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Face à la forte hausse des prix des carburants et aux tensions qu’elle fait peser sur le pouvoir d’achat des ménages et les coûts des entreprises, le gouvernement italien multiplie les mesures pour contenir les effets de la crise énergétique. Dans un entretien accordé au quotidien « La Repubblica », le ministre des Entreprises et du Made in Italy, Adolfo Urso, a détaillé les réponses mises en œuvre par Rome, tout en plaçant les accords conclus avec l’Algérie et d’autres partenaires africains parmi les leviers structurels destinés à renforcer la sécurité énergétique du pays.

Pour le ministre italien, les partenariats énergétiques internationaux constituent en effet un volet complémentaire aux efforts engagés sur le front de la production nationale. Rome mise notamment sur l’augmentation de la production d’énergies renouvelables, le développement des ressources locales de pétrole et de gaz, ainsi que sur de nouvelles coopérations internationales. Selon les données rapportées par la presse italienne, la production renouvelable italienne a d’ailleurs progressé de 40 % en trois ans. C’est dans cette stratégie diversifiée qu’Adolfo Urso a explicitement cité les accords avec l’Algérie et d’autres partenaires africains comme des instruments destinés à consolider les approvisionnements énergétiques.

La place accordée à Alger s’inscrit ainsi dans un partenariat énergétique qui s’est renforcé ces dernières années. L’Algérie figure en effet parmi les principaux fournisseurs de gaz de l’Italie, avec des flux acheminés notamment par le gazoduc TransMed. La coopération entre Sonatrach et Eni porte par ailleurs sur plusieurs volets de la chaîne énergétique : en juillet 2025, les deux groupes avaient signé un protocole d’accord destiné à renforcer leur coopération dans les hydrocarbures, la transition énergétique et les énergies renouvelables. Cet accord prévoyait notamment de soutenir l’augmentation de la production gazière algérienne et de contribuer à la prolongation des contrats d’approvisionnement destinés au marché italien.

Le partenariat ne se limite cependant pas au gaz naturel. Sonatrach dispose également d’une implantation industrielle directe en Italie à travers la raffinerie d’Augusta, en Sicile, dont elle est propriétaire. Le groupe algérien indique que cette acquisition comprend également des terminaux pétroliers et des infrastructures de transport, renforçant ainsi sa présence dans l’aval pétrolier européen. La raffinerie dispose d’une capacité de traitement de l’ordre de 10 millions de tonnes par an, ce qui confère à cette présence une importance particulière dans le contexte actuel de tension sur les produits raffinés. Les autorités italiennes ont d’ailleurs convoqué pour le 8 octobre les principaux opérateurs du secteur, dont Sonatrach, afin d’examiner les moyens d’augmenter la production des raffineries nationales et de limiter les effets de la dégradation de l’approvisionnement international. La réunion doit notamment porter sur les capacités de production des principaux produits raffinés.

Par S. R.

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