16/04/2024
CHRONIQUE/EDITOCHRONIQUE

Le Grand Sud, un trésor touristique caché, il faut s’en servir, mais avec prudence.

A titre d’illustration, le tourisme mondial génère 7% des exportations totales ; 30 % des exportations de services ; 3ème secteur exportateur devant l’automobile et après la chimie et les hydrocarbures ; 10% de l’emploi mondial.

En Algérie nous sommes très loin de ces indicateurs. Porter à 2% la part du tourisme dans le PIB est un objectif réaliste à moyen terme. Créer des centaines de milliers d’emplois directs et indirects est aussi possible à moyen terme.  Mais comment ?

L’industrie touristique (c’est comme ça qu’il faut l’appeler) est l’autre domaine dont la dotation en facteur naturel est très élevée. L’Algérie est l’un des rares pays à pouvoir offrir des produits touristiques originaux, distinctifs de tous les autres, non comparables et non imitables. L’industrie touristique algérienne est encore en jachère, faut –il la faire sortir de ses archaïsmes et de ses blocages. Le grand potentiel est au Sud ; n’est-il pas aujourd’hui nécessaire de créer des zones économiques spéciales (un genre de zone franche) dans notre grand sud pour attirer tous les investisseurs de la chaine de valeur touristique (Hôtellerie, circuits, Tour-operator, voyagistes, plateformes de réservation et logistique de transports et des circuits intérieurs) en intégrant les acteurs locaux pour leurs savoirs faire dans plusieurs domaines (circuits à dos de chameaux, gites traditionnels, art culinaire, découverte et guide pour les visites des sites protégés….).

Voilà un secteur de diversification par excellence. En effet, il a un effet d’entrainement sur les autres secteurs, comme l’industrie agroalimentaire, l’agriculture, les autres services non administratifs, comme les transports, l’artisanat,…

Dans le Grand Sud (véritable trésor caché de l’Algérie), le potentiel est immense, l’investissement doit être aussi énorme, mais les résultats seront aussi considérables. Seuls Les investisseurs internationaux, avec leurs capacités financières, leurs réseaux d’opérateurs, leurs plateformes numériques et leurs savoir-faire peuvent rendre la destination attractive et rentable. Le pari sur un revenu de 10 Mds de $ par an est jouable ; dont 80% exportables.

L’une des options est celle de créer une Zone Economique Spéciale (Tourisme) couvrant les grands espaces du Tassili et du Hoggar. De telles zones spéciales ont été établies partout dans le monde ; il en existe dans notre région : Tunisie, Namibie, Jordanie, Emirats Arabes Unis. Les zones économiques spéciales doivent notamment offrir des services d’infrastructures de qualité (électricité, télécommunications, etc.) et être reliées aux voies de transports terrestre et aérien. Les conditions d’emploi de la main-d’œuvre doivent aussi être prises en considération dès le stade de la conception. La cohérence des politiques et la coordination institutionnelle sont également cruciales, de même que l’efficacité des partenariats noués entre les pouvoirs publics, les institutions internationales et les entreprises. Des règles dérogatoires au régime général doivent être prises en matière du marché de l’emploi, de la fiscalité, des conditions de séjour des personnels expatriés… Il s’agira de rendre flexibles et simplifiées les procédures administratives et les relations avec les administrations locales. La relation avec les entreprise locales, hors zone, devront être renforcées par des politiques d’incitations. Il peut s’agir de mettre en place des programmes de formation des entreprises du secteur du tourisme pour renforcer leur productivité et leurs capacités, d’organiser des manifestations de réseautage entre entreprises implantées dans des zones économiques spéciales et entreprises locales ou de diffuser auprès des entreprises étrangères de ces zones des informations sur les fournisseurs locaux de biens et de services.

ANOUAR EL ANDALOUSSI.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *