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Le Bangladesh souhaite renforcer et diversifier ses approvisionnements en gaz naturel liquéfié (GNL) en se tournant vers l’Algérie. Dhaka négocie avec Sonatrach la possibilité d’importer 10 cargaisons par an dans le cadre d’un contrat à court terme, une démarche qui pourrait ouvrir un nouveau débouché asiatique au gaz algérien. Encore préliminaires, les discussions portent désormais sur les conditions économiques et logistiques d’une éventuelle opération.

Ces négociations interviennent dans un contexte de perturbation des approvisionnements énergétiques du Bangladesh. L’interruption des livraisons de GNL en provenance du Qatar, liée aux tensions provoquées par le conflit en Iran, a incité Dhaka à rechercher rapidement d’autres sources d’approvisionnement, afin de sécuriser ses importations tout en diversifiant son portefeuille de fournisseurs, a indiqué la plateforme spécialisée « Attaqa.net ». C’est dans ce cadre qu’une réunion en visioconférence s’est tenue le 10 septembre entre responsables algériens et bangladais. La partie algérienne était représentée notamment par le ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et le PDG de Sonatrach, Noureddine Daoudi, accompagnés de cadres dirigeants du secteur, tandis que du côté bangladais participaient le ministre de l’Énergie, Iqbal Hassan Mahmood, l’ambassadeur du Bangladesh en Algérie ainsi que des responsables de Petrobangla et de la Bangladesh Petroleum Corporation.

Pour l’Algérie, l’intérêt de cette proposition réside d’abord dans la possibilité de renforcer la présence de son GNL sur un marché asiatique. Avant de s’engager, Sonatrach doit toutefois déterminer si l’opération présente une rentabilité suffisante compte tenu de l’éloignement géographique entre les deux pays. Le transport constitue en effet le principal élément à examiner : l’acheminement de cargaisons vers l’Asie implique des distances nettement supérieures à celles parcourues pour les livraisons destinées aux principaux clients européens de l’Algérie, et les coûts de fret peuvent peser sur la marge dégagée par chaque cargaison. La compagnie nationale étudie donc ces coûts logistiques et les niveaux de marge attendus avant de se prononcer sur la faisabilité économique de l’offre bangladaise.

Cette prudence n’enlève rien à l’intérêt stratégique de la perspective ouverte. Le marché européen demeure aujourd’hui largement dominant pour le GNL algérien, puisque plus de 90 % des exportations sont destinées à cinq pays européens, ce qui traduit une forte concentration géographique des débouchés. Un contrat avec le Bangladesh permettrait d’introduire un nouvel élément dans cette configuration en donnant au gaz algérien un accès supplémentaire au marché asiatique. L’enjeu ne tient donc pas seulement au volume de 10 cargaisons annuelles, mais aussi à la possibilité de tester les conditions commerciales et logistiques d’une présence plus régulière en Asie.

Les chiffres du premier semestre 2026 confirment le poids de l’Europe dans les ventes algériennes. Sur les 4,47 millions de tonnes exportées au cours des six premiers mois de l’année, contre 4,78 millions un an plus tôt, soit un recul de 6,5 %, seules 0,44 million de tonnes ont été acheminées vers des marchés situés hors d’Europe. Dans ce contexte, la demande bangladaise pourrait offrir à l’Algérie une occasion de renforcer la diversification géographique de ses ventes et permettre à Sonatrach d’évaluer plus concrètement la compétitivité de son GNL sur une destination asiatique, où les coûts de transport constituent un paramètre déterminant. Les discussions ne se limitent d’ailleurs pas au GNL. Les deux parties ont également abordé les possibilités de fourniture de GPL ainsi que le développement d’infrastructures énergétiques, ce qui élargit le champ potentiel de la coopération commerciale et industrielle entre les deux pays.

Les priorités des deux partenaires restent néanmoins distinctes. Pour Dhaka, l’objectif immédiat est de sécuriser des volumes supplémentaires de gaz ; pour Alger, il s’agit de déterminer dans quelle mesure cette demande peut être transformée en débouché durable et rentable. Le volume envisagé constitue à ce titre une première base de discussion plutôt qu’un engagement définitif. Les négociations demeurent à un stade préliminaire et aucun accord final n’est attendu avant la fin de 2026, leur évolution dépendant notamment de l’évaluation menée par Sonatrach sur les coûts de transport, les prix applicables et les marges attendues. Si les conditions économiques sont réunies, cette ouverture vers le Bangladesh pourrait contribuer à élargir progressivement la carte des destinations du GNL algérien et à réduire sa concentration actuelle sur le marché européen.

Par Selma R.

L’auteur

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La rédaction des Enjeux Eco couvre l’actualité économique nationale et internationale.

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