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L’Algérie réaffirme son engagement en faveur de la stabilité des marchés gaziers internationaux, de la sécurité des approvisionnements et d’une transition énergétique juste et progressive.

Dans son discours, lu par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, à l’ouverture du 8ᵉ Sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), tenu mardi à Moscou, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a appelé à renforcer la coopération entre les pays producteurs et à garantir un environnement réglementaire stable, propice aux investissements dans l’industrie gazière. Il a ainsi réaffirmé l’engagement de l’Algérie à poursuivre son action commune avec les pays membres en vue de renforcer la place du gaz naturel dans le système énergétique mondial et de promouvoir son rôle en tant qu’énergie de transition essentielle, accompagnant l’évolution vers des systèmes énergétiques plus durables.

À cet égard, le président de la République a souligné l’importance d’adopter une transition énergétique juste et équilibrée, conciliant les exigences de protection de l’environnement, la préservation de la sécurité des approvisionnements et l’accès à l’énergie à des prix abordables, tout en soutenant un développement économique et social inclusif.  Tebboune a également réaffirmé l’attachement de l’Algérie aux principes de coopération et de solidarité entre les pays producteurs, ainsi qu’au dialogue avec les pays consommateurs, afin de garantir des marchés gaziers stables et équilibrés, fondés sur les intérêts mutuels et le respect des droits souverains des États sur leurs ressources naturelles.

Dans son intervention, le président de la République a souligné que les crises successives avaient démontré la résilience de l’industrie gazière et confirmé la place du gaz naturel comme pilier durable des économies nationales. Il a toutefois relevé les défis auxquels le secteur est confronté, notamment les tensions entre les impératifs de sécurité énergétique, les exigences climatiques, les mutations réglementaires et les recompositions géopolitiques.

« L’Algérie a été et restera un fournisseur sûr et fiable »

Dans cette dynamique, « le gaz naturel apparaît comme un partenaire naturel des énergies renouvelables. Il garantit la stabilité des systèmes électriques, contribue à la réduction des émissions et évite le retour à des sources d’énergie plus polluantes. Il ne constitue pas un obstacle à la transition, mais un pont permettant de la franchir en toute sécurité », a souligné le président Tebboune.

Le chef de l’État a insisté, par ailleurs, sur le caractère souverain des politiques énergétiques nationales, tout en mettant en garde contre les changements réglementaires susceptibles de perturber les marchés, de freiner les investissements et de fragiliser la sécurité des approvisionnements. Il a souligné que les investissements de plusieurs milliards de dollars nécessaires au développement des infrastructures gazières exigeaient des cadres réglementaires stables et une juste valorisation du gaz, notamment dans le cadre des contrats à long terme. Il a ainsi appelé à un dialogue constructif entre les acteurs concernés afin de parvenir à un cadre consensuel garantissant la sécurité des investissements et leur orientation vers les régions qui en ont le plus besoin.

Concernant le rôle de l’Algérie sur le marché gazier international en tant que partenaire fiable, le président de la République a mis en avant l’engagement de notre pays à poursuivre le développement de ses capacités dans les différents maillons de la chaîne de valeur de l’industrie gazière, tout en renforçant les investissements dans les infrastructures et les technologies modernes et en intensifiant la coopération avec les partenaires internationaux. Ces efforts visent à consolider la fiabilité des approvisionnements et à contribuer au renforcement de la sécurité énergétique régionale et internationale.

Le chef de l’État a, par ailleurs, appelé le Forum, à travers son Institut de recherche sur le gaz, à renforcer son rôle dans la diffusion des technologies de réduction des émissions, le captage, l’utilisation et le stockage du carbone, ainsi que l’amélioration de l’efficacité énergétique. La numérisation et l’intelligence artificielle figurent également parmi les leviers à mobiliser pour répondre aux défis technologiques de l’industrie gazière.

L’Algérie mise sur ses ressources et ses projets structurants

Réaffirmant la place de l’Algérie sur le marché gazier international, le président de la République a rappelé le rôle historique du pays dans le développement de l’industrie gazière, marqué notamment par la mise en service, à Arzew, en 1964, du premier complexe de liquéfaction du gaz naturel au monde.

Il a souligné que l’Algérie figure aujourd’hui parmi les dix premiers producteurs mondiaux de gaz et constitue le deuxième fournisseur de l’Union européenne par gazoduc, tout en approvisionnant plusieurs pays en gaz naturel liquéfié. « Ces résultats sont le fruit d’une fiabilité qui n’a jamais failli, même dans les circonstances les plus difficiles, ainsi que du respect constant de nos engagements. L’Algérie a été et restera un fournisseur sûr et fiable », a-t-il indiqué.

Abdelmadjid Tebboune a également mis en avant les projets structurants engagés par l’Algérie pour valoriser ses ressources naturelles et diversifier son économie, notamment le projet minier de Gara Djebilet et le projet intégré de phosphate. Ces investissements doivent contribuer à renforcer les capacités d’exportation et à soutenir la sécurité alimentaire mondiale.

À l’échelle africaine, le projet de gazoduc transsaharien reliant le Nigeria, le Niger et l’Algérie occupe une place stratégique. Avec une capacité d’exportation estimée à 30 milliards de mètres cubes par an, cette infrastructure est présentée comme un levier d’intégration énergétique continentale et de coopération Sud-Sud. L’Algérie a réaffirmé sa volonté de mettre son expertise au service de sa réalisation.

Dans le cadre de la diversification des sources d’énergie et du renforcement de la coopération énergétique transméditerranéenne, le président de la République a également souligné l’importance stratégique du projet de corridor Sud de l’hydrogène (SoutH2 Corridor), destiné à relier les capacités de production d’hydrogène renouvelable en Algérie et en Tunisie aux marchés européens. Il a affirmé que « ce projet, que nous développons avec nos partenaires européens et la Tunisie, permettra à notre pays d’exporter du gaz, de l’électricité, de l’ammoniac et de l’hydrogène, tout en consolidant sa position de pôle énergétique transcontinental ».

En matière de transition énergétique, l’Algérie avance résolument dans la mise en œuvre d’une stratégie ambitieuse de transition énergétique, en plaçant les énergies propres et renouvelables au cœur de sa démarche pour réaliser un essor économique durable.

Une démarche visant à réduire l’empreinte carbone de son industrie, à limiter les émissions de méthane et le torchage du gaz, et à développer les technologies de captage du carbone. Cette orientation s’appuie notamment sur un programme national visant à produire 15 000 mégawatts d’énergies renouvelables à l’horizon 2035, pour une enveloppe estimée à près de 22 milliards d’euros.

Par Zahir R.

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