Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a procédé à un remaniement ministériel partiel qui intervient à un moment où l’Algérie cherche à accélérer la transformation de son économie, renforcer la production nationale et améliorer l’efficacité de l’action publique.
En effet, l’arrivée de nouveaux ministres à la tête de plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’Industrie, l’Agriculture, les Finances, le Travail et la Communication, traduit la volonté de donner un nouvel élan à l’action gouvernementale et d’insuffler « du sang neuf » à l’Exécutif. L’importance de ce mouvement réside notamment dans le choix des portefeuilles concernés. Les changements opérés interviennent dans des secteurs qui se trouvent au cœur des enjeux de souveraineté économique, de diversification, de sécurité alimentaire, de maîtrise des dépenses publiques et de création d’emplois. Le remaniement apparaît ainsi comme un ajustement destiné à accompagner les prochaines étapes de la politique économique nationale. C’est ce qu’ont d’ailleurs indiqué, hier, les nouveaux ministres qui viennent de prendre leurs fonctions. Ainsi, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Sid Ali Khaldi, a placé la souveraineté alimentaire au centre de sa feuille de route.
La souveraineté alimentaire comme priorité
Le changement à la tête du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche revêt une importance particulière. En prenant ses fonctions, Sid Ali Khaldi a placé la souveraineté alimentaire au centre de sa feuille de route, qualifiant le secteur de « levier vital de la souveraineté économique et de la sécurité alimentaire nationale ». Le successeur de Yacine El Mehdi Oualid, relevé de ses fonctions par le président de la République lors de ce remaniement ministériel, entend notamment accélérer la modernisation des filières de production, en particulier les céréales et les cultures stratégiques, renforcer le soutien aux exploitants, tout en renforçant sa contribution au produit national brut, valoriser les espaces ruraux et maritimes et poursuivre la numérisation de la gestion et de la régulation des marchés.

Il a également souligné sa détermination à renforcer le système national des données et statistiques agricoles, appelant les cadres et l’ensemble des acteurs du secteur à travailler sans relâche pour relever les défis, particulièrement le changement climatique, tout en assurant une exploitation optimale et durable des ressources naturelles disponibles, de manière à garantir les besoins alimentaires des générations actuelles et futures. Diplômé de l’École nationale d’administration (ENA), M. Khaldi avait occupé, entre 2020 et 2021, le poste de ministre de la Jeunesse et des Sports.
Les Finances : préserver les équilibres et renforcer l’efficacité
Le changement à la tête du ministère des Finances constitue un autre volet important du remaniement. Mohammed Lamine Lebbou, qui remplace Abdelkrim Bouzred, arrive à ce poste avec une expérience universitaire et financière, après avoir notamment exercé les fonctions de gouverneur de la Banque d’Algérie. Sa prise de fonctions intervient avec une feuille de route qui met l’accent sur la poursuite des réformes financières, le renforcement des équilibres économiques, la rationalisation des dépenses publiques ainsi que la transparence et l’efficacité dans la gestion des deniers publics, en droite ligne avec les priorités de l’État. La mise en œuvre effective de la loi de finances figure également parmi les priorités affichées. Dans un environnement économique qui impose de concilier soutien à l’investissement, développement des dépenses sociales et préservation des équilibres financiers, le ministère des Finances demeure un maillon déterminant de la politique économique.
Emploi et protection sociale : renforcer l’efficacité du service public
Le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale connaît également un changement avec la nomination de Mohamed Hattab en remplacement d’Abdelhak Saihi. Lors d’une cérémonie de passation de pouvoirs, le nouveau ministre a affiché sa volonté de développer les politiques d’emploi et de protection sociale, tout en améliorant la qualité du service public et en rapprochant davantage l’administration des citoyens. Cette orientation donne au portefeuille une importance particulière alors que l’amélioration de l’emploi, l’accompagnement des travailleurs et l’efficacité des mécanismes de protection sociale constituent des composantes essentielles de la politique économique et sociale.

Le ministre a assuré qu’il travaillera, avec les cadres et personnels du secteur ainsi qu’avec l’ensemble des partenaires, dans un esprit d’équipe et de responsabilité, en vue de consolider les acquis, d’améliorer la qualité du service public et de rapprocher l’administration des citoyens, tout en tendant vers un système plus efficace et efficient dans les domaines du travail, de l’emploi et de la sécurité sociale. Il a, par ailleurs, appelé les cadres, fonctionnaires et personnels du ministère à joindre leurs efforts pour améliorer les performances du secteur et répondre, avec responsabilité et transparence, aux aspirations des citoyens.
La communication, un secteur stratégique

Le remaniement concerne également le ministère de la Communication, confié à Mohamed Bouslimani, qui retrouve ainsi un portefeuille qu’il avait déjà occupé entre novembre 2021 et juin 2023. Le nouveau ministre a insisté sur le caractère « sensible et stratégique » du secteur de l’information et sur la nécessité de renforcer la crédibilité de l’information, de lutter contre les rumeurs et de développer la communication institutionnelle afin de rapprocher le citoyen des institutions. Ce choix intervient alors que la communication institutionnelle est appelée à accompagner les transformations économiques et sociales engagées par le pays, en renforçant la circulation d’une information fiable et en améliorant le lien entre les institutions, les entreprises et les citoyens.
Farid Kourtel, nouveau ministre de l’industrie
Dans la continuité des changements opérés au sein du gouvernement de Sifi Ghrieb, le président de la République a décidé, hier mercredi, de nommer un nouveau ministre dans le secteur de l’Industrie. Le Chef de l’État a, en effet, fait appel à son conseiller économique, en l’occurrence Farid Kourtel, en remplacement de Yahia Bachir, en poste depuis un an maintenant (du 2 septembre 2025 au 2 septembre 2026). Des dossiers importants sont à prendre en charge pour ce nouveau ministre, notamment la relance des usines et unités de production à l’arrêt et l’accélération du dossier de la réhabilitation du complexe El-Hadjar.
Le secteur industriel occupe une place centrale dans la stratégie de diversification de l’économie, avec l’objectif de renforcer la production locale, développer les chaînes de valeur et réduire progressivement la dépendance aux importations. Ce changement intervient alors que l’Algérie cherche à consolider son tissu industriel et à favoriser davantage l’investissement productif. Le nouveau ministre de l’Industrie sera ainsi appelé à poursuivre les efforts engagés pour améliorer l’intégration locale, accompagner les entreprises et accélérer la réalisation des projets industriels.
Enfin, le chef de l’État a également décidé de créer un nouveau poste (ministère délégué) au sein du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports. Le président Tebboune a décidé de nommer à ce poste l’ex-wali de Boumerdès, Mme Fouzia Naama. Cette désignation réaffirme la volonté du président de la République d’insuffler une nouvelle dynamique dans le secteur des collectivités locales et de poursuivre les efforts de développement local. Un domaine auquel le chef de l’État accorde une grande importance, convaincu que l’exploitation des potentialités de chaque région boostera le développement socio-économique du pays. À travers ce mouvement, l’Exécutif se voit ainsi doté de nouvelles compétences à un moment où la consolidation des acquis économiques doit s’accompagner d’une accélération des réformes structurelles. Le véritable enjeu de ce remaniement sera donc moins le changement des responsables que la capacité des nouveaux ministres à donner une nouvelle cadence à la mise en œuvre des priorités nationales.
Par Zahir R.



