Marché africain de l’électricité: L’Algérie affiche l’une des croissances les plus fortes du continent
L’Algérie se positionne parmi les locomotives de la croissance de la demande d’électricité en Afrique à l’horizon 2030. Dans un contexte de forte dynamique énergétique sur le continent, le pays devrait enregistrer l’un des rythmes de progression les plus soutenus, porté par l’augmentation des besoins des ménages, l’urbanisation, l’industrialisation et l’apparition de nouveaux usages électriques.

Selon les projections de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation d’électricité en Afrique devrait augmenter en moyenne de 3,9 % par an entre 2026 et 2030 pour atteindre près de 968 térawattheures. Au sein de cette tendance haussière, l’Algérie se distingue avec une croissance attendue d’environ 4,5 % par an sur la même période, soit un rythme supérieur à la moyenne continentale. Cette évolution reflète la transformation progressive du profil de consommation national.
La hausse de la demande est alimentée à la fois par la progression démographique, l’extension des zones urbaines, la montée en puissance de l’activité industrielle et le développement de nouveaux usages énergétiques. Cette trajectoire confirme la place stratégique de l’Algérie dans le paysage électrique africain et souligne l’importance des investissements à engager dans les capacités de production, le transport et la distribution.
À l’échelle du continent, la tendance reste solidement orientée à la hausse. La progression attendue d’ici la fin de la décennie prolonge la forte augmentation observée récemment, la consommation électrique africaine ayant crû de plus de 5 % sur un an pour s’établir autour de 801 térawattheures. La comparaison internationale montre également un rythme africain supérieur à la moyenne mondiale, estimée à 3,6 % de croissance annuelle de la demande d’ici 2030.
Le rapport met en avant plusieurs moteurs structurels à cette expansion, notamment l’amélioration de la qualité de l’approvisionnement, l’extension des réseaux, la consolidation des capacités de production et les politiques publiques destinées à élargir l’accès à l’électricité. En Algérie, ces facteurs se traduisent par une pression croissante sur le système électrique, surtout lors des pointes de consommation, ce qui renforce le rôle des programmes d’efficacité énergétique et de diversification du mix de production.
Sur le plan de l’offre, la production d’électricité en Afrique devrait augmenter de 3,6 % par an pour atteindre environ 1 160 térawattheures à l’horizon 2030. Le gaz naturel conserve une position dominante avec plus de 40 % du mix de production et une croissance attendue autour de 2,6 % par an. Cette structure correspond au profil du parc de production algérien, historiquement fondé sur le gaz, qui demeure un socle de la sécurité énergétique nationale. Dans le même temps, les énergies renouvelables enregistrent la progression la plus rapide.
La production issue du solaire, de l’éolien et de l’hydraulique devrait croître de près de 8,6 % par an sur le continent pour atteindre environ 400 térawattheures en fin de décennie. Cette dynamique ouvre des perspectives importantes pour l’Algérie, engagée dans le développement du solaire et la transition énergétique afin de réduire la pression sur les ressources gazières et de verdir progressivement son bouquet électrique. Le rapport anticipe également un recul de la production à base de pétrole, au profit des renouvelables et des solutions de stockage, tandis que le nucléaire, encore marginal en Afrique, devrait gagner progressivement en importance d’ici 2030.
Par Réda Hadi
