Ligne minière Est, quai phosphatier, mine de zinc et de plomb d’Amizour… Tebboune veille sur l’avancement des mégaprojets
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé jeudi une réunion de travail consacrée à l’état d’avancement de plusieurs mégaprojets stratégiques, confirmant une nouvelle fois la place centrale qu’occupent les infrastructures structurantes dans la vision économique du chef de l’État. Cette rencontre a permis de faire le point sur plusieurs chantiers d’envergure, notamment la ligne minière Est, la mine de phosphate et ses unités de transformation, ainsi que le projet d’extraction de zinc à Oued Amizour. Ce dernier devrait entrer en phase d’exploitation effective d’ici la fin du mois de mars.

La réunion a également abordé l’avancement de deux autres projets majeurs : la Route Transsaharienne et la future ligne ferroviaire reliant Alger à Tamanrasset. Autant de réalisations considérées comme des leviers essentiels pour renforcer l’intégration territoriale, soutenir la diversification économique et renforcer le positionnement régional de l’Algérie.
Depuis son arrivée à la magistrature suprême en 2019, le président Tebboune a fait des projets structurants l’un des piliers de sa politique de relance économique. L’objectif est clair : doter le pays d’infrastructures capables de soutenir une économie productive, réduire la dépendance aux hydrocarbures et valoriser les immenses ressources naturelles du territoire.
Dans cette perspective, le développement du secteur minier figure parmi les priorités. L’Algérie dispose en effet d’importantes réserves de ressources minérales encore peu exploitées. Le lancement de grands complexes industriels autour de ces richesses constitue donc un enjeu stratégique pour générer de nouvelles sources de revenus et créer des milliers d’emplois.
La ligne minière Est, par exemple, représente un projet d’envergure destiné à faciliter l’acheminement des ressources minières depuis les régions d’extraction vers les zones industrielles et les ports d’exportation. Elle constitue un maillon essentiel dans la stratégie de valorisation du phosphate, l’un des minerais les plus prometteurs du pays.
Le projet intégré de la mine de phosphate et de ses unités industrielles vise à transformer localement cette ressource afin de produire des engrais et d’autres produits dérivés destinés à l’exportation. Cette approche s’inscrit dans une logique de création de valeur ajoutée nationale plutôt que de simple exportation de matières premières.
L’Algérie possède en effet d’importants gisements de phosphate dans l’est du pays. Leur exploitation industrielle pourrait positionner le pays parmi les acteurs importants du marché mondial des fertilisants, un secteur stratégique dans un contexte marqué par la croissance démographique mondiale et les défis liés à la sécurité alimentaire.
Selon les experts, ce complexe pourrait générer des milliards de dollars de revenus à moyen terme et contribuer à la diversification des exportations hors hydrocarbures, objectif central de la politique économique nationale.
Autre projet stratégique évoqué lors de la réunion présidentielle : l’exploitation du gisement de zinc de Oued Amizour. Ce projet est considéré comme l’un des plus importants projets miniers en développement en Algérie.
Le zinc est un métal largement utilisé dans l’industrie, notamment dans la galvanisation de l’acier, la fabrication de batteries et de nombreux produits industriels. Son exploitation pourrait contribuer à alimenter les industries locales tout en ouvrant de nouvelles perspectives d’exportation.
Au-delà de la dimension économique, ce projet devrait également générer un impact significatif en matière de développement régional, notamment dans la wilaya de Béjaïa et les régions avoisinantes, à travers la création d’emplois et la dynamisation de l’activité économique locale.
La Transsaharienne, un corridor stratégique africain
La réunion a également permis d’examiner l’état d’avancement de la Route Transsaharienne, un projet continental majeur reliant l’Algérie à plusieurs pays d’Afrique subsaharienne.
Cette infrastructure constitue un axe stratégique pour renforcer les échanges commerciaux entre l’Afrique du Nord et l’Afrique de l’Ouest. Elle s’inscrit dans la volonté de l’Algérie de jouer un rôle économique accru sur le continent africain, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
La Transsaharienne pourrait ainsi devenir un véritable corridor logistique permettant d’acheminer les marchandises, les produits industriels et agricoles vers les marchés africains, ouvrant de nouvelles perspectives aux entreprises algériennes.
Parmi les projets structurants examinés figure également la ligne ferroviaire reliant Alger à Tamanrasset. Cette infrastructure ferroviaire représente un chantier stratégique pour l’intégration du Grand Sud dans la dynamique de développement national.
La réalisation de cette ligne permettra de faciliter le transport de marchandises et de passagers sur de longues distances, tout en soutenant l’exploitation des ressources naturelles du sud du pays.
Elle devrait également contribuer à stimuler l’investissement, encourager le développement touristique et améliorer la connectivité entre les différentes régions du territoire.
À travers cette réunion de suivi, le président Tebboune réaffirme l’importance d’un suivi rigoureux des grands projets afin d’éviter les retards et d’assurer leur concrétisation dans les délais fixés. L’accélération des chantiers structurants constitue en effet une priorité pour soutenir la croissance économique et répondre aux attentes des citoyens.
Ces projets ne représentent pas seulement des investissements d’infrastructure. Ils incarnent également une vision stratégique visant à préparer l’économie algérienne aux défis de demain.
En misant sur le développement minier, les infrastructures de transport et les corridors économiques africains, l’Algérie cherche à construire les bases d’un modèle économique plus diversifié et plus résilient.
Par Réda Hadi
