22/02/2024
ACTUALITENATIONAL

Les dépenses de l’Etat en hausse: Quel impact sur l’équilibre budgétaire?

Le gouvernement poursuit ses efforts pour la préservation et amélioration du pouvoir d’achat des ménages. De nouvelles augmentations salariales sont d’ailleurs prévues dans le PLF 2024. Une enveloppe financière conséquente de l’ordre de 578 milliards de DA a été dégagée à cet effet.

 A cela s’ajoute, d’autres mesures (exonération de produits alimentaires de taxes sur la valeur ajoutée (TVA) et de la taxe sur l’activité professionnelle, révision de l’IRG ..) qui sont nécessaires pour l’amélioration du quotidien du citoyen, mais pèsent lourdement sur le budget de l’Etat.

Pour l’expert et conseiller fiscal agréé, Boubekeur Sellami, « l’Etat doit agir selon ses capacités financières».  Dans une déclaration à la radio nationale « Chaîne III», l’intervenant a indiqué que la situation financière de l’Algérie ne permet d’aller au-delà de ces augmentations et dépenses, surtout avec le déficit budgétaire de près de 6000 milliards de DA pour la troisième année consécutive.

Les recettes budgétaires ont certes augmenté durant cette période, mais le taux d’augmentation n’est pas très important pour aller au-delà de ces augmentations de salaires. «On ne peut aller au-delà de cela, puisque on risque d’avoir un déficit budgétaire plus important. Actuellement, le déficit budgétaire représente entre 16 à 17% de notre PIB. Donc on ne peut agir au-delà de nous capacités», a souligné l’expert, en précisant que « on doit pas oublier que nous sommes dans une situation qui n’est pas stable en matière de revenus fiscaux».

Poursuivant ses arguments, Sellami a rappelé que la fiscalité pétrolière a été stable ces trois derrières années, mais on risque d’avoir toujours une situation difficile (crise mondiale et baisse des prix de pétrole). On doit rester dans ces niveaux là et on doit prendre d’autres mesures pour l’alimentation du budget de l’Etat».

Questionné sur la suppression de la TAP et son impact sur le financement des communes, l’intervenant  s’est félicité en affirmant que : « La suppression de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP) est une très bonne nouvelle, car elle va booster l’investissement. C’est une demande qui a été formulée depuis un bon moment, car c’est une taxe qui n’a pas de sens fiscal. Toutefois, cette suppression va pauser un problème pour les communes». L’expert et conseiller fiscal a expliqué que l’Etat a pris une série de mesures pour remplacer cette taxe à travers l’affectation de plusieurs impôts et taxes aux communes, à l’instar de l’augmentation de la taxe sur les produits pétroliers (TPP) et la taxe de torchage.

Sellami a plaidé également pour la mise en application du code de la fiscalité locale qui permet de générer d’autres ressources au profit des collectivités locales. « Il faut agir rapidement pour donner aux communes une source de financement stable et pérenne, et ainsi créer leurs richesses, chose qui ne peut se réaliser qu’à travers la fiscalité locale », a-t-il préconisé.

L’invité de la Chaîne 3 a cité comme exemple l’exploitation du foncier de la commune. « Les biens immobiliers sont exploités par des entreprises et des particuliers sans contrepartie. Tout ce qui se passe sur la commune doit donner une contrepartie, soit une taxe, un impôt ou bien une redevance, comme cela se fait dans tous les pays du monde », a-t-il suggéré.

Sur un autre registre, il a plaidé pour le lancement effectif de l’investissement créateur de richesse et de valeur ajoutée et élargissement de l’assiette fiscale. Sur plan juridique et organisationnel, l’expert a estimé que le gouvernement a pratiquement tous fait, mais un grand travail reste encore à faire en matière du climat des affaires.  Pour lui, pour booster l’investissement, il faut nettoyer le climat des affaires, en procédant à l’éradication du l’économie informelle. La concurrence déloyale imposée par les acteurs de l’informel n’incite pas les investisseurs étrangers notamment à y venir s’installer en Algérie.

Le gouvernement est appelé, donc, a prendre des mesures courageuses pour la bancarisation des 90 milliards de dollars circulant dans la sphère informelle. Il est inadmissible que 27% du budget de l’Etat soit orienté vers les transferts sociaux, alors une bonne partie va au marché informel ! Cet expert a plaidé pour le changement de la monnaie. Une opération coûteuse, mais reste à ses yeux, la meilleure solution  pour capter ses capitaux de l’informel. Toutefois, indique-t-il cette opération doit être exécuté une fois le terrain soit balisé, soit la généralisation du paiement en cheque, le plafonnement des retraits en espèce et le développement de moyens de paiement en ligne.

Par Zahir R

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