Le partenariat gazier entre l’Algérie et la République tchèque pourrait connaître une nouvelle évolution. Sonatrach et la compagnie tchèque ČEZ ont engagé des discussions sur les perspectives d’extension de leur contrat d’approvisionnement en gaz naturel, conclu en 2024, tout en examinant les possibilités d’élargir leur coopération commerciale à d’autres domaines. Ces échanges ouvrent des perspectives pour consolider les débouchés du gaz algérien en Europe centrale et approfondir les relations économiques entre les deux pays.

Le président-directeur général de Sonatrach, Nour Eddine Daoudi, a reçu lundi une délégation de ČEZ, conduite par le président de son conseil d’administration, Daniel Beneš, à l’hôtel El-Aurassi, à Alger. Cette rencontre s’est tenue dans le cadre de la visite officielle du Premier ministre tchèque, Andrej Babiš, en Algérie. Les discussions ont porté en priorité sur l’évaluation de l’exécution du contrat qui lie les deux groupes depuis 2024, ainsi que sur l’examen des possibilités de prolonger ou d’élargir cet engagement commercial. Les deux parties ont également convenu d’étudier de nouvelles opportunités de coopération, témoignant de leur volonté de donner davantage d’ampleur à leur partenariat.
Signé en 2024, le contrat entre Sonatrach et ČEZ porte sur l’achat et la vente de gaz naturel destiné à alimenter la République tchèque par le gazoduc reliant l’Algérie à l’Italie. En 2025, les deux entreprises avaient déjà convenu de prolonger les livraisons pour une année supplémentaire, à compter du 1er octobre 2025. L’examen de nouvelles perspectives contractuelles intervient alors que Prague manifeste son intérêt pour un renforcement des approvisionnements algériens.
À l’issue de son audience avec le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre tchèque a d’ailleurs annoncé des discussions concernant une éventuelle augmentation des quantités de gaz exportées par l’Algérie vers son pays. Aucun volume supplémentaire ni calendrier précis n’a toutefois été communiqué à ce stade.
Les échanges entre les deux entreprises doivent donc permettre d’examiner les conditions commerciales et les perspectives d’évolution de leur relation contractuelle. Pour Sonatrach, l’enjeu est de consolider un débouché européen et de renforcer ses relations avec les opérateurs énergétiques du continent. Pour ČEZ, le développement de ce partenariat représente l’occasion de conforter ses approvisionnements en gaz naturel auprès d’un fournisseur algérien déjà lié à la compagnie par un contrat commercial. Outre le gaz naturel, les deux groupes ont convenu d’examiner les possibilités d’étendre leur relation commerciale à d’autres domaines. Si les secteurs concernés n’ont pas été précisés, cette orientation traduit une volonté d’explorer de nouvelles pistes de collaboration entre les opérateurs économiques algériens et tchèques.
Cette démarche s’inscrit dans la dynamique de rapprochement économique impulsée par la visite d’Andrej Babiš, marquée par la signature de quatre accords et l’identification de plusieurs domaines d’intérêt commun, notamment les tramways, les tracteurs, l’industrie militaire et l’aéronautique. Le renforcement des échanges entre Sonatrach et ČEZ pourrait ainsi donner une dimension plus large aux relations économiques bilatérales. La priorité immédiate demeure néanmoins l’examen du contrat gazier existant et des conditions de son éventuelle extension, avant toute concrétisation de nouveaux projets commerciaux.
Par S. R.



