03/04/2026
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Indice de résilience des systèmes alimentaires: L’Algérie 1ʳᵉ en Afrique et 32ᵉ au monde

Le dernier rapport du Resilient Food Systems Index (RFSI) 2026, élaboré par Economist Impact en collaboration avec Cargill, met en lumière la progression de l’Algérie dans le domaine de la résilience alimentaire. Dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques persistantes, des perturbations des chaînes d’approvisionnement et des aléas climatiques de plus en plus fréquents, le pays parvient à se distinguer à l’échelle africaine. Selon cette étude, l’Algérie occupe désormais la première place sur le continent pour la robustesse de son système alimentaire.

À l’échelle mondiale, l’Algérie se classe à la 32ᵉ position sur les 60 pays évalués, avec un score global de 64,66 points sur 100. Ce résultat la place légèrement au-dessus de la moyenne mondiale et lui permet de devancer les principales économies africaines. L’Afrique du Sud se situe ainsi au 38ᵉ rang avec 62,65 points, tandis que l’Égypte occupe la 39ᵉ position avec un score de 62,18 points. Ces trois pays constituent aujourd’hui le groupe de tête du continent et sont les seuls à dépasser le seuil des 60 points, niveau considéré par les analystes comme révélateur d’un système alimentaire relativement résilient face aux chocs économiques, climatiques ou logistiques.

Cette performance s’inscrit dans une tendance plus large qui traduit les efforts entrepris ces dernières années pour renforcer la sécurité et la souveraineté alimentaires. Le classement du RFSI repose sur une analyse approfondie de 71 indicateurs, regroupés autour de quatre piliers principaux qui permettent d’évaluer la solidité d’un système alimentaire.

Le premier pilier concerne l’accessibilité financière des aliments. Il mesure la capacité des populations à se procurer des produits alimentaires à des prix raisonnables malgré les fluctuations économiques. Dans ce domaine, les politiques de soutien aux produits de base et les mécanismes de régulation des prix contribuent à préserver le pouvoir d’achat des ménages et à limiter les effets de l’inflation sur l’alimentation.

Le deuxième pilier porte sur la disponibilité des produits alimentaires. Il s’agit d’évaluer la capacité d’un pays à garantir un approvisionnement régulier en denrées, qu’elles soient issues de la production nationale ou des importations. Dans le cas de l’Algérie, la gestion des stocks stratégiques, l’organisation des circuits d’approvisionnement et les mesures de régulation du marché jouent un rôle important pour maintenir une présence constante des produits alimentaires.

Le troisième pilier concerne la qualité et la sécurité sanitaire des aliments. Il examine les normes appliquées en matière de contrôle sanitaire, de traçabilité et de qualité nutritionnelle. Malgré les crises successives qui ont affecté l’économie mondiale, l’Algérie s’efforce de maintenir des standards de sécurité alimentaire permettant de protéger la santé des consommateurs.

Enfin, le quatrième pilier analyse la capacité de réponse aux risques climatiques. Ce volet évalue la préparation des systèmes agricoles face aux effets du changement climatique, notamment les sécheresses, les variations de température ou la pression croissante sur les ressources naturelles. Dans ce domaine, les experts estiment que des efforts supplémentaires seront nécessaires au cours de la prochaine décennie, en particulier dans la gestion durable de l’eau et l’adaptation des pratiques agricoles.

Si l’Algérie se positionne aujourd’hui légèrement au-dessus de la moyenne mondiale, le rapport met également en évidence l’ampleur des écarts entre les pays africains. Le Ghana, quatrième du continent dans ce classement, n’occupe que la 46ᵉ place mondiale. Plus loin encore, des pays comme le Nigeria, classé 57ᵉ, ou la République démocratique du Congo, qui ferme le classement à la 60ᵉ position, présentent des niveaux de vulnérabilité élevés. Ces situations sont souvent liées à des déficits d’infrastructures agricoles, à des difficultés d’accès aux marchés ou à une forte exposition aux effets du changement climatique.

Malgré son leadership continental, l’Algérie reste encore à distance du groupe de tête mondial, dominé par plusieurs pays européens. Le Portugal arrive en première position avec un score de 76,83 points, suivi de près par la France et le Royaume-Uni. Ces pays disposent de systèmes agricoles hautement intégrés, soutenus par des infrastructures logistiques avancées et des politiques climatiques structurées.

Pour se rapprocher de ce niveau de performance, les spécialistes soulignent l’importance de poursuivre les investissements dans l’innovation agricole, la modernisation des infrastructures et la gestion durable des ressources naturelles. L’amélioration de l’efficacité de l’irrigation, l’introduction de technologies agricoles plus performantes et le renforcement des chaînes de valeur agroalimentaires apparaissent comme des leviers essentiels.

Ce classement confirme néanmoins que l’Algérie a su renforcer la solidité de son système alimentaire au cours des dernières années. Dans un environnement mondial marqué par l’incertitude, cette progression contribue à positionner le pays comme l’un des pôles de stabilité alimentaire du continent africain et comme un acteur de plus en plus engagé dans la consolidation de sa souveraineté alimentaire.

Par Selma R.

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