17/06/2024
INTERNATIONAL

Le président d’Airbus prévient: Le plan climat américain est «très dangereux pour l’Europe»

Guillaume Faury, au micro de France Inter ce mercredi matin a expliqué que l’IRA était positif pour l’aviation mais très négatif pour le Vieux continent.

Le plan colossal des États-Unis pour accélérer la transition vers les énergies vertes est «très dangereux pour l’Europe», a mis en garde mercredi le président exécutif d’Airbus, en appelant le Vieux continent à aller au-delà des «demi-mesures» actuelles. L’«Inflation Reduction Act» (IRA), le grand plan climat du président américain Joe Biden, prévoit 370 milliards de dollars d’investissements en faveur de la lutte contre le changement climatique : batteries de voitures électriques, panneaux solaires, mais aussi carburant d’aviation durable, d’origine non fossile.

«L’IRA est un «package» qui, vu de l’aviation, est très positif, mais qui vu de l’industrie européenne est très négatif», a résumé sur France Inter Guillaume Faury, dirigeant de l’avionneur européen qui possède des usines des deux côtés de l’Atlantique. «Il est très positif d’un point de vue de l’aviation parce qu’il subventionne très fortement la transition sur les carburants, et on voit la vitesse à laquelle l’industrie s’adapte à ce que font les États-Unis, et on voit énormément d’investissements là-bas, on va pouvoir acheter des carburants décarbonés à des prix très compétitifs», a remarqué le dirigeant d’entreprise.

En revanche, «ça attire des investissements aux États-Unis, donc c’est défavorable à l’industrie européenne», a poursuivi Guillaume Faury. «En tant qu’Européen je pense que l’IRA est très dangereux pour l’Europe, et l’Europe a beaucoup de mal à réagir», a-t-il regretté. «L’Europe a choisi des méthodes qui sont plus coercitives avec des taxes, des barrières, pour essayer de transformer son industrie, et effectivement c’est beaucoup plus intéressant d’aller où il y a des aides que là où il y a des problèmes, des taxes. Et donc les États-Unis sont en train de déstabiliser le jeu», a analysé le patron d’Airbus. «Il faut que les Européens s’inspirent» du dispositif américain, a-t-il plaidé : «pour l’instant il n’y a que des demi-mesures qui ont été mises en place, et je suis inquiet de la capacité de l’Europe, ou de l’incapacité de l’Europe, à aller aussi vite, aussi fort».

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