec plus de 800 projets, tandis que l’agriculture et la pêche totalisent plus de 250 projets. Sur ce point, le directeur général rappelle une spécificité notable : « Nous sommes le seul fonds de garantie à accompagner également le secteur de la pêche et de l’aquaculture, qui constitue un secteur stratégique conforme aux orientations des pouvoirs publics ».
Au-delà des chiffres, le FGAR met en avant la solidité de son portefeuille. Le taux de perte enregistré reste inférieur à 10 %, un indicateur jugé « très satisfaisant » par son premier responsable. « Cela traduit la qualité des projets accompagnés et la rigueur dans l’évaluation du risque », a-t-il affirmé, tout en précisant que l’analyse repose sur plusieurs paramètres, notamment le management, la viabilité du marché et la pertinence du projet.
Lancement d’un nouveau produit dédié aux crédits d’exploitation
Dans une logique d’adaptation aux besoins des entreprises, le Fonds a engagé une évolution majeure de son offre. Historiquement centré sur le financement de l’investissement, le FGAR s’oriente désormais vers la couverture des crédits d’exploitation. Ce nouveau produit, en cours de déploiement en partenariat avec 14 banques, vise à soutenir les besoins de trésorerie des PME.
« Il ne suffit pas d’accompagner l’investissement, il faut aussi assurer la continuité de l’activité et l’ancrage sur le marché », a expliqué El Hadi Temam. Ce dispositif permet notamment de garantir jusqu’à 70 % des crédits d’exploitation, pour un plafond pouvant atteindre 50 millions de dinars. À travers cette démarche, le FGAR entend sécuriser les banques tout en facilitant l’accès des entreprises au financement à court terme, souvent crucial durant les premières années d’activité.
« La phase de démarrage reste la plus critique pour une entreprise, elle nécessite un accompagnement renforcé, notamment en fonds de roulement », a-t-il rappelé. Sur le plan opérationnel, le Fonds met également en avant la rapidité de traitement des dossiers. « Le délai ne dépasse pas 10 jours, et il est souvent inférieur lorsque le dossier est adossé à un accord bancaire », a précisé le directeur général. Une célérité rendue possible grâce à la numérisation des procédures et à un système d’information centralisé, en cours de sécurisation via un centre de sauvegarde des données (Data Center) à Annaba.
Parallèlement, le FGAR poursuit son déploiement territorial afin de se rapprocher davantage des porteurs de projets. Après l’ouverture d’antennes régionales à Oran, Annaba, Ouargla et Béchar, de nouvelles structures sont prévues, notamment à Sétif et Saïda. « Notre objectif est d’élargir notre présence sur le terrain pour accompagner au plus près les dynamiques locales, notamment dans des pôles à fort potentiel comme l’agroalimentaire », a indiqué El Hadi Temam.
Le Fonds ne se limite pas à sa fonction de garant financier et affirme assumer une double mission qui englobe le conseil ainsi que l’accompagnement. Agissant comme un véritable intermédiaire entre les opérateurs économiques et les institutions bancaires, l’organisme privilégie une approche globale. « Nous ne faisons pas uniquement de la garantie. Il y a aussi le coaching et l’appui aux PME, en parallèle du financement », a-t-il insisté.
Par S R.
